"300 : La naissance d'un Empire" fait partie de cette longue liste de suites très dispensables à être sorties dans le monde du cinéma hollywoodien. Si le premier volet a évidemment marqué son époque, il est assez facile de dire qu'il se suffisait clairement à lui-même. Alors, en sachant également que Zack Snyder ne reprend pas sa chaise de réalisateur pour ce deuxième épisode, vous pouvez rapidement comprendre pourquoi je n'étais pas du tout pressé de découvrir ce second chapitre. Cependant, même s'il est assez logiquement inférieur à son prédécesseur, je ne déteste pas cette suite pour autant. Elle possède vraiment beaucoup de défauts assez évidents à repérer, mais je ne peux pas dire que j'ai passé un véritable mauvais moment devant celle-ci. Pour quand même commencer à mettre les choses au clair, il faut tout de suite dire que le concept du projet tient déjà difficilement la route. Via cette envie de faire dérouler l'histoire de ce second chapitre en même temps que celle du premier, on retourne sur ce que je disais plus tôt, à savoir le fait que ce film était dispensable. Nous avions déjà tout ce qu'il nous fallait à la fin du visionnage du précédent, et vouloir étirer encore davantage cet univers fait simplement apparaître ce nouveau scénario comme une histoire bonus. D'autant plus que, comme on pouvait le prévoir, les nouveaux personnages n'ont jamais le charisme et l'aura de leurs prédécesseurs. À la limite, j'ai apprécié la prestation de Sullivan Stapleton en Thémistocle, bien que son personnage soit moins inspirant que Léonidas. Mais du côté d'Eva Green, la sauce ne prend pas, l'actrice surjouant constamment chaque réplique. Leur relation est d'ailleurs le gros point noir du récit selon moi, cette dernière n'ayant aucun sens. On a comme la sensation qu'une sorte de haine remplie de respect s'est liée entre eux, mais cette envie tombe trop souvent dans le burlesque pour prendre,
le meilleur exemple étant cette scène ridicule de relation sexuelle.
Et pour moi, l'autre gros point noir vient du style adopté par le long-métrage. Au vu de la patte très marquée qu'avait imposée Zack Snyder sur le premier projet, il était évident que ce deuxième film allait reprendre la même approche. Cependant, Noam Murro n'est pas Zack Snyder, et cela se ressent particulièrement dans la construction des effets spéciaux. Une nouvelle fois, on retrouve cette envie de porter cette histoire au rang d'œuvre hors du réel avec une gestion du numérique très assumée. Les décors sont ainsi encore fictifs et les fonds verts omniprésents, dans l'objectif de recréer l'aspect épique de la licence. Mais là où le bât blesse, c'est que la partie numérique de ce projet fonctionne nettement moins bien, et cela, pour plusieurs raisons. Déjà, car les plans sont moins bien composés, ce qui nous enlève l'aspect iconique voulu. Ensuite, car les effets spéciaux se ressentent davantage, le rendu étant bizarrement moins propre (surtout en ce qui concerne le faux sang). Mais surtout, car la photographie est particulièrement moins maîtrisée. Là où on retrouvait des teintes continuellement jaunâtres dans le premier, ce second possède des tons bleus plus grossiers et il ne tient même pas cette couleur unique pendant toute sa durée, ce qui crée un ensemble moins harmonieux. Au global, ce long-métrage est donc beaucoup plus bordélique dans sa manière de faire, bien qu'il reprenne les éléments qui font la qualité de cet univers. Pourtant, comme je l'ai précisé plus tôt, je n'ai pas boudé mon plaisir durant mon visionnage. Si l'esthétique reste moins prenante, elle garde un aspect suffisamment efficace lors des séquences d'action. On retrouve notamment une certaine brutalité dans les coups, au sein de chorégraphies travaillées, développées via une mise en scène qui reste acceptable. La principale envie de Noam Murro est clairement de nous faire retrouver les plans-séquence du précédent, et, même si beaucoup de choses l'empêchent de vraiment réussir, je ne peux pas objectivement dire que ces plans sont ratés de A à Z. Et en vérité, le film a au moins la bonne idée de ne pas reproduire le même schéma narratif que l'histoire d'origine. Certes, le tout est toujours porté par une immense bataille déséquilibrée, mais celle-ci est beaucoup plus étirée sur l'entièreté du film. La narration se veut alors bien plus directe, les batailles rythmant davantage le récit et étant plus nombreuses. Par conséquent, je pense qu'il faut simplement prendre cette suite comme un bonus très secondaire et pas forcément nécessaire à l'appréciation de l'histoire. Si on arrive à faire abstraction de sa recopie très incertaine de l'esthétique d'origine, l'ensemble se montre suffisamment divertissant pour être regardable. Mais comme je l'ai dit au début de cette critique, cela n'excuse en rien le fait que ce second opus n'aurait jamais dû exister. Pour conclure, une œuvre bonus.