Gilda c’est d’abord le triomphe de Rita Hayworth. Faut le reconnaître, l’actrice est juste étincelante dans ce film. Sa première apparition est juste mémorable, mais ses numéros de scène sont également hypnotisant, son personnage est superbement écrit, et même si le noir et blanc ne permet pas de profiter de sa rousseur flamboyante, Hayworth est d’une beauté magnétique et étonnamment moderne. Vraiment, elle porte le métrage qui, par ailleurs n’est pas complètement emballant. Ok, à ses côtés les acteurs sont bons, Glenn Ford s’avérant convaincant, mais pour moi, se faisant voler la vedette par un George Macready d’une froideur germanique inquiétante et imprévisible. Il apporte beaucoup d’ambiguité et de tension dans le métrage, et on peut s’en réjouir car pour ma part j’ai trouvé le rythme de l’ensemble un peu trop lancinant. Ok, les dialogues sont affutés et les répliques fusent, mais ça suffit pas complètement à effacer l’impression d’une histoire qui trainouille et d’une fin plutôt décevante. On me dira que je chipote, mais j’ai trouvé le film trop long, trop prévisible finalement, et manquant de piquant, de tension, malgré les rapports ambigus qui s’exercent entre les personnages. Imaginons que nous n’ayons pas le numéro explosif de Rita Hayworth, et en définitive ce film devient une petite série B pas déplaisante mais loin de se placer au sommet du 7e art.
Et je dis ça, alors que le film a un magnifique noir et blanc, de beaux décors (même si en vrai on ne se sent pas spécialement à Buenos Aires), une réalisation convenable quoiqu’un peu pépère. La mise en scène est assez statique, après, on est dans les années 40, c’est pardonnable, mais la scène finale par exemple n’est pas très bien mise en valeur alors qu’il s’agit quand même d’un moment clé. Après, je salue la bonne partition musicale et l’excellence des numéros chantés.
Gilda a, à l’époque, été un échec commercial. La postérité en a fait un classique du 7e art, mais en vérité, ce que l’on retient de Gilda dans 99 pct des cas, c’est Rita Hayworth. Et ce film c’est exactement ça, une Hayworth transcendée qui hisse vraiment ce film sur une autre marche, alors qu’en vrai c’est une romance doublée d’un vague suspense policier qui s’avère parfois rocambolesque dans ses idées et un peu lent dans son déroulé. A voir, mais à mon sens, on ne peut quand même pas parler de chef-d’œuvre juste grâce à Hayworth qui, il est vrai, est un chef-d’œuvre à elle seule ! 3.5