Parti de rien, il connait l’ascension, jusqu’à se brûler les ailes… La recette est connue – on l’identifie d’ailleurs tout de suite – mais bon, moi ça ne pose pas forcément souci… Pourquoi ? Parce que Todd Phillips ne nous l’a fait pas à l’envers. On sait ce qu’on va voir : une espèce de fresque scorcesienne à base de vendeurs d’armes ; une sorte de « Lord of War » en mode « buddy movie. » Il n’y a rien de véritablement extraordinaire là-dedans – à aucun moment je n’ai été surpris – mais pour être honnête ce n’est pas trop grave. Au final ça a marché sur moi. Ça a marché tout d’abord parce que j’aime bien cette façon de se moquer de manière cynique du rêve américain. Non ce n’est pas un rêve, c’est juste un fantasme de beauf autour duquel toute une société tourne. Pour le coup, le parallèle que le film opère avec « Scarface » n’est pas absurde. Mettre Tony Montana en comparaison de ces deux losers, au final, ça offre quand même une peinture assez acerbe de l’Amérique d’aujourd’hui. Finalement, les contrebandiers du rêve américain ne sont même plus des personnages charismatiques, prêts à tout, ouverts au sacrifice. Non, ce sont juste des gens stupides que la lâcheté du système peut transformer en grands caïds sans trop d’efforts. Et quand ils chutent, ces caïds ne le doivent qu'à leur bêtise, à leur manque d’épaisseur, à leur naïveté. Franchement, à défaut de trouver ça original, j’ai quand même trouvé ça efficace. Todd Phillips maîtrise son sujet et fournit un film très propre, soigné, et très respectueux des conventions. Bref, pas de révolution, mais un bon divertissement qui fait le boulot. Je suis ressorti de là content, avec de bons souvenirs en tête, que ce soit par rapport aux personnages ou bien aux éléments d’intrigue. Moi, perso, quand j’ai déjà ça en ressortant d’un film, je me dis que le déplacement valait le coup…