Après sept films aux fortunes diverses, je me suis lancé dans Fast & Furious 8 avec une curiosité modérée, sans trop en attendre, mais prêt à me laisser divertir. Et, dans l’ensemble, je dois dire que le contrat est rempli. Ce n’est pas le meilleur de la saga, ni le pire. Disons qu’il reste dans la moyenne haute, à l’image du sixième opus auquel je lui donne la même note.
Ce huitième volet, réalisé par F. Gary Gray, tente une nouvelle approche en éloignant Dominic Toretto de sa "famille", une idée plutôt audacieuse dans l’univers de la saga, qui mise depuis toujours sur les liens fraternels. Voir Dom basculer temporairement du mauvais côté donne un peu de fraîcheur à l’intrigue, même si l’explication est un peu tirée par les cheveux. Charlize Theron incarne une méchante glaciale mais malheureusement trop distante pour vraiment marquer les esprits, malgré son talent.
Côté action, on est clairement dans la surenchère permanente. Voitures zombies télécommandées, sous-marin nucléaire, explosions en pagaille… Il faut accepter de suspendre totalement son incrédulité pour apprécier le spectacle. À ce stade, la franchise a définitivement rompu avec ses racines de courses de rue pour devenir une sorte de "Mission: Impossible" survitaminé. Perso, j’ai bien rigolé devant certaines scènes absurdes, mais parfois, ça frôle le trop-plein. Heureusement, le duo Hobbs/Shaw apporte une bonne dose d’humour, et leur dynamique fonctionne très bien.
En comparaison des autres épisodes, je le place à égalité avec le sixième. Moins percutant que le 5 ou le 7, qui avaient su mieux équilibrer action, rythme et émotion, mais bien plus solide que les trois premiers opus, surtout le troisième que j’avais trouvé franchement laborieux. Fast 8 ne révolutionne rien, mais il remplit son rôle de blockbuster popcorn. Si on vient pour du grand spectacle décomplexé, on est servi. Mais pour ceux qui espéraient un retour à quelque chose de plus terre-à-terre ou plus émotionnel, il faudra repasser.