Cinquième long-métrage du réalisateur Tom McCarthy, "Spotlight", qui rafla de précieuses statuettes à la course aux oscars, et notamment celle du meilleur film, a été le film événement de ce début d'année. Ode au journalisme d'investigation, le film a secoué la communauté religieuse en raison du sujet qu'il aborde. En effet, l'intrigue qui s'inspire de faits réels survenus en 2002, montre comment quatre journalistes ordinaires vont révéler l'un des plus gros scandales de la décennie : le réseau pédophile au sein de l'Église catholique de Boston. Oscar du meilleur scénario original, le film s'appuie sur une intrigue d'une richesse inouïe et quasi exhaustive sur tout ce qui entoure la révélation du scoop. Pas d'effet grandiloquent, pas de mélo larmoyant, pas d'héroïsme glorifié, ni même de thriller journalistique. Les faits, rien que les faits, un par un, mis bout à bout. Et tout ce travail d'investigation, orchestré parfaitement par un Tom McCarthy inspiré, est très captivant et donne naissance à une oeuvre grave, émouvante et sincère. Une leçon de journalisme ainsi qu’une leçon de cinéma, sublimée par une musique touchante et discrète signée le grand Howard Shore. Le casting est brillant, les acteurs proposant des interprétations crédibles sans recourir à des artifices clinquants : Mark Ruffalo s'offre une nouvelle prestation de haute volée, Liev Schreiber et Stanley Tucci impressionnent par la justesse de leur jeu et Michael Keaton revient en force après un lourd passage à vide. Ils interprètent des journalistes très ordinaires, des enquêteurs besogneux, qui vont pas à pas, consciencieusement révélés un scandale occulté par l'Eglise et les avocats véreux. Avec son approche quasi documentaire, "Spotlight" est un film troublant, intelligent et nécessaire qui n'a pas volé sa statuette de meilleur film.