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Hastur64
266 abonnés
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4,5
Publiée le 10 août 2015
Nanti d'une réputation flatteuse et d'une bande-annonce hypnotique, ce film m'avait intrigué et c'est avec beaucoup d'excitation que je me suis mis devant. Le réalisateur et scénariste nous plonge dans le Los Angeles de la nuit dans les pas d'un faiseur d'images (je ne peux décemment pas l'appeler journaliste) qui filme au plus près les faits divers (cambriolages, accidents routiers, agressions...) pour peu que ce soit bien sanglant. L'auteur y fourbit une critique de ces chaînes d'information continue qui pour faire le plus d'audience possible use et abuse du sordide des faits divers pour, en flattant les bas instincts de voyeurisme qui sont en nous, attirer le maximum de spectateurs devant les écrans et vendre ainsi un maximum de pages publicitaires. Les premières victimes de cette façon de faire sont évidemment la morale et l'éthique journalistique. Mais, cela dit, ces ''news'' sont-elles réellement du journalisme... Il opère cette dénonciation en suivant le parcourt de Lou, homme solitaire et carriériste qui pour arriver à ses fins est prêt à tout y compris à provoquer la mort de personnes si cela peut augmenter le dramatique et le sanglant de ce qu'il filme. Monstre froid et dépourvu d'empathie Lou devient un paparazzi du fait divers qu'il n'hésite pas à mettre en scène les événements qu'il filme pour augmenter le profit qu'il en retirera. Il est en ça encouragé par une directrice d'antenne qui fait tout pour conserver son poste en le poussant par ses encouragements de plus en plus loin dans le sordide et l'illégalité. Incarné de façon époustouflante par un Jake Gyllenhaal émacié, aux cheveux gras et aux yeux hallucinés, l'acteur se donne à fond pour personnifier ce sociopathe accro à la reconnaissance et parlant comme un guide d'amélioration personnelle. La musique autant que la lumière sont aussi les deux éléments qui offrent une ambiance lourde et poisseuse dans ce Los Angeles nocturne où les faits divers glauques font souvent plus la une que les infos nationales ou internationales. Un pamphlet graphique et musical contre le sensationnalisme qui gangrène les journaux d'information en continu porté par un acteur au sommet et qui offre un thriller très prenant qu'il serait dommage de ne pas avoir vu.
Un bon scénario qui change de l'ordinaire et intelligemment amené avec d'incroyable scènes très bien pensée , bien filmée. Mais ce qui rend le film fascinant c'est la prestation que nous livre l’excellent acteur qu'est Jack Gyllenhaal , on dirait un robot dépourvu d'émotion , mais tellement intéressant ! Hypnotisant. Très bon film.
Le voyeurisme malsain des médias Américains qui entretiennent la peur dans leurs villes pour mieux vendre l'espace publicitaire est le sujet central, passionnant, du film. Ces médias poussent tout un tas de personne à dépasser les bornes pour obtenir un scoop sensationnel. Jake Gylenhaal en sociopathe obsessionnel démontre une fois de plus qu'il est un acteur exceptionnel en campant un personnage abjecte, cynique, totalement immoral qu'on déteste dès les premières minutes. L’atmosphère malsaine contraste avec les belles images de Los Angeles la nuit.
"Night call" a fait quasiment l'unanimité à sa sortie comme près de quarante ans avant lui "Network" de Sidney Lumet (1976), autre cri d'alarme sur les dérives de l'information télévisuelle soumise à la dictature de l'audience. La filiation entre ces deux films assez différents sur la forme tant picturale que narrative se réalise via le personnage de Nina interprété par Rene Russo qui est le pendant parfait de la Diana Christensen (Faye Dunaway) de "Network" directrice de l'information prête à tout pour le gain d'un point d'audience. Là où Lumet s'intéressait de près aux arcanes du pouvoir au sein d'une chaîne en train de muter et au sort d'une vieille garde rechignant à laisser la place de crainte de voir les principes d'intégrité de l'information se liquéfier dans la course à l'audimat, Dan Gilroy qui n'a pas connu cette phase de transition place sa caméra directement là où se déniche le sensationnel. C'est donc la nuit dans les banlieues de L.A que Lou Bloom (Jake Gyllenhaal) traque les faits divers sanglants choisis selon des critères très précis quant à leurs victimes et leur modus operandi qui doivent émouvoir une clientèle très ciblée. Lou Bloom quidam désocialisé mais assez cynique et déterminé pour saisir sa chance par tous les moyens est quelque part le petit frère de Rupert Pupkin (Robert de Niro), le fan trublion de "La valses des pantins" de Martin Scorsese (1983) qui s'immisçait partout avec son air affable, de prime abord niais et inoffensif pour ensuite afficher sa froide détermination. Jake Gyllenahaal ne s'y est pas trompé dont la prestation emprunte beaucoup des mimiques de Robert de Niro, livrant tout comme lui à l'époque une prestation à contre-emploi proprement hallucinante emmenant le personnage jusqu'à des extrémités insoupçonnées. La sociopathie de Lou Bloom est criante, étant incapable de la moindre empathie et totalement imprégné de la nécessité de sa réalisation sans entrave. D'aucuns trouveront certains agissements de Lou Bloom outranciers voire improbables si l'on considère que le personnage imaginé par Dan Gilroy symbolise à lui seul l'information en continu telle qu'elle se pratique aujourd'hui. Mais peut-on en être si sûr quand on sait que chacun muni de son portable peut-être en prise directe avec n'importe quel évènement ? On peut constater que le cri d'alarme de Lumet en 1976 n'a pas servi à grand chose mais il serait impardonnable de taxer d'opportunisme les rares vigies qui tentent de nous mettre de façon un peu crue sous les yeux ce que nous tolérons chaque jour. Rene Russo, la femme de Dan Gilroy est toujours aussi sensuelle ce qui ajoute un atout de charme vénéneux bienvenu à ce film qui fait froid dans le dos, non pas dans le domaine de l'anticipation mais bien malheureusement dans celui du constat.
J'y croyais avant même de le voir, je sentais déjà l’atmosphère pesante, noire et glaçante d'un Drive ou d'un Collateral rien qu'en visionnant la bande annonce, ça sentait le chef d’œuvre annoncé ou presque. Rien à dire sur la prestation de sociopathe de Jake Gyllenhaal, tout le monde est d'accord - ou presque - sur ce point, mais voilà, ce pauvre Jake porte le film sur ses seules frêles épaules car le scénario est un peu linéaire et répétitif (voiture->caméra->journal TV). J'en attendais vraiment plus, plus de punch, de noirceur ou de folie, je ne saurais dire, mais plus de ce petit quelque chose qui vous fait dire après 1H57 : "wow !". Fort heureusement, la dernière partie prend la tangente, s'accélère, et se termine par un final plutôt bien trouvé. On ressort de ce film finalement globalement satisfait mais tout de même frustré, il y avait matière à le rendre plus percutant...
(…) Certaines séquences sont captivantes et distillent une tension à la De Palma, cela en dépit d'une réalisation redondante sous forme d'enchevêtrement de scènes répétitives où Jake Gyllenhaal brille par son jeu d'acteur toujours aussi impressionnant.
Première réalisation pour Dan Gilroy et bonne pioche ! Presqu'un coup de maître. Dérangeant au possible, sa petite pépite fait la part belle à Jake Gyllenhaal et il le lui rend bien ! Ce dernier nous offre une partition folle de derrière les fagots, inquiétant à souhait, habité par son rôle il transcende le film. Un film déjà bien assez inquiétant sans lui avec son univers totalement glauque ! Le scénario est finalement assez minimaliste mais son traitement en fait toute sa force, on vit de l'intérieur le quotidien des pigistes, qui gagnent leur vie sur le malheur des autres, sans aucune retenue ou presque. Autant dire que même sans Gyllenhaal le film était déjà bien barré mais alors avec sa prestation dingue, il prend une toute autre dimension. La bande annonce m'avait attiré, l'affiche également me rappelant Drive mais je ne m'attendais certainement pas à prendre une telle gifle !
Un chef-d'œuvre avec un Jake magistral. La dernière demi heure est déstabilisatrice, et reflète la subjectivité des médias causée par la course des audiences.
De nos jours, le journalisme à sensation fait fureur, entre autres à cause des guerres, du terrorisme, de la délinquance etc. "Night Call" suit l'un d'eux, un apprenti reporter tantôt naïf tantôt intelligent et retors, incarné par un Jake Gyllenhaal enfiévré, qui gagne en assurance au fur et à mesure du temps. Il met sur pied une petite entreprise qu'il fera grossir à force de travail et de chantage envers son employé et une directrice des nouvelles du matin d'une chaîne de télévision. Ce qui est intéressant dans la réalisation de Dan Gilroy, c'est que tout va crescendo : la violence des drames dont Lou rapporte les images, l'habileté avec laquelle il les filme, l'imprudence voire même la folie dont il fait preuve pour avoir les images le premier ou en exclusivité. Ce qui fait que du début à la fin, le spectateur est toujours dans un état de tension d'abord imperceptible, puis palpable (je pense bien sûr à l'arrestation des deux meurtriers). Si on peut regretter que le film repose trop sur les épaules de Gyllenhaal, le résultat final n'en demeure pas moins bon.
Avec Night Call, Dan Gilroy (scénariste de Jason Bourne : L'Héritage) livre une charge féroce contre les médias et leur obsession à trouver et diffuser toujours plus d'images chocs et violentes pour satisfaire leur audimat. Lou, interprété par un magistral Jake Gyllenhaal, est l'exemple parfait du pigiste qui ne recule devant rien, absolument rien, pour trouver le scoop parfait. L'esthétique de Night Call n'est pas s'en rappeler celui du film Drive et l'on suit de façon quasi hypnotique ces virées nocturnes en plein L.A. ce qui place le spectateur en position de voyeur. Night Call est un film très intéressant, passionnant à suivre et qui traite d'un sujet très peu évoqué au cinéma. A découvrir.
«Night Call» pénètre les entrailles d'un univers sombre et violent de manière originale et prenante. Jake Gyllenhaal, brillant, propose une prestation saisissante et encore incroyablement convaincante. Sans être un chef d'œuvre absolu, ce thriller, qui fut assez discret d'ailleurs lorsqu'il est sorti, est en effet doté d'un scénario efficace et de seconds rôles prometteurs. À la fois violent et imprévisible, «Night Call» plonge le spectateur dans une atmosphère oppressante et énergique mais franchement peu rassurante ! Excellent divertissement digne des plus grands trilles de l'année.
Un film vénéneux à l’atmosphère bien lourde comme je les aime. La photographie est sublime et habitée par la composition magnétique de Gillenghal. On sent bien que son personnage cloche dès le départ mais son évolution et sa lente plongée vers l'horreur est envoûtante. Après Gone Girl on se retrouve avec une deuxième excellente variation sur les médias. Ce qui est fort (ou dangereux c'est selon) c'est que le réalisateur nous fait goûter à l'amoralité des actions de Lou. Le film est évidemment dénonciateur mais dans le même temps on se délecte de voir plus, plus trash, plus malsain. Dan Gilroy dénonce le cynisme d'un système via un film qui l'est tout autant. C'est brillant. L'auteur aurait par contre gagné à brouiller davantage les pistes, à mettre plus d'homme dans Lou. Son monstre est réussi mais il aurait été encore meilleur de le mettre face à des dilemmes moraux et de le faire pencher vers le Bien avant un basculement définitif. Avec un acteur pareil, fouailler les restes d'humanités de Lou aurait créé des sommets d'intensités.