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jujutiti14
11 abonnés
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3,5
Publiée le 4 septembre 2015
Un sujet très bien traité, un personnage fort bien installé dont nous avons plaisir à voir évoluer. Le rythme et les dialogues sont intéressants, mais l'ambiance générale m'a quelque peu dérangée, par son côté immoral.
Un homme dans son bolide, écumant à vive allure les rues de Los Angeles by Night: Non, il ne s'agit pas du célèbre film de Nicolas Winding Refn ! Avec Night Call, nous ne sommes pas à bord de la voiture pour fuir la police ou pour admirer L.A avec la bonne musique qui va bien, nous accompagnons Lou dans sa chasse aux images chocs (accidents de voitures, cambriolages, meurtres...) qu'il revend à une chaine de télévision d'information en continu. Durant le film, nous suivons avec excitation, mais aussi avec stupéfaction, la progression de ce chasseur d'images passant de novice à maitre dans l'art de la scénarisation de ses images. Le personnage de Lou, crapule surdouée, sociopathe, manipulateur et prêt à tout pour réussir, est magnifiquement bien incarné par Jake gyllenhaal. Le film est une très bonne critique du monde des médias et en particulier des chaines d'information continu qui scénarisent l'information, qui jouent sur les peurs des téléspectateurs et qui sont dans la constante surenchère d'images toujours plus gores et exclusives pour faire toujours plus d'audimat !
Nanti d'une réputation flatteuse et d'une bande-annonce hypnotique, ce film m'avait intrigué et c'est avec beaucoup d'excitation que je me suis mis devant. Le réalisateur et scénariste nous plonge dans le Los Angeles de la nuit dans les pas d'un faiseur d'images (je ne peux décemment pas l'appeler journaliste) qui filme au plus près les faits divers (cambriolages, accidents routiers, agressions...) pour peu que ce soit bien sanglant. L'auteur y fourbit une critique de ces chaînes d'information continue qui pour faire le plus d'audience possible use et abuse du sordide des faits divers pour, en flattant les bas instincts de voyeurisme qui sont en nous, attirer le maximum de spectateurs devant les écrans et vendre ainsi un maximum de pages publicitaires. Les premières victimes de cette façon de faire sont évidemment la morale et l'éthique journalistique. Mais, cela dit, ces ''news'' sont-elles réellement du journalisme... Il opère cette dénonciation en suivant le parcourt de Lou, homme solitaire et carriériste qui pour arriver à ses fins est prêt à tout y compris à provoquer la mort de personnes si cela peut augmenter le dramatique et le sanglant de ce qu'il filme. Monstre froid et dépourvu d'empathie Lou devient un paparazzi du fait divers qu'il n'hésite pas à mettre en scène les événements qu'il filme pour augmenter le profit qu'il en retirera. Il est en ça encouragé par une directrice d'antenne qui fait tout pour conserver son poste en le poussant par ses encouragements de plus en plus loin dans le sordide et l'illégalité. Incarné de façon époustouflante par un Jake Gyllenhaal émacié, aux cheveux gras et aux yeux hallucinés, l'acteur se donne à fond pour personnifier ce sociopathe accro à la reconnaissance et parlant comme un guide d'amélioration personnelle. La musique autant que la lumière sont aussi les deux éléments qui offrent une ambiance lourde et poisseuse dans ce Los Angeles nocturne où les faits divers glauques font souvent plus la une que les infos nationales ou internationales. Un pamphlet graphique et musical contre le sensationnalisme qui gangrène les journaux d'information en continu porté par un acteur au sommet et qui offre un thriller très prenant qu'il serait dommage de ne pas avoir vu.
Un bon scénario qui change de l'ordinaire et intelligemment amené avec d'incroyable scènes très bien pensée , bien filmée. Mais ce qui rend le film fascinant c'est la prestation que nous livre l’excellent acteur qu'est Jack Gyllenhaal , on dirait un robot dépourvu d'émotion , mais tellement intéressant ! Hypnotisant. Très bon film.
Le voyeurisme malsain des médias Américains qui entretiennent la peur dans leurs villes pour mieux vendre l'espace publicitaire est le sujet central, passionnant, du film. Ces médias poussent tout un tas de personne à dépasser les bornes pour obtenir un scoop sensationnel. Jake Gylenhaal en sociopathe obsessionnel démontre une fois de plus qu'il est un acteur exceptionnel en campant un personnage abjecte, cynique, totalement immoral qu'on déteste dès les premières minutes. L’atmosphère malsaine contraste avec les belles images de Los Angeles la nuit.
"Night call" a fait quasiment l'unanimité à sa sortie comme près de quarante ans avant lui "Network" de Sidney Lumet (1976), autre cri d'alarme sur les dérives de l'information télévisuelle soumise à la dictature de l'audience. La filiation entre ces deux films assez différents sur la forme tant picturale que narrative se réalise via le personnage de Nina interprété par Rene Russo qui est le pendant parfait de la Diana Christensen (Faye Dunaway) de "Network" directrice de l'information prête à tout pour le gain d'un point d'audience. Là où Lumet s'intéressait de près aux arcanes du pouvoir au sein d'une chaîne en train de muter et au sort d'une vieille garde rechignant à laisser la place de crainte de voir les principes d'intégrité de l'information se liquéfier dans la course à l'audimat, Dan Gilroy qui n'a pas connu cette phase de transition place sa caméra directement là où se déniche le sensationnel. C'est donc la nuit dans les banlieues de L.A que Lou Bloom (Jake Gyllenhaal) traque les faits divers sanglants choisis selon des critères très précis quant à leurs victimes et leur modus operandi qui doivent émouvoir une clientèle très ciblée. Lou Bloom quidam désocialisé mais assez cynique et déterminé pour saisir sa chance par tous les moyens est quelque part le petit frère de Rupert Pupkin (Robert de Niro), le fan trublion de "La valses des pantins" de Martin Scorsese (1983) qui s'immisçait partout avec son air affable, de prime abord niais et inoffensif pour ensuite afficher sa froide détermination. Jake Gyllenahaal ne s'y est pas trompé dont la prestation emprunte beaucoup des mimiques de Robert de Niro, livrant tout comme lui à l'époque une prestation à contre-emploi proprement hallucinante emmenant le personnage jusqu'à des extrémités insoupçonnées. La sociopathie de Lou Bloom est criante, étant incapable de la moindre empathie et totalement imprégné de la nécessité de sa réalisation sans entrave. D'aucuns trouveront certains agissements de Lou Bloom outranciers voire improbables si l'on considère que le personnage imaginé par Dan Gilroy symbolise à lui seul l'information en continu telle qu'elle se pratique aujourd'hui. Mais peut-on en être si sûr quand on sait que chacun muni de son portable peut-être en prise directe avec n'importe quel évènement ? On peut constater que le cri d'alarme de Lumet en 1976 n'a pas servi à grand chose mais il serait impardonnable de taxer d'opportunisme les rares vigies qui tentent de nous mettre de façon un peu crue sous les yeux ce que nous tolérons chaque jour. Rene Russo, la femme de Dan Gilroy est toujours aussi sensuelle ce qui ajoute un atout de charme vénéneux bienvenu à ce film qui fait froid dans le dos, non pas dans le domaine de l'anticipation mais bien malheureusement dans celui du constat.
J'y croyais avant même de le voir, je sentais déjà l’atmosphère pesante, noire et glaçante d'un Drive ou d'un Collateral rien qu'en visionnant la bande annonce, ça sentait le chef d’œuvre annoncé ou presque. Rien à dire sur la prestation de sociopathe de Jake Gyllenhaal, tout le monde est d'accord - ou presque - sur ce point, mais voilà, ce pauvre Jake porte le film sur ses seules frêles épaules car le scénario est un peu linéaire et répétitif (voiture->caméra->journal TV). J'en attendais vraiment plus, plus de punch, de noirceur ou de folie, je ne saurais dire, mais plus de ce petit quelque chose qui vous fait dire après 1H57 : "wow !". Fort heureusement, la dernière partie prend la tangente, s'accélère, et se termine par un final plutôt bien trouvé. On ressort de ce film finalement globalement satisfait mais tout de même frustré, il y avait matière à le rendre plus percutant...
(…) Certaines séquences sont captivantes et distillent une tension à la De Palma, cela en dépit d'une réalisation redondante sous forme d'enchevêtrement de scènes répétitives où Jake Gyllenhaal brille par son jeu d'acteur toujours aussi impressionnant.
Première réalisation pour Dan Gilroy et bonne pioche ! Presqu'un coup de maître. Dérangeant au possible, sa petite pépite fait la part belle à Jake Gyllenhaal et il le lui rend bien ! Ce dernier nous offre une partition folle de derrière les fagots, inquiétant à souhait, habité par son rôle il transcende le film. Un film déjà bien assez inquiétant sans lui avec son univers totalement glauque ! Le scénario est finalement assez minimaliste mais son traitement en fait toute sa force, on vit de l'intérieur le quotidien des pigistes, qui gagnent leur vie sur le malheur des autres, sans aucune retenue ou presque. Autant dire que même sans Gyllenhaal le film était déjà bien barré mais alors avec sa prestation dingue, il prend une toute autre dimension. La bande annonce m'avait attiré, l'affiche également me rappelant Drive mais je ne m'attendais certainement pas à prendre une telle gifle !
Un chef-d'œuvre avec un Jake magistral. La dernière demi heure est déstabilisatrice, et reflète la subjectivité des médias causée par la course des audiences.