14080 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
268 critiques spectateurs
5
45 critiques
4
86 critiques
3
73 critiques
2
28 critiques
1
26 critiques
0
10 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
soulman
140 abonnés
1 401 critiques
Suivre son activité
4,5
Publiée le 28 juillet 2014
Un des films français les plus justes de son époque, d'une finesse et d'une profondeur étonnantes, très bien mis en scène par A. Jaoui, inattendue à un tel niveau. La direction d'acteurs est remarquable, Chabat et Lanvin n'ayant jamais été aussi bons. Une oeuvre que le meilleur Sautet (celui de "Vincent...") n'aurait pas désavouée. On est ici dans la "qualité française" que pourfendait jadis une certaine critique et non pas dans le cinéma à haut risque pratiqué par Kechiche, Desplechin ou Jacquot, mais ce cinéma plus conventionnel, lorsqu'il est sincère et maîtrisé, peut donner lui-aussi des oeuvres marquantes. "Le goût des autres" est l'une d'elles.
J'aime revoir ce film en ces temps de morosité et de domination culturelle et politique parisienne. On devrait aussi le projeter dans les écoles : beaucoup de finesse, de sensibilité et finalement beaucoup d'humanité. Et si on se regardait tel que nous sommes et non pas comme on voudrait que les autres soient ?
En plus d'être drôle, le film illustre parfaitement les analyses de Pierre Bourdieu en terme de groupes sociaux. Digne d’intérêt sur un plan sociologique, c'est une comédie fraîche et sympathique à voir !
Une bonne petite comédie dramatique relativement classique mais qui nous réserve quelques surprises comme, par exemple, un casting de premier choix. Frais et agréable, "Le goût des autres" vous fera passer assurément un bon oment.
1er film solo signé Agnès Jaoui, auteur de nombreux scénarios avec son compagnon Jean-Pierre Bacri, Le Goût des autres est aussi son meilleur. Il obtint une pluie de récompenses en 2000, césar du meilleur film, du meilleur scénario, meilleur second rôle féminin et masculin. Excusez du peu. Il faut bien l'admettre, les "Baja"(qui n'ont qu'une scène ensemble), n'ont pas leur pareil pour croquer ces bobos dont ils semblent n'avoir que peu de sympathie pour eux. En effet, le patron, Jean-Jacques Castella tombe amoureux d'une actrice de théâtre. Seulement Castella, complétement inculte (il n'aime pas lire, n'aime pas les pièces en vers), se fera à de nombreuses reprises ridiculiser par les différents membres de cette troupe théâtrale tous profondément antipathiques. De là part d'Agnès Jaoui qui vient du théâtre, c'est une critique bien sentie et presque inattendue. C'est là que le film devient cruel, voire même sombre, et pose même une question philosophique : peut-on apprécier l'art tout en n'y connaissant rien ? La "plèbe" n'est pas mieux lotie. Manie travaille dans un bar et deale pour arrondir ses fins de mois, Bruno est le chauffeur de Castella qui vient de se faire plaquer et Franck Moreno, l'agent de sécurité de Castella, perd son job à la fin. Il y a insatisfaction permanente entre Castella qui, bien que patron, n'a jamais décidé de rien dans sa vie (pas même la déco de son appartement) et ces acteurs de théâtre qui se demandent s'ils vont pouvoir encore exercer leur métier. Personne n'est épargné. Dialogues brillants, fine analyse de cette faune pendant 1h40 qui ne lasse à aucun moment, malgré une mise en scène un peu plate, Agnès Jaoui gagne ses galons de réalisatrice dès son 1er film. Les spectateurs ne s'y sont pas trompés puisque Le Goût des autres a été le succès de cette année 2000 attirant + de 3,5 millions de spectateurs en salles.
Mélancolie… ce film drôle n'est pas si drôle. Il épingle, douloureusement, nos prisons. Prisonniers de nos "goûts" qui ne sont nôtres que parce que nous sommes nés de tel côté de la culture, ou bien, parce qu'évadés, nous sommes désormais coupés de nos origines, exilés. Parce que, trop pareils à nos pairs, nous loupons la rencontre avec l'altérité. parce que la culture pour tous, cela n'existe pas.
Jaoui n'avait, dit-elle, pas lu "La Distinction", le livre de Bourdieu, quand elle fit ce film.
Avec Jaoui, on est dans le réel, dans le vraie. C'est plein de bons sens, c'est cohérent. Une réalisation soigner, la fusion fonctionne assez bien entre les multiples seconds rôles. Mais voilà, pas où très peu, de folie. C'est un genre que j'affectionne particulièrement, mais cette comédie dramatique là manque de charme. On est un peu trop dans une certaine mélancolie qui devient vite gênante. En clair, c'est trop carré.
Jaoui livre un film au réalisme surprenant. On prend plaisir à voir évoluer ces personnages dans cette fusion culturelle : l'image des beaufs/cons/ringards/incultes contre les artistes/intelligents/philosophes/cultivés...enfin grosso modo. Des milieux différents se confrontent et se mélangent en créant des moqueries et des incompréhensions. Agnès Jaoui nous laisse découvrir s'il est possible de créer une relation entre deux personnes que tout oppose. Ce regard sur notre société prend d'autant plus vie quand il est accompagné d'acteurs aussi performants. Ceux qui privilégient les dialogues aux effet-spéciaux de nos jours, devraient trouver ce film à leur goût, tant pis pour les autres.
Les dialogues sont certes très bons, mais c'est un film qu'on oublie vite. Des acteurs d'un bon niveau mais qui semble s'ennuyer, au final une œuvre un peu ambigu.
Agnès Jaoui possède le talent rare de savoir restranscrire la vie et les questionnements des gens humbles. Sa peinture est ici remarquablement subtile et finalement touchante. Mine de rien du grand cinéma impeccablement servi par une distribution d'acteurs hors-pair emmenée par un impeccable Jean-Pierre Bacri.
Sur le plan technique le film n'a rien d'extraordinaire! La mise en scène est formel mais pas déplaisante, le scénario est banal, mais l'étude de caractère qui est faite ici est a la fois captivante entre les intellos méprisants et les incultes bienfaiteurs et déprimante car effectivement on est tous l'inculte de quelqu'un et on peut se reconnaître en chacun des personnages. Les acteurs sont quant a eux tous très bons.
Première réalisation pour Agnès Jaoui, qui confirme ses talents de scénaristes pour esquisser des personnages contrastés et des situations douces-amères. On retrouve tous les éléments qui définissent le style désormais fameux des comédies dramatiques siglées Jaoui-Bacri : une multitude de personnages, une tonalité tragi-comique, une incommunicabilité entre les êtres humains, et un talent certain pour débusquer les petites mesquineries et les grandes contradictions de chacun. Ici le thème central est l'imperméabilité entre les classes socio-professionnelles en raison des a priori véhiculés au sein de chaque groupe d'individus. Ainsi, le chef d'entreprise Castella (Bacri), à la réussite matérielle certaine, s'éprend d'une actrice de théâtre désabusée, mais son capital culturel médiocre crée une distance infranchissable avec la troupe de comédiens. Un grand succès critique et public, sans aucun doute justifié.
S’il y a un film à voir c’est « Le goût des autres » !
Chassé-croisé entre l’inculture et la culture… (On est toujours l’inculte de quelqu’un!) Agnés Jaoui et Roland Bacri s'attaquent avec finesse aux certitudes qui déforment notre appréciation des autres. Patchwork des sentiments et des comportements humains… Regard acéré et âpre sur les milieux et leurs opacités pour dire – avec humour - qu'il ne faut pas se fier aux apparences. Tout se joue entre six personnages que tout sépare : milieux différents, statuts différents et toujours sur la brèche, blessés par la routine, pessimistes parce qu’en attente, faillibles… Si faillibles ! Mais toujours en recherche d'amour. Ah ! Ces conventions qui, dans la vie réelle, nous empêchent de fréquenter des gens dont le monde nous est inconnu ou lointain. Sous les répliques cinglantes, l'amour perce finalement au travers de la carapace qui recouvre chacun des personnages… Un propos plus moraliste qu'il n'y paraît…
Brillant sans être superficiel « Le goût des autres » est remarquable par l'épaisseur de chacun des personnages, la justesse du dialogue, la qualité de la comédie, la chaleur et l'humanité de l'ensemble. A mon avis, c’est un chef d'oeuvre !