Comme Southport a changé !! La petite ville côtière de l'État de la Caroline du Nord s'est vu transformée en station balnéaire bourgeoise, américaine, Les vacanciers riches et superficiels, dans leurs beaux habits, en provocante esthétique, avec leur coupe de champagne à la main et un joli macaron coloré dans l'autre ont effacé le charme authentique et pittoresque de la petite bourgade portuaire de 1997. Même les films d'horreur ont changé et ne sont devenus que de visuelles parodies !!
Bulle de savon, femme critique pour "Les Colonnes cinéphiles" qui a un faible pour les jolis acteurs et les belles actrices est attristée par le charme disparu de Southport de 1997 devenue si artificielle
« Je suis sortie de la projection avec un petit pincement au cœur. Ce n'est pas tant le film qui m'a déçue que la disparition de l'âme de Southport.
En 1997, cette petite ville côtière avait un charme fou. Les quais en bois, les maisons anciennes, les rues baignées d'une lumière douce... On sentait le vent marin, l'odeur du sel, la vie d'une véritable communauté. Southport n'était pas un simple décor : c'était un personnage à part entière.
Dans cette nouvelle version, tout paraît beaucoup plus lisse, plus clinquant, plus artificiel. Les rues semblent sorties d'un parc d'attractions, les façades sont impeccables au point d'en devenir impersonnelles, et cette ambiance chaleureuse a laissé place à une esthétique presque aseptisée. J'ai eu le sentiment de visiter une copie plutôt que de retrouver un lieu chargé de souvenirs.
Alors oui, les acteurs et les actrices sont magnifiques — il faut reconnaître que le casting est particulièrement séduisant et que la caméra sait les mettre en valeur — mais même leurs beaux visages ne parviennent pas à remplacer ce qui faisait le charme du premier film.
Le Southport de 1997 respirait l'authenticité. Celui de 2025 ressemble davantage à une jolie carte postale fabriquée en studio. C'est beau, parfois très beau, mais cela manque de cette petite imperfection qui rend les lieux vivants et inoubliables. Et c'est peut-être ce qui m'a le plus manqué : retrouver une ville dont on avait presque envie de devenir habitant... avant qu'un pêcheur muni d'un crochet ne vienne gâcher les vacances. »
Casa Nostra : femme, journaliste à « Plein la Gueule » redouté pour ses baffes cinéphiles et ses métaphores explosives. Les polars bien sûr, mais aussi l'Amérique, les super-héros, les années 80, répond à Bulle de savon.
« Bulle, tu regrettes Southport ? Moi, je regrette surtout qu'on ait oublié d'écrire un bon film.
Tu me parles du charme disparu de la ville... Mais le vrai problème, ce sont les personnages. J'ai beau chercher, je ne trouve pas une tête qui me fasse croire une seule seconde à cette bande de copains. Ils sont tellement lisses qu'on dirait un catalogue de mannequins venus faire une séance photo au bord de l'océan.
Et puis, quelle idée d'aller repêcher Julie James et Ray Bronson des décennies plus tard juste pour flatter la nostalgie du public ? On les fait revenir parce que leurs noms figurent sur l'affiche, pas parce que le scénario en a réellement besoin. Résultat : leurs apparitions ressemblent davantage à un clin d'œil commercial qu'à une nécessité dramatique. Surtout que la Julie en question n'a pour soutien envers la pauvre petite qui vient lui demander de l'aide que de l'envoyer dans la gueule du loup, enfin du pêcheur, choper le tueur avant qu'il ne te chope ! Merci Julie, ta maturité cachée chirurgicalement esthétisée nous sert à rien. À force de vouloir ressusciter les icônes des années 90, Hollywood finit par fabriquer des musées ambulants. On ne retrouve pas l'émotion du premier film, seulement son emballage.
Le seul qui tient encore la route, c'est le pêcheur au crochet. Lui, au moins, ne prétend pas être autre chose que ce qu'il est : une machine à semer la terreur. Il débarque, il fait le boulot, il ne cherche pas à jouer la carte de la nostalgie. Finalement, le personnage le plus crédible du film... c'est le tueur.
Et ça, pour un slasher censé nous faire trembler pour les vivants, c'est quand même un sérieux problème. »
Voici une intervention qui correspond au ton de Julie Nulle, chroniqueuse pour « Le Regard Libre » directe, mordante, mais centrée sur le film plutôt que sur les autres chroniqueurs.
Vous me fatiguez.
À chaque reboot, c'est la même rengaine : "C'était mieux avant", "Le premier était plus subtil", "La ville a changé", "Les personnages ne sont plus les mêmes"... Vous regardez le film avec le rétroviseur collé au visage !
Essayez un truc révolutionnaire : oubliez cinq minutes le film de 1997 et regardez celui de 2025 pour ce qu'il est. Ce n'est pas une thèse de sociologie. Ce n'est pas un drame psychologique. Ce n'est pas du cinéma d'auteur. C'est un slasher. Un bon vieux film d'horreur qui assume d'être bête, méchant, généreux en suspense et en meurtres bien mis en scène. Et, dans ce registre-là, il fait le travail.
Le pêcheur au crochet est là pour traquer des jeunes qui prennent de mauvaises décisions. Pas pour débattre de philosophie politique. Alors oui, il y a des clichés. Oui, certains personnages font des choix absurdes. Oui, on devine parfois la suite. Oui, ils sont toujours aussi cons à s'isoler la nuit, dans un cimetière par exemple. Mais c'est aussi ce qu'on vient chercher dans ce genre de film. Comme dans un western, on s'attend à un duel. Comme dans un James Bond, on s'attend à des gadgets. À force de vouloir comparer chaque plan avec celui de 1997, vous oubliez simplement de vous amuser.
Le cinéma d'horreur n'a pas toujours besoin d'être profond pour être efficace. Parfois, on a juste envie d'éteindre son cerveau, d'éteindre la lumière... et de sursauter quand le pêcheur surgit avec son crochet. Garez vos jolies miches les filles ! Je suis le Capitaine Crochet du pays imaginaire qui vient vous surprendre, même si ne me croyez pas, vous savez quoi ? Ça me va très bien