Adapter l'inadaptable, c'est le pari qu'avait tenté Anatole Litvak en 1974 avec le roman éponyme de Sébastien Japrisot. Je n'ai pas lu ce dernier et on sent que le film a quelques fois du mal à construire son thriller notamment avec une partie révélations relativement lourde mais ça tenait largement la route, j'avais même trouvé l'ensemble très réussi. En 2015, Joann Sfar tente à nouveau de relever le défi dans une production qui sera cette fois complètement française et... c'est bien raté ! Bon déjà, ce qui participait énormément au premier, c'était son ambiance 70's qui était bien-sûr authentique, en plus de rappeler des genres en vogue à cette période, notamment le giallo. C'était donc une ambiance chaleureuse, surtout si on ajoute à cela la musique enjouée de Michel Legrand. Ici, c'est un thriller beaucoup plus froid qui tente de reproduire l'ambiance des années 70 sans jamais y parvenir. Le thriller français moderne (c'est-à-dire à partir de 2005/2010) est en effet un genre que je n'apprécie pas trop car il se veut toujours trop froid. Des personnages sans âme parlant sur un ton constamment monocorde nageant dans des teintes grisâtres. Ça se veut grave alors que c'est surtout sans relief. Ici, même si le soleil fini par pointé le bout de son nez avec les teintes orangées qui l'accompagnent, le film reprend les codes de ce genre de thriller, ce qui entache profondément l'intrigue qui se rapproche normalement d'une sorte de rêve/cauchemar éveillé lynchéen qui fini par nous faire douter de la réalité. Ici d'ailleurs, rien n'est subtil. Avec des coupes et des plans bien lourdauds qui se veulent malins, le film nous révèle à l'avance une bonne partie de l'intrigue. Ainsi, on ne remet jamais en question le personnage principal ni la réalité qu'elle vit. Et ce ne sont pas ses passages en voix off insupportables où tantôt elle se rabaisse, tantôt elle se remet en question qui vont instaurer un semblant de mystère. D'ailleurs, les acteurs sont das l'ensemble assez mauvais. Tout est très théâtral, pas dans le surjeu mais dans l'articulation. Tout est très mécanique comme s'ils étaient sur scène sauf que dans un film, d'une part c'est ridicule et puis ça sort complètement le spectateur du truc. Et enfin, ce choix de voiture. En effet, la Mercury du premier est remplacée ici par une Thunderbird et ce n'est pas un point anodin puisque la voiture est un personnage à part entière... comme dans "Thelma & Louise" dont la comparaison parait inévitable puisque l'on y retrouve une femme rêvant d'indépendance conduisant une Thunderbird également verte. Et certes, le modèle est fidèle au roman sauf que la voiture est normalement décapotable (et blanche), comme dans la version des années 70. Et c'est dix fois plus intéressant puisque le cabriolet est synonyme de liberté, ce dont rêve Dany et c'est pourquoi c'est également une Thunderbird cabriolet dans "Thelma & Louise". Donc reprendre des codes et faire des clins d’œil, c'est bien, les comprendre, c'est mieux. Et le choix de prendre une voiture moins glamour dans le premier film était également un plus intéressant puisque la Mercury étant une muscle car, Dany s'emparait en même temps, quelque-part, du patriarcat dont elle est la victime durant tout le film. Bref, cette version moderne de "La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil" est donc ratée, froide et ennuyante.
J'ai failli m'empêcher de le voir parce que j'ai vu que c'était un film de Joann Sfar, que j'appréciais précédemment… mais je l'ai regardé parce que c'est avec la sublime Freya Mavor… Le genre de film que j'adore, suranné, décalé, loufoque, sans grande prétention. J'ai beaucoup aimé l'ambiance et le style, c'est pas fou non plus mais on passe un bon moment de cinéma. Par contre Benjamin Biolay, c'est pas possible ! Il faut qu'il articule… Même Freya, qui est écossaise, parle mieux que lui !
Le film est très stylisé, que ce soit sur le fond ou sur la forme. J’avais le souvenir du film américain, beaucoup plus sobre. Plus mystérieux dans ses silences. Ici la mise en scène épouse les interrogations. Du flou, des bribes de souvenir. C’est pas mal fait quand même mais ça quitte presque le monde du policier pour aller vers un style pop art qui dérange.
Le réalisateur Joan Sfar signe un hymne à l'amour de son actrice au physique agréable, filmé sous tous les angles. Malheureusement il a oublié de travailler le scénario , en flirtant avec des influences Lynchienne ...... et ce n'est pas une qualité dans ma bouche. J'ai mis une étoile pour la luminosité bien trouvée .....
Obnubilé par l’esthétisme très réussi de son film et par son actrice principale. Sfar perd du temps et du scénario à filmer le corps de cette dernière dans tous les sens. La lumière et les cadrages sont magnifiques, le scénario et l’intrigue sont carrément raté et beaucoup trop simpliste, déjà vu spoiler: Le seul suspense venant des mots que l’heroine prononce, de flash-back ou flash-forward dont on ne sait pas si ils sont réels ou rêvés Du gâchis car dans la réalisation c’est très beau
Film français de 1H25 vu sur ocs en décembre 2021. spoiler: Le film commence par la fin, et donc, toute l'histoire est la reconstitution des souvenirs du principal personnage féminin, la rousse Day. Il y a trop de flash-back et des retours en arrière dans ce film. Et en plus, je trouve Dany bête, agressive et exhibitionniste avec son éternelle robe courte. Quand Dany décide de s'en aller, elle ne pense qu'à aller vers le Sud, vers la mer. Et donc, tout au long du film, le spectateur se demande si Dany atteindra enfin la mer tant rêvée. C'est un film que l'on ne regarde qu'une seule fois. Je donne une note générale de 1 étoile car "très mauvais".
La mise en scène manque clairement de rythme et Benjamin Biolay est une erreur de casting, mais malgré tout ce thriller franco-belge mérite d'être visionner pour la très belle prestation de Freya Mavor dans le rôle principal, mais aussi par rapport à son joli style colorée et à son agréable ambiance rétro.
6 189 abonnés
18 103 critiques
Suivre son activité
1,5
Publiée le 29 juin 2020
J'adore les films français et j'étais excité par le titre de ce film. La bande-annonce est fantastique a attiré mon attention et a renforcé mon attente. Le film commence d'une manière intéressante mais c'est comme si le scénariste n'était pas en mesure de gérer les idées ou de les développer de manière convaincante. L'intrigue est prévisible après environ 25 minutes dans le film. Les acteurs du film sont beaux et leurs vêtements sont attrayants. Le paysage en particulier l'hôtel est magnifique et le paysage en général est attrayant. Mais cela ne fait pas un film. La prévisibilité du film et le manque de développement de personnages rende ce film ennuyeux et prétentieux. Je suppose que certains spectateurs pourraient aimer regarder les acteurs pour leur apparence physique et ce beau paysage pittoresque français...
On ne dira pas que le film est une réussite et que l’on s’en souviendra longtemps mais il faut lui reconnaître un certain charme dans l’ambiance très 70 que dégage ce dernier. J’aime bien cette période et les décors bon pas trop éloigné très rapproché sur les plans nous plongent bien dans cette ambiance les tenues des personnages les véhicules les lieux bien franchouillard.... malheureusement cela ne suffit pas malgré aussi la beauté de son actrice principale et son personnage perturbé le thriller ne fonctionne pas tellement et on se lasse après la première heure ça ne fonctionne pas commence il faut... il manque un peu de suspense de surprise c’est trop linéaire.... dommage car l l’idée est plutôt cool un Road movie qui tourne mal à chaque étape...
16 164 abonnés
13 121 critiques
Suivre son activité
1,0
Publiée le 9 septembre 2018
C'est en 2015 que Joann Sfar rèadapte un polar inclassable de Sèbastien Japrisot avec en tête d'affiche Freya Mavor et Benjamin Biolay! L'argument, particulièrement confus, c'est celui de Dany, une jeune secrètaire myope qui travaille dans une agence et qui voulait juste voir la mer! Elle va être chargèe pendant un week-end de ramener la Ford Thunderbird de son boss à son domicile alors que lui part à l'ètranger [...] Diable pourquoi le rèalisateur de l'excellent "Gainsbourg (vie héroïque)" va se fixer de telles idèes dans la caboche en se disant forcèment qu'il part avec un inconvènient de taille ? Parce que le mètrage est plein de bonnes intentions mais il est handicapè tout au long de sa dramaturgie et de son èvolution! Etonnant de la part de Sfar qui est tout de même à la base un auteur de romans et de BD! il se dit en tant qu'auteur j'adapte un roman d'un confrère et je sais qu'il a dèjà ètè adaptè au cinèma en 1970 par Anatole Litvak, avec l'inoubliable Samantha Eggar! On n'attendait beaucoup mieux de sa part! Voire un peu trop! Sfar a beau brouiller les pistes avec des dècors et des cadrages qui rendent hommage au cinèma des seventies, rien ne fonctionne ici! La chevelure flamboyante et les tâches de rousseur de Freya Mavor font passer la relative banalitè des situations! Au moins elle aura vu la mer...
Ce film est très photogénique, esthétique et cinéphile. Tout est bien construit, les plans très étudiés, avec une attention particulière pour la lumière, les costumes et les décors. C'est souvent beau, parfois cela dessert le film je trouve. On a une belle fille, une belle voiture, et des méchants, tout ça dans les années 70. Cela aurait pu être super, c'est déjà pas mal, c'est vrai. Là où ça pêche c'est qu'on s’ennuie un peu avec les 2, 3 premières scènes passées, environ jusqu'à la fin du film où l'utilisation des flash-back nous apprend tout sur cette histoire rocambolesque.
Remake d'un film quasi introuvable d'Anatole Litvak, ce film n'a hélas absolument rien pour lui. Ça aurait pu être bien, mais non. C'est juste tout pourri. En fait, ce film, il se met tout au service de Freya Mavor, filmée en long, en large et en travers. Tout y passe : yeux, bouche, cuisses, mains, la totale. Tout est fait pour que l'actrice fasse l'effet d'une bombe sexuelle et donne l'impression que Sfar en profite pour se faire mousser un bon coup. A part ça, rien. Le néant total. On s'ennuie grave. Derrière la caméra, t'as un mec qui n'a aucune légitimité cinématographique, qui n'a aucune idée de ce qu'il fait mais qui s'offre la prétention de croire qu'il est un Lynch ou un Fincher. La fin, quant à elle est vraiment tirée par les cheveux. On te balane la solution d'un coup. Mais bon, on ne saurait blâmer Sfar. La "faute" en revient à Japrisot. Et je termine par le cas Benjamin Biolay (fallait que je me le paye celui-là), s'il est étonnant de le voir dans un film, on ne peut pas dire qu'en tant qu'acteur ça soit le Stromboli... Hélas pour Biolay, qui se la joue mystérieux et ténébreux, n'est pas Alain Delon qui veut... Joann Sfar n'avait déjà pas marqué les esprits avec son biopic réducteur sur Gainsbourg, il ne les marquera pas non plus avec cette « Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil », même très à posteriori. On ne touche pas à Litvak.
Freya Mavor est " La Dame dans l'Auto avec des Lunettes et un Fusil " , dans un thriller paranoïaque efficace. Cette transposition au cinéma du roman policier écrit par Sébastien Japrisot , est un divertissement haletant qui repose essentiellement sur une mise en scène kitsch et sur sa formidable actrice en la personne de Freya Mavor. Elle incarne très admirablement, cette secrétaire avec une belle paire de jambes, de long cheveux roux et un teint en porcelaine,qui déambule sur ses talons vertigineux et sa robe délicieusement courte. Mais, effacé, fragile et complétement perdu, inconsciente de l’engrenage dans lequel elle tomba, qui succombe petit à petit, dans une paranoïa dangereuse faisant d'elle une femme fatale et inquiétante. Si on peut trouvé dans l'évolution du récit des scènes invraisemblables, la mise en scène réussit son petit tour de passe-passe, lorsque toutes les pièces du puzzle se mettent en place dans la déroutante scène final. Et là, tout prend son sens. C'est bien orchestré. Surtout l'utilisation de l'écran partagé. Joann Sfar signe avec talent une plongée cauchemardesque de bonne facture, d'une jeune femme aussi sublime qu’inquiétante. Une bonne réussite qui vaut vraiment le détour.