Au beau milieu de la Guerre de Sécession (2 ans de conflit fratricide déjà, 2 ans à venir), dans un domaine de Virginie devenu école pour jeunes filles bien nées, vivant en autarcie (on entend la canonnade au loin, le ciel céruléen est obscurci par des fumées, mais les combats restent en dehors des grilles de l'institution où demeurent la propriétaire des lieux, un des professeurs et cinq pensionnaires ados, continuant les cours, activités domestiques, prières en commun et soirées musicales). Jusqu'au jour où la plus jeune élève, qui est allée cueillir des champignons, trouve au pied d'un arbre un caporal de l'Union, blessé... et, brave coeur, le ramène dans la thébaïde strictement féminine. Ce remake du film (1971) de Siegel (avec Clint Eastwood) a obtenu le Prix de la Mise en scène au dernier Cannes..... On en reste pantois(e), tant la réalisation est plate ! Où l'on constatera, une nouvelle fois, que Mlle SC sait à merveille capitaliser sur son illustre patronyme, pour abuser ici un jury de festival... illustre, s'il en est. Elle "réussit" à faire d'une histoire complexe et vénéneuse (le titre français ne renseigne pas sur le noeud de l'affaire, le titre d'origine, si : "The Beguiled" veut dire "le Séduit", "Le Floué"...) une historiette pâlichonne et simpliste, filmée sans imagination !
Les seules choses à louer dans ce (trompeur) "Les Proies" : la photo, superbe (par le Français Philippe Le Sourd), et (dans une certaine mesure) le Dublinois Colin Farrell (la vraie "proie").