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LaureP
18 abonnés
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4,0
Publiée le 3 octobre 2017
Un beau film, prenant, terrible. Ce manque d'amour parental est un drame en lui-même, la disparition de l'enfant en rajoute un. 2 sujets en 1. Aimez vos enfants autant que vous pouvez
Reparti du dernier festival de Cannes avec le prix du jury, "Faute d'amour" mérite pour moi entièrement sa récompense. Loin du drame familial classique que l'on pouvait attendre, "Faute d'amour" est une oeuvre très sombre, presque déprimante mais également touchante et novatrice. La mise en scène de Zvyagintsev est une pure merveille, alliant une science parfaite du montage à une composition millimétrée de chaque plan. Le film est d'une beauté folle, avec des plans magnifiques dus à une superbe photographie. Zvyagintsev nous présente un environnement dévasté et sans vie dont il arrive à faire resurgir une sorte de beauté primaire .qui frappe le spectateur. L'environnement est traité comme un personnage en soi, il est la cause du malheur des personnages, le reflet d'un monde que Zvyagintsev perçoit comme pourri et corrompu. Tout au long du film, Zvyagintsev lie son long-métrage au contexte politique russe abordant aussi bien la corruption des élites dirigeantes que l'invasion de la Crimée. Ces passages sont placés à des endroits stratégiques comme si la vie des personnages était liée à leur environnement. Si les personnages sont antipathiques et acariâtres, c'est parce qu'ils sont corrompus par une société où la corruption a pris la place de l'amour. On pourrait donc penser que l'on a affaire à une oeuvre radicalement pessimiste mais le fait que le film soit dans une démarche constante de recherche poussée de l’esthétisme m'amène à nuancer ce sentiment. Zvyagintsev fait ressortir de ces paysages austères de purs moments de poésie ce qui me fait penser que le réalisateur russe a finalement peut-être foi en l'humanité et croit qu'elle est capable de s'améliorer dans l'adversité. Je vois personnellement le dernier plan du film comme un message d'espoir, une ode à la liberté et un vœu de renouveau. C'est évidement un sentiment très personnel mais je conseille vivement ce film, qui met un peu de temps à démarrer, mais qui est un moment de cinéma fort et poignant.
vu aujourd'hui en VO un film d'une noirceur extrême glaçant à souhait et brillamment interprété. on découvre un peu cette grisaille de la Russie et la vie assez terne des habitants. le prix du jury à Cannes est un moindre mal tant cette oeuvre est remarquable.
Quelle maitrise ! C'est grave, sombre, sans espoir mais magistralement mis en scène. C'est beau. Ca pourrait être un poils appuyé parfois, personne n'est aimable, il n'y aucun espoir de salut, mais ça reste toujours du bon côté, notamment grave à la maitrise formelle. A voir !
Quatre étoiles indiscutables si on oublie la noirceur du scénario et en ne prenant en compte que tout le reste. En effet, la forme et la bande sonore sont constamment en accord avec l’histoire racontée, la direction des acteurs toujours parfaite malgré la difficulté d’y intégrer des scènes d’amour physique réalistes et les extérieurs sans cesse glauques et pesants. Inversement, question plaisir ou même intérêt psychologique apportés, ‘’ Faute d’amour’’ n’en présente aucun, excepté son coté documentaire, indispensable à un bon film. Une telle absence d’âme, une telle médiocrité de vie affective ne peuvent que nous tirer vers le bas ce qui est pour moi tout le contraire du bonheur cinématographique. A la fois sombre et pessimiste, on ne peut pas dire que ce film déclenche l’enthousiasme. Sa logique implacable, découlant des choix de société, fait froid dans le dos. Comme tout cinéphile, j’ai attendu longtemps le retour du long et fin ruban accroché par Alyocha au plus prés des nuages…Seul moment émouvant, témoin du passage d’un enfant en ‘’faute d’amour’’.
Les deux précédents longs métrages d'Andreï Zviaguintsev, "Elena" et "Leviathan", montraient déjà le potentiel de ce cinéaste russe. "Faute d'amour" met la barre encore plus haut même si on y retrouve la patte du réalisateur. Encore une fois, on sent tout le travail derrière ce film; de l'intelligence du scénario à la photographie soignée en passant par une mise en scène impeccablement pensée. De plus, cette fois, pas de longueurs comme dans ses précédents films. La lenteur du rythme caractérisant aussi son style colle bien à l'intrigue et permet de tenir le spectateur en haleine jusqu'au dénouement final avec ici et là des pics d'intensité émotionnelle. Ce drame psychologique est dure mais on aime être bousculé de temps en temps. C'est là une qualité pour un cinéaste. Techniquement et artistiquement parfait, il manque toujours ce petit truc indéfinissable qui fait les chef d'oeuvre mais Zviaguintsev s'en rapproche de plus en plus. Je conseille fortement "Faute d'amour".
Film d'une âpreté terrible sur un couple qui se sépare et un enfant qui fugue, disant par ses images grises la dureté de la vie en Russie, qui sacrifie ses propres enfants. Un drame difficile à regarder mais puissant souvent grâce à la rigueur implacable de la mise en scène. Zviaguintsev est une héritier désabusé de Tarkvoski. Voir ma critique complète sur mon blog : newstrum.wordpress.com
Le film d'Andrey Zvyagintsev (2017) est particulièrement bien mené , de façon rigoureuse . Tant du côté de l'enquette que du cheminement des protagonistes qui jusqu'à la fin se poseront indubitablement la question de leur responsabilité respective. Avec une bonne interprétation notamment Alexey ROZIN et Maryana SPIVAK .Jusqu'à la fin, les protagonistes seront imprégnés de sentiments de culpabilité d'où le titre !
tres bon drame psychologique bien joue mené; intrigue, jeu, prises de vue, environnement, tout y est... deux heures qui filent sans problème, hormis le gars a côté de moi qui s’était vaporisé la moitie du vapo narta et là c'est pire que la transpi!!
Le réalisateur Andreï Zviaguintsev poursuit son portrait au vitriol de la Russie contemporaine à travers ce film au scénario remarquable et à l'image superbe, Prix du jury au Festival de Cannes 2017. À travers cette terrible histoire de disparition d'enfant, c'est l'individualisme forcené et la perversion du système des valeurs d'une société entière qui sont décriées avec force. Les séquences du début, jusqu'à la volatilisation du fils malheureux, sont impressionnantes d'intelligence. Et de nombreux plans, notamment lorsque les équipes de recherche sont en action, sont magnifiques. Deux points faibles : les personnages ont tendance à trop expliciter les raisons de leur faiblesse, et la deuxième partie du film privilégie les scènes collectives au dépend des scènes intimes, créant un déséquilibre avec les séquences introductives.
Film d'une noirceur rarement vu ! les personnages se déchirent avec une telle cruauté laissant leur fils seul sans Amour. Il faut que le drame arrive pour qu' enfin ils puissent y avoir un semblant d'attention.
Poignant et bouleversant ,on est happé par l'histoire de cet enfant mal aimé qui disparaît . Ce film nous suit au delà de la séance et se bonifie encore au fil de la réflexion. Les plans sont superbes, l'oeil photographique très fin et pudique. On en oublie presque la langue et l'austérité de cette Russie.
"Faute d'amour" est un film dur. Au delà de l'argument narratif (un couple se déchire puis se met à la recherche de leur enfant disparu), les personnages sont pour la plupart des êtres égoïstes, enfermés dans des rapports de force ou emmurés dans leurs solitudes, prisonniers des écrans omniprésents dans le film (téléphone, télévision, vitres des fenêtres d'immeuble ou des voitures). Néanmoins, même s'il se veut clairement le reflet d'une époque, ce film ne se limite pas à son intrigue (en fait, on a le sentiment que Zviaguintsev se fiche un peu de notre attente de savoir si l'enfant sera ou pas retrouvé) et ne se laisse pas enfermer dans un cinéma social. Son cinéma n'a pas été à tort comparé à celui de Tarkovski. Il sait, par des raccourcis ou des ellipses, composer des images d'une grande beauté formelle (notamment celles où se révèle la beauté paisible et mystérieuse de la nature), très poignantes (sans pathos même si tous les personnages enferment une grande souffrance et sont souvent au bord des larmes) ou à plusieurs niveaux de lecture (d'un symbolisme parfois très appuyé comme cette longue exploration d'un bâtiment en ruines datant de l'ère soviétique). Le constat du film est glaçant : au-delà de ce couple, c'est le monde qui est sans amour et comme frappé d'une incapacité ontologique d'être heureux... En contrepoint d'une ouverture magnifiant la beauté d'une forêt enneigée, le film s'achève sur les échos de la guerre en Ukraine.