Suite parue trois années après le volet originel, Unfriended : Dark Web, réalisé par Stephen Susco qui succède à Levan Gabriadze, est un bon film, tout aussi réussi que son aîné. L'histoire se déroule en Californie et nous fait suivre Matias O'Brien qui est amoureux d'Amaya DeSoto, une malentendante. Le jeune homme travail sur la création d'un logiciel lui permettant de communiquer en langue des signes avec sa bien-aimée sur Skype. Alors que son ancien ordinateur était obsolète, il a dérobé dans un cybercafé un ordinateur portable qui traînait aux objets trouvés depuis plusieurs semaines. Mais en l'allumant, il s'aperçoit que le disque dur est plein. En découvrant des dossiers cachés qu'il consulte, il fini par dénicher d'inquiétants fichiers vidéo qu'il s'empresse de montrer sur Skype à ses cinq amis avec qui il est en ligne pour une soirée jeux. Sans le vouloir, lui et ses amis se retrouvent plongés dans les dangereux tréfonds du dark web et découvrent rapidement que quelqu'un les observe. Cet inconnu s'avère être le propriétaire de l'ordinateur et, membre d'une organisation de hackers, va tout faire pour récupérer son bien et protéger ses secrets, allant jusqu'à s'en prendre au groupe d'amis. Ce scénario s'avère prenant à visionner tout du long de sa durée d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue dans la continuité de son prédécesseur dans son concept original, tout en parvenant à se renouveler dans son sujet. En effet, on quitte la thématique du paranormal pour quelque chose de beaucoup plus réaliste en traitant du hacking et des profondeurs d'internet. Et cela est fort intéressant puisque c'est un sujet de son époque et qu'il peut toucher tout le monde via des techniques de piratages violant l'intimité. Tout cela donne lieu à un récit s'enfonçant petit à petit, au fil des minutes, dans la terreur et dans l'horreur. L'ambiance menaçante et stressante fonctionne très bien. L'ensemble est porté par des personnages appréciables. Des rôles interprétés par une distribution jouant correctement comportant Colin Woodell, Stephanie Nogueras, Betty Gabriel, Rebecca Rittenhouse, Andrew Lees, Connor Del Rio, Savira Windyani et Douglas Tait, le maître chanteur. Tous ces individus entretiennent des rapports basés sur la peur face à cette menace virtuelle. Des échanges soutenus par des dialogues authentiques de bonne facture. Si le fond est intense, le métrage se démarque une fois de plus par sa forme. En effet, la réalisation du cinéaste américain se veut paradoxalement à la fois simple et complexe. Car si sa mise en scène n'est faite que d'un seul plan fixe se voulant être l'écran de l'ordinateur du principal intéressé, ce plan est judicieusement agrémenté de tout un tas d'éléments. On navigue ainsi de fenêtres en fenêtres au fur et à mesure que le pointeur ouvre de nouveaux onglets entre Skype, les réseaux sociaux et d'autres sites internet. Ce procédé nous immerge totalement et est empli de suspens car on ne sait jamais ce que l'on va découvrir à chaque nouveau clique. De plus, les problèmes de connexion et autres artefacts sur les images des webcams renforcent encore davantage le réalisme. Ce visuel d'une grande richesse est accompagné par une bande originale peu mise en avant mais dont les titres s'intègrent parfaitement via le lecteur de musique de l'appareil. Cette traque numérique s'achève sur une fin à la hauteur du reste de la narration, venant ainsi mettre un terme à Unfiended : Dark Web qui, en conclusion, est un long-métrage méritant d'être visionné afin de frissonner.