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Un visiteur
4,5
Publiée le 6 octobre 2019
L'intrigue est bonne, et les acteurs se sont donnés à fond, V.E est très bonne dans son interprétation. J'ai trouvé les scènes de sexe destabilisantes au départ, mais en fait elles sont "sincères" et c'est ce qui en fait la beauté. Je trouve tout est bien pensé, l'histoire et la façon dont c'est tourné, produit etc. Mais il faut avouer que beaucoup de choses résident dans la qualité d'actrice de Virginie Eiffira..
La Sybil de Justine Truet a beaucoup de la victoria de son précédent film: incarnée toutes deux par Virginie Effira, la psy Sybil est comme l'avocate Victoria, en perdition. Sybil tout comme Victoria se voit pourtant demander de l'aide par une tierce personne et, comme Victoria, Sybil va se confronter à un monde nouveau pour elle pour retrouver un semblant d'équilibre. Les 2 films et les 2 personnages titres sont tellement proches qu'on se demande parfois si Justine Truet n'est pas déjà en manque d'inspiration. Mais l'abattage de Virginie Effira et les situations rocambolesques du film ainsi qu'in malicieux et savoureux montage du récit nous fait oublier nos réserves et on se laisse aller à suivre les mésaventures privées et professionnelles de cette nouvelle héroïne.
Virginie Efira ne cessera jamais de me surprendre. Quelle actrice incroyable. Elle peut vraiment tout faire elle porte le film à elle seule et c’est magnifique. Duo de choc l’histoire est cool c’est intéressant. Film très féminin ( pas forcément pour des femmes mais vu par et pour des femmes et réalisé par des femmes ) à voir bien évidemment.
Une psy trouve dans la détresse de sa patiente actrice le thème pour son futur roman. La première demi heure reste assez ennuyeuse avec les états d'ame de nos deux héroïnes mais le scenario prend de l'épaisseur par la suite avec le passé tumultueux de Sibyl et s' accélère encore lors du tournage d'un film en Stromboli .L'ambivalence est partout ét la réalisation embrasse beaucoup de thèmes mais l'ensemble reste homogène.
Avec son petit bout de cinéma, Justin Triet questionne l’urgence de nos existences frénétiques dans leur rapport à l’imagination et à la création. Victoria mettait au tribunal la dépression contemporaine pour en extraire une force autant burlesque que vitale. Avec Sibyl vient la métaréflexion sur le cinéma et, plus largement, sur la naissance de toute fiction, une naissance incertaine pour une forme qui, une fois accouchée, incarne l’identité-caméléon accompagnée du vertige existentiel. Avec Sibyl, Triet ose la forme. Ses scènes se succèdent selon une esthétique du choc qui fait perdre pied au spectateur : les frontières entre les âges et les songes deviennent opaques à la manière d’un tissu que l’on aurait nourri de motifs successifs, jusqu’à aboutir à un ensemble disparate, un kaléidoscope d’influences et des mouvements. Avec Sibyl, Triet ose les formes d’un corps : Virginie Efira n’a de cesse de se transformer et joue une collection de personnages tout autant que l’actrice en train de les interpréter. Pourtant, la superposition des rôles n’empêche en rien la cinéaste de coller à la peau de son effigie, de penser sa chair et de donne vie à chacun de ses souffles, à chacun de ses désirs. Du faux pour du vrai. Car le film s’interroge sur la propension d’une femme à simuler pour s’accomplir ; dès lors, l’ivresse contemporaine, qui résulte d’un rapport frénétique au temps, permet au personnage de déborder de ses structures, tel un monstre dont la taille se décuple à mesure qu’il dévore ce qui l’entoure. Le débordement aboutit à l’affirmation « ma vie est une fiction », ou plutôt la somme de toutes les fictions, et répond en cela aux propos tenus par la réalisatrice dans le film : la réalité doit détruire le monde du fantasme afin de rétablir l’harmonie initiale. « Gardez le drame pour la fiction », crie-t-elle à ses acteurs. C’est témoigner d’une croyance paradoxale dans un art qui enracine ses bases-mêmes dans la puissance du faux et le langage de la fiction. Et Justine Triet n’arrête pas de démonter cette distinction trompeuse par les jeux constants d’interdépendance et de collages qui confectionnent des liens de solidarité entre deux univers souvent séparés. Le réel et la fiction se nourrissent l’un l’autre, ils se confondent dans l’esprit de l’artiste au point de brouiller les frontières entre le biographique et le psychique. Sibyl est un film mental, en ce sens où il teste ensemble les souvenirs et les projections, le fini d’une histoire individuel et l’infini offert à l’être protéiforme qui, comme le phénix, est capable de renaître à lui-même. Voilà, en creux, une magnifique définition de l’art.
En fait, Justine Triet aurait du jouer à fond la carte de la comédie plutôt que de faire un psycho mélo manipulateur encombré de flashs-back et de narrations multiples. La structure du film est ainsi construite, de façon assez artificielle et finie par ennuyer. Les acteurs font le job mais les personnages n'ont rien d'attachant. Un bon point quand même pour Laure Calamy et Sandra Huller. Quant au scènes de sexe, j'ai lu ça et là que le film en avait tous les cinq minutes.... C'est faux ! J'en ai compté deux et demi. Une habillée et courte sur la plage et une autre longue et déshabillée devant une cheminée. Mais ça n'a pas beaucoup d'importance. Voilà un film symptomatique d'un cinéma français embourgeoisé qui tourne en rond, peinant à nous émouvoir ou à nous faire réfléchir.
Tout est faux, les personnages, l'histoire, les dialogues, les situations (la metteuse en scène qui pique sa crise, grand moment d'effroi), les décors aseptisés, le regard pseudo profond d'Effira, les 48 crises de larmes hystériques d'Adèle, les jeux de reflets entre les personnages (X a le même trauma qu'Y qui se reflète dans Z...). Et ce millième film sur le petit monde de psys et de "gens du cinéma" qui pleurnichent sur leur néant meurt de lui-même au bout de 5 minutes et on passe les 90 autres à souffrir d'ennui et de colère. Ces gens (personnages et réalisatrice) sont complètement dévitalisés. Un navet des Charlots des années 70 est plus surprenant et vivant que ça.
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3,0
Publiée le 24 septembre 2019
Après "Victoria", Justine Triet retrouve Virginie Efira dans ce nouveau film qui est dans un autre registre que le film avec Vincent Lacoste. Bien que référencé comme une comédie dramatique, "Sibyl" est pour moi un drame psychologique très sulfureux. Virginie Efira incarne une romancière reconvertie en psychanalyste qui va être rattrapée par son envie d'écrire et qui va trouver l'inspiration chez une patiente qui va la fasciner. Peu à peu, elle va perdre pied et ne plus savoir différencier ce qui est vrai ou issu de son imaginaire. La vie de Margot, l'actrice, va nourrir son imagination et lui rappeler des choses de son passé. De ce fait, l'histoire est très riche avec des éléments du passé et du présent qui se mélangent pour donner un récit parfois brouillon, mais surtout intrigant et fascinant. La performance de Virginie Efira et de Adèle Exarchopoulos rend cela encore plus puissant. Pendant tout le film, on est très proche de basculer vers quelque chose d'encore plus immersif et même inquiétant seulement, cette bascule n'arrive jamais. Par exemple, je pense qu'il y avait moyen de rendre Sibyl encore plus inquiétante ou tourmentée. Je trouve que le film est trop soft, à part pour les scènes de sexe, et ne va pas au bout des choses. En témoigne, cette dernière partie un peu décevante par rapport au reste du film avec une conclusion trop facile. C'est suffisamment bien fait pour se laisser embarquer par cette histoire, mais il manque ce petit quelque chose. Au final, je suis un peu resté sur ma faim même si j'ai passé un bon moment.
Sibyl prend le relai de Victoria. On quitte une Virginie Efira perdue dans son début de quarantaine, mais avocate accomplie qui essayait de mettre de l'ordre dans sa vie sentimentale et sexuelle. Le second film de Justine Triet triomphé avec brio de sa mise en scène, toujours visant l'efficacité et les ruptures de ton. On retrouve l'actrice belge, toujours aussi juste, en psy cette fois. Dès la première scène chez le japonais, on se dit qu'on est chez Justine Triet. Elle a son style, indéniablement. Mais les minutes avances, on ne laisse aucun autre personnage entrer véritablement dans les contradictions de Sybil, et tout commence à dérailler. Le tempo n'est plus le bon, les notes sont à côté, Adèle Exarchopoulos - une fois de plus - surjoue, on cut à des endroits improbables, on ne laisse aucune chance à la comédie de s'exprimer et patatra. Une déception, compte tenu du précédent film, inévitable pour ceux qui l'ont vu.