Comme beaucoup je suppose, j'ai découvert la carrière de Justine Triet avec le carton "Anatomie d'une Chute". Titillé par la curiosité, je me suis mis à explorer ses long-métrages précédents... et j'ai de plus en plus l'impression que "Anatomie d'une Chute" était un gros coup de bol. L'avenir me donnera peut-être tort, mais en l'état ses autres films ne m'ont pas spécialement emballé.
"Sibyl" est en tout cas celui qui m'a le moins plu. Il est question d'une psychologue qui choisit d'abandonner ses patients pour se concentrer sur un livre... bien qu'elle n'en connaisse pas forcément le sujet ! Coup de bol, un actrice éplorée lui demande une aide urgente, de quoi alimenter les pulsions créatives de notre psychologue.
Je commence par le positif : le film bénéficie d'une réalisation professionnelle, avec en prime un passage tourné à Stromboli, de quoi ajouter du cachet. La distribution est également prestigieuse. Virginie Elfira se taille la part du lion, dans un rôle apparemment écrit pour elle. Adèle Exarchopoulos et Gaspard Ulliel (dans l'un de ses derniers longs-métrages) campent des acteurs tourmentés. L'excellente Sandra Hüller est une réalisatrice dédiée à son film, excédée par les histoires de coucheries du cinéma... dont celles de son propre petit-ami. On retrouve aussi Laura Calamy dans un rôle trop petit, malheureusement.
Sur le reste, j'ai eu du mal à cerner le film, voire à m'y intéresser. Il démarre comme un thriller psychologique avec cette histoire de vampirisation créative. Puis il oscille entre comédie et drame, sans que l'on sache vraiment quel en est l'objet. Une laborieuse construction à base de flashbacks montre Sibyl comme une alcoolique à la vie personnelle houleuse, mais on ne sait pas trop où va le récit, ni quels en sont les enjeux. Le couple d'acteurs lubrique et narcissique n'est pas du tout attachant, leur histoire n'avait aucun intérêt pour moi.
Par ailleurs de nombreuses scènes auraient pu être coupées sans aucune incidence sur le récit. Dont, au passage, des séquences de sexe crues entre Virginie Elfira et Niels Schneider. Les deux acteurs étant en couple à la ville, ils voulaient peut-être se faire plaisir devant la caméra ?
Très dubitatif devant cette proposition donc, dont je peine à comprendre la finalité... outre une critique du cinéma, un métier de taré où tout le monde couche avec tout le monde.