Élémentaire suit une jeune femme de feu partagée entre les attentes de sa famille et une rencontre qui remet en cause la vie qu’elle croyait devoir mener. Un film visuellement réussi, mais que j’ai trouvé interminable, prévisible et beaucoup trop appuyé dans tout ce qu’il raconte.
Avant de le voir, il faut avoir en tête que le film est très personnel pour Peter Sohn, inspiré par son enfance de fils d’immigrés coréens à New York. Pixar transforme cette expérience en une fable familiale et romantique où les éléments cohabitent, avec un important travail d’animation sur le feu, l’eau et leurs interactions. Visuellement ambitieux, donc. Narrativement, beaucoup moins.
J’ai passé un mauvais moment devant Élémentaire. L’intrigue est prévisible, le scénario inégal et la progression laborieuse. Les personnages reformulent sans cesse les mêmes enjeux et les mêmes émotions, comme si le spectateur risquait d’oublier ce qu’on venait de lui expliquer trente secondes plus tôt. L’humour, fondé sur une avalanche de jeux de mots élémentaires, au sens malheureusement littéral, m’a aussi paru particulièrement lourd. Quant aux personnages secondaires et à l’univers, ils restent largement sous-exploités.
Le film gagne malgré tout quelques points grâce à son animation. Certains passages ressemblent à une démonstration technique de ce que Pixar sait encore accomplir, et le résultat est parfois impressionnant. Mais derrière cette beauté, j’ai trouvé l’ensemble particulièrement creux. Je ne me suis attaché ni aux personnages, ni à leur relation, ni à des enjeux qui évoluent selon les besoins d’un scénario avançant sans véritable direction. Le film m’a paru interminable, alors qu’il dure moins de deux heures.
Élémentaire cherche pourtant à parler d’immigration, d’héritage familial, de pression parentale, de préjugés, d’intégration et de choix de vie. Il défend aussi l’idée que respecter ses origines ne signifie pas sacrifier sa propre identité. Les thèmes sont riches sur le papier, mais tellement soulignés, répétés et simplifiés qu’ils finissent par perdre une grande partie de leur force.
Au final, Élémentaire ressemble à une belle démonstration technique greffée sur une histoire trop prévisible, trop bavarde et trop scolaire. Un film visuellement réussi, mais narrativement plat, émotionnellement creux et incapable de donner une véritable force à des thèmes pourtant intéressants.