Bugonia
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Julien Vasquez
Julien Vasquez

44 abonnés 1 140 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 octobre 2025
Excellente performance d’Emma Stone dans cette satire percutante et troublante des théories du complot.
traversay1

4 475 abonnés 5 349 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 novembre 2025
L'humanité est devenue folle, elle l'a toujours été, mais son idée de suicide collectif devient de plus en plus tétanisant et Yórgos Lánthimos est son témoin cynique et sarcastique. Dans Bugonia, il y a le fiel et les abeilles : d'un côté les pauvres et pathétiques créatures que nous sommes et de l'autre la nature qui n'a rien demandé à personne et que l'on empoisonne. De quoi est constituée la civilisation moderne ? D'une part, de technocrates au service d'un capitalisme débridé et éhonté, et de l'autre, d'absurdes complotistes à la radicalité variable. Bugonia les renvoie dos à dos dans un grand délire narratif qui exsude le nihilisme et le sens de l'absurde de toujours de son auteur, qui fracasse les limites de la bienséance et pervertit les codes de tous les genres qu'il aborde : science-fiction, policier, drame, comédie. En ce sens, le film n'est pas si éloigné de la période grecque des débuts du cinéaste, mais avec davantage d'ambition, de moyens et de puissance. Ceci dit, Bugonia piétine parfois dans sa progression et une forme plus resserrée de sa durée n'aurait pas nui à son efficacité ni à la sidération qui en émane. Le film est foncièrement clivant par le malaise qu'il convoque volontairement et sa misanthropie extrême, mais c'est aussi sa force, si l'on considère qu'il se démarque nettement par son caractère de fable sans concession et ouvertement outrageuse. L'interprétation d'Emma Stone, de Jesse Plemons et de l'étonnant Aidan Delbis est à l'avenant : détonante, effrayante et sado-masochiste. Amateurs de sensations douces et de chemins balisés, passez votre chemin, Bugonia c'est de la dynamite et du chaos à portée d'yeux exorbités.
Séance de minuit
Séance de minuit

71 abonnés 117 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 novembre 2025
Bugonia distille une tension permanente, mêlant humour noir et vertige paranoïaque. Lanthimos y orchestre un face-à-face aussi cruel que captivant, où la folie des protagonistes devient une satire sociale cynique.
remyll
remyll

256 abonnés 574 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 27 novembre 2025
Le réalisateur grec Yorgos Lanthimos délivre (une fois de plus) un film qui se veut original, mais qui peine à procurer ne serait-ce qu’une once de plaisir cinématographique.

Bugonia donne l'impression d'avoir été conçu avant tout pour les pseudo-intellectuels nihilistes et contestataires par principe toujours avides de louer tout ce qui sort du classique et de l'ordinaire quoi qu’il en coûte, et Dieu qu’il en coûte pour le coup…

Le résultat est un film atroce, bête et méchant, creux qui confond excentricité et profondeur.
Emma Stone y est pourtant assez remarquable dans son jeu, (et si elle n’était pas là, je quitterai la salle au bout d’un quart d’heure ) mais on ne peut que regretter qu’elle lie une bonne partie de sa carrière aux projets de Lanthimos, se compromettant elle-même en participant sans cesse à ces expérimentations cinématographiques brutales et excessives où le spectateur devient davantage un aliéné qu’un amateur éclairé de prouesses cinématographiques.
Cadreum
Cadreum

58 abonnés 772 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 décembre 2025
Qui est le film ?
Bugonia est la transposition par Lanthimos d’un matériau coréen. Le film reprend librement la structure de Save the Green Planet! (2003) et s’en fait une réécriture en anglais. Le projet, porté par un scénario de Will Tracy et produit entre autres par Ari Aster, a réuni Emma Stone et Jesse Plemons dans les rôles centraux.
Lanthimos s’empare d’un texte déjà politique pour le reconfigurer à l’aune des obsessions contemporaines et pour le transposer dans son propre registre formel. Si le récit s’ancre dans des motifs immédiatement reconnaissables (l’effondrement des écosystèmes, la méfiance envers les élites pharmaceutiques et technologiques, l’obsession pour les récits de manipulation), c’est pour mieux décaler notre regard.

Bugonia est chez Yorgos Lanthimos une double opération : transposer son goût pour l’absurde et la stylisation dans un récit plus immédiatement « politisé », puis retourner ce politisé en fable où le capital et le complotisme se nourrissent les uns des autres. Le film prend pour matériau une idée simple : deux conspirationnistes enlèvent une grande dirigeante d’entreprise en la croyant extra-terrestre et l’étire jusqu’à en faire une chambre d’échos.

Par quels moyens ?
Là où Jang, dans Save the Green Planet!, recourait à l’outrance, au grotesque et à la farce débridée pour dénoncer un système social absurde, Lanthimos politise l’absurde en le rendant contemporain : la satire est moins naïve, plus ambivalente. Le rire chez Jang était brutal, cathartique, presque libérateur ; chez Lanthimos, il se fige dans la gorge, laissant place à un malaise qui persiste. Ce glissement n’est pas qu’esthétique, il traduit un changement idéologique. Là où le cinéaste coréen croyait encore au pouvoir du choc frontal pour exposer les contradictions, le réalisateur grec suggère que l’époque est trop saturée de discours et d’images pour réagir à l’outrance. Mieux vaut, pour lui, enserrer le spectateur dans un filet de doutes et de symptômes.

Cette divergence se cristallise dans la figure des protagonistes. Chez Jang, les personnages sont conçus pour susciter une empathie immédiate, pour transformer le spectateur en témoin compatissant des absurdités qu’ils subissent. Chez Lanthimos, au contraire, l’empathie est tenue à distance. Les personnages existent comme surfaces d’observation, pas comme relais émotionnels.

À l’échelle la plus directe, Bugonia parle de crédulité et de colère : comment des existences marginales trouvent dans le complotisme un récit qui donne sens et puissance. Mais Lanthimos ne s’arrête pas au portrait psychologique. Sa cible n’est pas une entité unique mais un système d’interactions (techno-élite, finance, écologie instrumentalisée, conspirationnisme) que le film assemble sans proposer de solution claire. Bugonia se tient alors comme une autopsie plus que comme un manifeste, exigeant du spectateur qu’il mesure l’épaisseur du désastre. Cette double lecture est son ambition principale.

Lanthimos conserve son idiome : dialogues secs, répliques qui tombent, ironie froide. Mais ici la fable est moins “ontologique” que "situationnelle". Ici, l’absurde naît d’un contexte plausiblement contemporain. C'est ce leger décalage qui affine la force critique du film : l’humour noir cesse d’être pure distanciation esthétique pour devenir arme politique. Il dégonfle les postures héroïques des deux camps et met à nu la vacuité de leurs certitudes.

Le film organise son récit autour d’un huis clos (la planque des ravisseurs) et d’échos extérieurs. Ce dispositif invite à l’escalade inéluctable. À mesure que les preuves s’accumulent (ou se fabriquent), l’espace se referme et le délire s’intensifie. Le spectateur n’est jamais invité à juger de l’extérieur ; il partage l’instabilité cognitive des personnages, oscillant entre suspicion et certitude. Ce dispositif montre comment la « post-vérité » n’est pas seulement un problème abstrait, mais une expérience vécue : celle d’un monde où la saturation d’informations rend chaque récit plausible, et chaque doute corrosif.

Emma Stone, rasée pour empêcher ses communications extraterrestres, incarne une puissance froide et énigmatique. Jesse Plemons donne au convaincu une douceur inquiète qui rend sa radicalité crédible. Lanthimos ne filme pas leurs émotions comme transparence, mais comme opacité.

L’entrée éco-critique donne au film sa matière la plus immédiate : l’image des insectes, la menace de leur disparition, la métaphore de la bugonia qui fait naître la vie de la mort. Lanthimos inscrit l’écologie non comme décor mais comme système de dépendances fragiles. Le kidnapping d’une PDG supposée extra-terrestre devient une parabole de cette anxiété : croire qu’un être non-humain gouverne nos existences traduit l’intuition, confuse mais juste, que la survie collective dépend d’équilibres invisibles.

Enfin, la cible des ravisseurs n’est pas une figure neutre : elle incarne l’entreprise pharmaceutique, la finance, la technoscience et l'aliénation. Le film interroge ainsi la manière dont ces puissances organisent le réel et deviennent par là les catalyseurs du complot. L’écologie fournit l’urgence, la post-vérité la forme narrative, et le pouvoir corporate le théâtre où ces tensions se déploient. Imbriqués, ces trois axes composent une lecture du monde comme système de vulnérabilités : biologique, cognitive, politique.

Quelle lecture en tirer ?
Bugonia laisse derrière lui l’impression d’un film-laboratoire. Lanthimos ne propose ni réconciliation ni issue, mais une cartographie des crises entremêlées qui structurent notre présent. On sort du film non pas avec la leçon d’un pamphlet, mais avec le trouble d’une autopsie. C’est dans cette tension que réside, à mes yeux, la force et la limite du film : Bugonia ne tranche pas, il expose. Il ne ferme aucune question, il les multiplie.
Killian
Killian

8 abonnés 50 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 décembre 2025
C'était ma plus grosse attente de Deauville. Et quelle claque ! Le nouveau film de Yorgos Lanthimos n'est pas un bon film, c'est un très grand film.

Tantôt critique acerbe du complotisme, tantôt satire de la débilité humaine et du capitalisme outrancier, Bugonia nous offre à la fois la folie de Parisite, et les plans sanguinolants de The Substance...

Le scénario, au cordeau, permet aux interprètes de livrer des prestations hallucinantes. Si Emma Stone est comme toujours géniale, Jesse Plemons est époustouflant en complotiste dégénéré.
Même si Lanthimos nous avait habitué à mieux en termes de réalisation et d'audace photographique, notamment dans Poor Things, sa mise en scène reste brillante.

Et cette fin...quelle fin !! Elle suffit à elle seule, à vous faire sortir de la salle avec un sourire en coin en disant : "il est bon ce réal quand même"
LeMeilleurPseudoDuMonde
LeMeilleurPseudoDuMonde

15 abonnés 87 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 septembre 2025
On s'attend à quelque chose d'un peu zinzin en regardant Bugonia. Asseyez-vous confortablement, vous serez bien servis.

On ne présente plus Yorgos Lanthimos, réalisateur grec responsable des pièces uniques que sont entre autres The Lobster, Pauvres Créatures ou encore La Favorite. Son truc à lui : l'excentricité et la cruauté poussés à un point où elles deviennent absurdes et donc, ironiquement amusantes.

Un peu loin de la folie visuelle de Pauvres créatures, on retrouve beaucoup de ses gimmicks dans Bugonia : des plans plutôt larges en contre-plongée pour donner une forme de distance à ses personnages, regardés tels des fourmis dans une fourmilière. On retrouve aussi du sinistre dans la bande-originale, de la violence et une satire de ce qui chatouille l'Humanité aujourd'hui : pour l'occasion le caractère déconnecté des élites et l'aliénation intellectuelle des complotistes radicaux.

Pour adhérer à cette nouvelle création de Lanthimos, un certain travail d'immersion dans l'univers est de mise. Les premières trente minutes installent le jeu, c'est là qu'il faudra s'accrocher. Mais dès que le film a posé ses pions, il s'améliore, révélant notamment un Jesse Plemons aussi excellent que terrifiant et une Emma Stone d'un cynisme savoureux. Le parallèle dressé entre une PDG milliardaire cherchant à se convaincre d'être une bonne personne et les complotistes cherchant à fuir leur réalité désespérante est par ailleurs très à propos.

Au terme de ces 2h de film et surtout après les 5 dernières minutes aussi hallucinantes que brillantes, une certitude s'impose. Bugonia est un très bon cru, très probablement un de ses meilleurs films, que vous ne regretterez pas d'avoir découvert.
donniedarko1
donniedarko1

72 abonnés 256 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 octobre 2025
Encore un tour-de-force du duo Stone-Lanthimos. Même si le film peut dérouter, il n’en reste pas moins une exceptionnelle contribution cinématographique dans la filmographie du réalisateur grec. Encore une surprise inattendue, un film cruel, drôle et féroce.
Yann C.
Yann C.

31 abonnés 74 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 octobre 2025
vu en avp au festival du film international de La Roche sur Yon 2025. A mes yeux le meilleur Lanthimos depuis un moment (j'ai détesté les 2 précédents). Avec en plus un message de fond. Drôle et sérieux à la fois en critique de notre monde. Très plaisant et la fin est particulièrement réussie !
cpkcpk
cpkcpk

3 abonnés 9 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 15 novembre 2025
J’ai détesté ce film vu en avant première à Deauville. De la mauvaise science fiicttion, encore moins bon que pauvre créature. La moitié de la salle est partie avant la fin, un cauchemar.
Spider cineman
Spider cineman

212 abonnés 2 523 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 novembre 2025
Si on peut apprécier le jeu d acteurs et l amorce du film intriguante pour ce film d un complotiste allumé qui kidnappe une dirigeante d entreprise pharmaceutique, néanmoins passe cela ce qui devient un huit clos ne développe pas un scénario très intéressant.
Le 4e Homme
Le 4e Homme

8 abonnés 78 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 7 décembre 2025
Je n'ai jamais eu autant l'impression de m'être fait piéger qu'en voyant cette daube.
C'est pesant, c'est glauque.... c'est à éviter à tout prix
cedric L.
cedric L.

18 abonnés 41 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 avril 2026
J’aime particulièrement la grille de lecture de Bugonia qui dit quelque chose comme : « Le problème n’est pas le soupçon, c’est la façon dont il devient une grille totale de lecture du monde »

1. Le soupçon comme point de départ légitime

Le film reconnaît implicitement que :
• le pouvoir est opaque,
• les grandes entreprises mentent,
• les élites sont souvent déconnectées ou prédatrices.

Autrement dit, le terreau du complotisme est réel. Teddy n’est pas fou au départ : il est méfiant dans un monde qui donne des raisons de l’être.

2. Là où ça déraille : quand le récit remplace le réel

Le basculement se fait quand :
• une hypothèse devient une certitude morale,
• l’ennemi est déshumanisé (Michelle n’est plus une personne, mais “une chose”, une alien),
• tout événement confirme la croyance (logique circulaire).

À ce moment-là, la théorie n’est plus un outil critique mais un permis de violence.

3. Le gore n’est pas gratuit

Le côté gore et brutal sert à montrer que :
• la violence idéologique commence toujours par un récit, pas par un couteau,
• quand on croit sauver le monde, tout devient justifiable.

C’est glaçant parce que le film ne dramatise pas : il montre la banalité du passage à l’acte.

4. Michelle Fuller n’est pas innocente non plus

Lanthimos est trop cynique pour faire d’elle une simple victime :
• elle incarne un pouvoir froid, abstrait, presque inhumain,
• elle parle comme une machine de management.

Ce flou est essentiel : le film ne tranche jamais totalement sur “qui a raison”, seulement sur ce que la certitude fait aux humains.

En résumé

Bugonia dit quelque chose comme :

Le monde est suffisamment violent et mensonger pour expliquer que des théories du complot puissent naître.
Mais croire qu’on détient LA vérité transforme la critique en barbarie.

Ce n’est pas un film sur l’erreur intellectuelle.
C’est un film sur la dérive morale de la certitude.
GyzmoCA
GyzmoCA

295 abonnés 2 579 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 décembre 2025
Avec Bugonia, Yorgos Lanthimos revisite un film sud-coréen pour en faire une œuvre à la fois intimiste, tendue et profondément humaine. Le réalisateur signe ici un thriller psychologique qui repose presque entièrement sur la puissance de son duo d’acteurs.

D’un côté, Emma Stone, captivante en femme séquestrée, coincée entre instinct de survie et ambiguïté émotionnelle — est-elle vraiment une victime ou cache-t-elle quelque chose ? De l’autre, Jesse Plemons, extraordinaire en illuminé complotiste, à la fois pathétique, inquiétant et maladivement convaincu de sa mission. Leur face-à-face constitue le cœur du film.

La première heure, presque un huis clos, installe un combat psychologique étouffant, où l’objectif est de faire avouer à Emma Stone… qu’elle serait une extraterrestre. Lanthimos y déploie son goût pour l’absurde, l’inconfort et les rapports de domination.

La seconde partie, plus rythmée, bascule vers un thriller nerveux, avec des situations tendues, une violence parfois soudaine et une montée dramatique maîtrisée. Le film gagne alors en dynamisme et en impact, et conduit jusqu’à un cliffhanger efficace qui laisse l’esprit en éveil.

Visuellement, la photographie est superbe, presque clinique parfois, mais toujours expressive. La musique, discrète mais précise, amplifie cette tension permanente qui ne lâche jamais le spectateur.

Au-delà du récit d’enlèvement, Lanthimos livre une critique de notre époque : écologie, dérive complotiste, déshumanisation, pauvreté, frictions sociales… Autant de thèmes distillés sans lourdeur, mais qui laissent une impression philosophique, presque amère, une fois le film terminé.

En somme, un très bon film, imparfait mais inspiré, dont la force repose sur son atmosphère unique et sur un duo d’acteurs en état de grâce.
Vador Mir

304 abonnés 987 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 2 novembre 2025
Faussement original, un sous-texte politique un peu ridicule. Jesse Plemons est excellent. Emma Stone est agaçante.
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