OK, je l'admets, Bullet Train n'est pas un chef d'oeuvre absolu. Mais j'ai adoré ce film. Tout simplement parce qu'il est barré et l'assume de A à Z. Visuellement, il est explosif, et offre un spectacle rafraîchissant, si bien qu'on oublie rapidement que c'est un huis-clos. Les personnages sont drôles, parfois présentés de manière grandiloquente pour un rôle minime, mais encore une fois, c'est du dérapage contrôlé.
Il y a un travail fou sur les décors, la lumière, la couleur, pour que chaque compartiment du train soit un monde à part entière. Et l'hyperactivité du film nous oblige à rester scotchés à l'écran pour participer à ce carnaval parfois abrutissant... Pour, paradoxalement, notre plus grand bien.
Alors... Peut-être est-ce là le défaut, c'est hyper barré, et ça l'est parfois tellement que certaines scènes nous sortent de notre crédulité. Plusieurs fois, même si on a conscience du caractère improbable de l'oeuvre, on se dit "non par contre ça, c'est impossible", et se dire ça nous sort un peu du film. Autre petit défaut du film, et je m'en excuse, c'est un spoiler :
le méchant. On nous le présente comme une figure presque démoniaque pour qu'au final son design soit trop banal dans le cadre de ce film particulièrement. C'est comme jouer à un jeu de fantasy et découvrir que le maître de l'armée des démons cosmiques est un humain... Oui, c'est entièrement possible mais c'est un peu décevant.
Dans l'ensemble, si on est là pour le spectacle, pour l'adrénaline et pour quelques scènes de baston bien sympas, je recommande vivement ce Bullet Train. La condition pour passer un excellent moment est d'adhérer à la folie de celui-ci, croisement un peu étrange entre un Tarantino sous acides et un Fincher qui aurait passé ses vacances dans une mangathèque.