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Jeremie Happily
4 abonnés
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2,5
Publiée le 8 septembre 2026
J’ai eu un peu de mal avec Pauvres Créatures. Visuellement, le film est très original, parfois même impressionnant, mais son univers complètement décalé et son histoire ne m’ont pas vraiment embarqué.
Heureusement, les acteurs sont excellents, notamment Emma Stone, qui se donne à fond dans un rôle vraiment particulier, mais aussi Mark Ruffalo, très drôle et totalement barré. Leurs performances permettent au film de garder tout son intérêt.
Je comprends qu’on puisse adorer son côté extravagant et provocateur, mais personnellement, je suis resté assez extérieur à l’ensemble. Une curiosité visuelle portée par de très bons acteurs, mais pas vraiment pour moi.
Si le film a été vendu comme érotique, j'aurais mit 4 étoiles sincèrement. Mais le long trailer nous a vendu un Frankenstein-like, d'ailleurs dans le trailer on voit que 1 seconde de sex et tous le reste parle d'expérience, hors le film nous montre le contraire: durée 2h 21min MAIS c'est 2h de sex, 10mn de Frankenstein (5mn pour l'intro, 5mn a la fin), le reste c'est le générique...m'voila! D'ailleurs un coté malsain: Bella qui est une nympho a pourtant le cerveau d'une enfant et une autre scène montre EXPLICITEMENT un père qui montre a ses 2 gosses "comment faire l'amour" avec une prostituée (Bella). Et pour 2h de culbutage, Emma Stone sera récompensé d'un oscar...c'est très cruel pour les vrais actrices pornographiques.
spoiler: C'est l'histoire d'un film de Tim Burton mais au début il a oublié d'être commercial
- Cette critique contient des spoilers -
Chaque Lánthimos est une surprise et Poor creatures le confirme à nouveau.
Je sais pas trop à quel point il faut chercher à le comprendre. On peut simplement se satisfaire des cochonpoule, des décors Steam Punk kitsch, des costumes 5è éléments (sauf qu'ici ils sont réussis), de la BO incroyable, de la caméra proposant à chaque plan, un cadrage, un mouvement surprenant, d'Emma Stone aussi forcément. Le film est d'une grande créativité une fois encore: le renversement de la laideur avec un Frankenstein qui ressemble à sa créature mais crée une créature sublime.
J'ai aimé la masturbation sans honte mais trop de "furious jumping". Si le film est étrange dans sa forme et situé dans une uchronie, il reste un roman d'apprentissage, d'émancipation féministe très classique dans son fond avec une évolution quasi dogmatique : innocence, aventure, confrontation avec la réalité, autonomie, révolte contre l'homme. Heureusement l'insensibilité de Bella aux codes sociaux dont elle décrit la stupidité avec un langage exquis m'a emporté.
L'idée de rendre le mâle dominant qu'est Ruffalo, fou de Bella à partir du moment où elle lui échappe renverse la domination de l'un sur l'autre et m'a paru une issue à la fois surprenante et logique.
J'ai aimé la scène de danse aux instruments ridicules.
Le film est gentiment amoral de par ses expériences sur le corps et l'attitude qu'il adopte vis-à-vis de la prostitution. Le cynique m'a beaucoup plût forcément : sur les prolos : ça pourrait être nous et à leur place nous aussi agresserions, volerions et violerions de la même façon. La scène suivante m'a plût encore davantage quand il avoue avoir confronté la niaiserie de Bella à l'horreur pour la faire souffrir. Cela ne changera rien au meilleur parti pris du film: la joie de vivre de l'héroïne. J'en retiens d'ailleurs l'idée que le cynisme vient d’un ressentiment. Ressentiment contre cette joie.
Au final je suis ressorti de la séance un peu abasourdi, un peu abruti même. Un peu en vrac à l'image de cette critique
Ce qui impressionne d'abord, c'est son univers visuel. Les décors, les costumes, la photographie, les choix de focales qui donnent parfois une impression presque aquatique, le passage progressif du noir et blanc à la couleur... Tout participe à créer un monde qui semble appartenir à une époque ancienne sans jamais correspondre à une période historique réelle. On pense parfois à l'univers de Wes Anderson, mais aussi évidemment à Frankenstein, tout en restant face à une proposition très personnelle.
Emma Stone est exceptionnelle, tout comme Mark Ruffalo, qui livre une interprétation aussi drôle que pathétique.
Au-delà de son esthétique, j'ai trouvé le propos beaucoup plus subtil que ce que certaines critiques lui reprochent. Beaucoup ont réduit Poor Things à une espèce de manifeste selon lequel l'émancipation féminine passerait forcément par une sexualité débridée ou même par la prostitution. Je ne pense pas que ce soit ce que raconte le film.
La sexualité occupe effectivement une place centrale, mais elle s'inscrit dans le parcours de Bella. Le fait qu'elle possède un corps d'adulte mais le cerveau d'un nourrisson lui permet d'aborder le monde sans avoir encore intégré les conventions sociales, la pudeur ou les rapports de domination. Cette innocence ne sert pas seulement à créer des situations absurdes : elle agit comme un révélateur de l'hypocrisie de la société.
À travers les différentes figures masculines qu'elle rencontre, le film montre aussi une contradiction assez dérangeante. Certains fantasment sur une femme naïve, malléable, inexpérimentée, mais cette fascination disparaît dès qu'elle développe sa propre pensée, ses propres désirs et son indépendance. spoiler: C'est particulièrement visible avec le personnage de Mark Ruffalo, dont le désir repose précisément sur cette possibilité de contrôle. Dès que Bella grandit intellectuellement, elle cesse de correspondre à ce fantasme.
Le film ne présente d'ailleurs jamais la prostitution comme une forme d'accomplissement. Au contraire, plusieurs scènes montrent sa violence et son caractère profondément désagréable. spoiler: À un moment, il est même explicitement dit que certains clients recherchent précisément des femmes qui n'ont pas envie d'être là, parce que cette absence de désir fait partie de leur plaisir. Difficile, dans ces conditions, d'y voir une glorification de cette situation.
C'est pour cela que je trouve que certaines lectures très hostiles au film passent à côté de son propos. J'ai parfois l'impression que, dès qu'une œuvre aborde des thèmes féministes ou parle des rapports de domination, certaines personnes y voient automatiquement un discours militant caricatural. Ici, le film me paraît bien plus nuancé que cela.
Après, on peut évidemment discuter du choix de mettre autant la sexualité en avant. Est-ce qu'il y a aussi une volonté de provoquer, de choquer ou même un aspect un peu commercial ? C'est possible. Mais cela ne résume pas le film, et encore moins son message.
J'ai aussi apprécié le fait que cette relecture de Frankenstein prenne une direction complètement inattendue. On a déjà vu énormément d'adaptations ou de variations autour de ce mythe, souvent assez prévisibles dans leurs thèmes ou leur esthétique. Ici, le film emprunte une voie originale, en faisant de cette créature une héroïne dont le parcours consiste moins à découvrir son humanité qu'à découvrir le monde et à construire sa propre liberté.
S'il fallait lui faire un reproche, ce serait peut-être que certains personnages restent volontairement assez schématiques. Mais cela tient aussi à la nature du récit. Poor Things fonctionne davantage comme un conte ou une fable que comme un drame psychologique. Les personnages secondaires incarnent souvent une étape du voyage de Bella plutôt que des individus dont l'évolution est centrale. C'est un choix de narration plus qu'une faiblesse.
Au final, j'ai trouvé le film à la fois magnifique visuellement, audacieux, drôle, dérangeant par moments, mais surtout beaucoup plus intelligent qu'on ne le dit parfois. Même si sa représentation de la sexualité peut mettre certains spectateurs mal à l'aise, je ne l'ai jamais trouvée gratuite. Elle sert avant tout à accompagner le parcours de Bella et à révéler les contradictions, les hypocrisies et les rapports de pouvoir qui structurent le monde qu'elle découvre. C'est, à mes yeux, une œuvre singulière et une très belle réussite.
Film étrange... Alors oui c'est très beau, très poétique et assez "militant pro féministe", mais je trouve que c'est "too much" du coup...pas pour tous publics évidemment et trop de laideurs et de sexe à mon goût. On aime ou on aime pas, moi j'ai pas adoré.
En un mot, je dirais : insupportable. Visuellement et moralement. L'un des pires films que j'ai vus. Emma Stone est cependant excellente et a eu bien du courage d'incarner ce rôle.
Vraiment très spécial. La performance des acteurs, mais surtout de l'actrice est splendide. Mais c'est tout ce que je retiendrai du film. Il faut aimer ce genre vraiment très spécial.
Le genre de film qu'on aime ou qu'on déteste selon moi. 5 étoiles seraient un peu trop mais qu'est ce que c'est bon de voir des films WTF comme celui ci ! Alice au pays des merveilles qui rencontre Las Vegas Parano. L'image est sublime les acteurs incroyable l'histoire peut avoir parfois quelques longueurs mais c'est une belle découverte pour ma part j'étais passé à côté.
Le monde est Stone. Une œuvre fascinante. Le réalisateur grec Yórgos Lánthimos embrasse à plein angle une histoire à la Frankenstein avec un aspect volontaire immoral, brodé aux coutures féministes. Une imbrication savante de cadrage, jeux d’angles et d’effets de lentilles habillent habilement la découverte d’un monde à travers les grands yeux et le corps toute en évolution du personnage principal Bella Baxter (Emma Stone d’une incroyable performance) en découverte d’anatomie, de zone d’intérêt érogène, en recherche du plaisir et d’une consciente liberté. Un délire jubilatoire d’une combinaison hybride ou le fond et la forme, les décors et la musique, le film et les personnages (excellents Mark Ruffalo et Willem Dafoe) jouent tout, en équilibre et déséquilibre maîtrisé. Baroque, fantaisiste, méta et phorique. … jusqu’au différentes affiches du film.
Relevant du baroque, de la fantaisie et de la psychologie, Poor Things est un délire fascinant qui joint les plus belles facettes du cinéma.
Yórgos Lánthimos nous conquit par sa mise en scène minimaliste et immersive et nous emmène à travers quelques continents en compagnie d’une Emma Stone absolument époustouflante et dont son récit évolue magnifiquement bien. Autour d’un casting irréprochable, d’une direction artistique folle et de thématiques nombreuses et importantes, elle représente une nonchalance envers la société.
La musique également relevant d’une certaine recherche par rapport à l’ambiance de chaque scène, ainsi que la composition des plans qui les transforment littéralement constamment en œuvre d’art, émerveillent autant qu’elles n’impressionnent.
C’est jubilatoire, brillant, drôle, amusant et profond, et c’est d’ores et déjà mon premier coup de cœur de ce début d’année.
Est ce que quelqu'un a lu le livre avant de voir ce film? L'esthétique, la colorimétrie, le jeu d'acteur d'Emma Stone, tout ça c'est parfait. Mais le fond, non, j'ai dévoré le livre avant de plonger dans le film et je ne retrouve pas la Bella dépeinte dans les écrits de Alasdair Gray quel dommage...
Un conte initiatique fantasmagorique à l'esthétique baroque, très théâtral, grotesque, extravagant et surtout complètement fou furieux... beaucoup trop pour moi ! Bon courage pour tenir les 2h40 de ce supplice qui vous hantera probablement pour plusieurs jours.