C'est amusant, l'année dernière à la même période je me retrouvais à regarder/rattraper une palette de films français sur l'Education Nationale. Et là, depuis quelques temps, c'est le milieu médical qui vient en force. Et forcément, il y a des tropismes communs entre tous ces long-métrage.
Dans "Sage-homme", on suit Léopold, jeune de cité qui croule sous le travail, entre ses études de médecine et ses petits frères à encadrer. La boule à la gorge, il apprend qu'il est recalé à la fin de sa 1ère année, et choisit à contre-cœur des études de sage-femme.
On devine les grands pans de l'intrigue assez facilement. Le manque de motivation initial du héros, puis son "réveil" par le quotidien des sage-femmes, puis les difficultés, etc. D'autant que tout ceci est posément filmé, souvent à la limite du téléfilm. Et comme je le disais au départ, on y retrouve des quasi-constantes du film hospitalier (opposition entre chef de service et personnel, manque de moyens du public, personnel soignant dédié, etc.).
Pour autant "Sage-Homme" est un joli petit film. Grâce à ses deux interprètes notamment. Karin Viard en tutrice de caractère, qui va forger notre jeune homme. Celui-ci incarné par un Melvin Boomer auquel on s'attache, malgré le côté initialement blasé du personnage. Et qui noue une vraie camaraderie avec sa tutrice.
Il y a des moments beaux, amusants, tendus, ou tristes à la maternité (qui rappelleront des souvenirs joyeux ou douloureux à ceux qui sont passés par là). Et une réflexion sur la place de l'homme chez les sage-femmes, ou dans l'accouchement. Rien de très inattendu, dont un fusil de Tchekhov que l'on voit venir à 15 bornes. Mais c'est emballé avec suffisamment de sincérité pour que ce soit intéressant.