Josh et Iris semblent incarner le couple parfait. Mais lors d’un week-end entre amis qui vire au drame, un secret bien gardé fait tout basculer…
« Companion » est un film fantastique flirtant avec l’horreur, dont l’ingéniosité repose sur un brouillage constant des repères moraux. Drew Hancock orchestre avec habileté la confrontation de trois couples dans un huis clos où les tensions surgissent presque immédiatement. Ici, point de psychopathe surgissant des bois : le mal est interne, nourri par les pulsions pécuniaires, sentimentales et sexuelles de chacun.
Le film fonctionne alors comme un véritable jeu de massacre, à la fois fun et méchant, où le suspense, solide, maintient une tension constante. La mise en scène, efficace et rythmée, privilégie l’énergie du récit plutôt que toute ambition formelle. Mais au-delà de son efficacité immédiate, « Companion » se distingue par son sous-texte. En filigrane se dessine une réflexion sur les relations sentimentales contemporaines, souvent marquées par la domination, la manipulation et une violence systémique envers les femmes. Le film prend ainsi des allures de fable féministe féroce, dénonçant avec une certaine cruauté les mécanismes toxiques qui régissent certains rapports amoureux.
Cette dimension critique se double d’un questionnement sur l’évolution technologique : situé quelque part entre « Her » et « Terminator », le film interroge l’irruption de l’intelligence artificielle dans l’intimité des individus, révélant en creux la solitude affective d’une partie de la jeunesse contemporaine.
L’interprétation, enfin, contribue largement à la réussite de l’ensemble. Sophie Thatcher, au demeurant fort jolie, s’impose avec une intensité remarquable, et l’ensemble du casting est parfait.
Sans révolutionner le genre, « Companion » n’en demeure pas moins un thriller fantastique ingénieux, efficace et suffisamment riche en sous-textes pour dépasser le simple divertissement.