Le film porte bien son nom. On est effectivement submergé… mais pas par l’émotion, ni par le spectacle, ni même par une quelconque idée. Non. On est submergé par une avalanche de poncifs, de clichés lourdingues et de scènes téléphonées qu’on voit arriver à des kilomètres.
Le cœur du film repose sur la relation mère-fils. En théorie, un terrain fertile pour l’émotion. En pratique, c’est une épreuve de patience. Le gamin passe son temps à geindre « Maman ! Maman ! » avec une intensité telle qu’on finit par souhaiter que la vague suivante l’emporte définitivement. Non pas par cruauté, mais simplement pour que le film fasse enfin quelque chose d’intéressant.
Le scénario, lui, aligne les setups et payoffs les plus prévisibles de l’histoire du cinéma. Je ne vais pas spoiler, mais tout est annoncé avec la subtilité d’un camion de déménagement lancé à pleine vitesse. On devine chaque rebondissement bien avant qu’il arrive. Et quand il arrive enfin, il est exactement aussi plat que prévu.
L’action se déroule dans un huis clos d’immeuble enseveli sous les eaux. Sur le papier, c’est prometteur. Dans les faits, c’est une succession de couloirs humides, de cris hystériques et de personnages caricaturaux.
Mention spéciale à cette scène absolument lunaire où une Coréenne christianisée se met à hurler au jugement dernier et à exhorter tout le monde à se repentir. Une vision du christianisme tellement caricaturale, hystérique et niaise qu’elle finit par devenir involontairement comique.
Comme si cela ne suffisait pas, le film essaie aussi de glisser une pseudo-critique de l’intelligence artificielle façon Matrix, avec une simulation de survie post-apocalyptique sortie tout droit d’un vieux scénario recyclé. Le problème, c’est que même les films médiocres ont parfois de bonnes idées. Ici, on dirait plutôt un patchwork de concepts usés jusqu’à la corde.
Quant aux effets spectaculaires… oui, il y a des vagues. De grosses vagues. Elles arrivent, elles frappent les bâtiments, elles font du bruit. Mais depuis Interstellar et une bonne centaine de films catastrophe, on sait que des vagues numériques ne suffisent plus à faire un film.
Au final, la seule performance remarquable du long-métrage est peut-être d’avoir réellement rasé la tête du jeune acteur à un moment. Une vraie transformation physique pour un rôle qui, malheureusement, restera probablement dans sa carrière comme une étrange erreur de jeunesse.
Le reste est à l’avenant :
des personnages absurdes, comme ces adolescents qui, alors que le monde s’effondre, décident d’aller piller les appartements des vieux déjà noyés. Une idée censée montrer la déchéance humaine, mais qui ressemble surtout à une mauvaise scène écrite à la va-vite.
Bref, Submersion est un naufrage total.
Un film qui accumule les clichés, les performances insupportables et les idées recyclées sans jamais parvenir à produire la moindre étincelle de cinéma.
Une purge monumentale.
À éviter, sauf si vous avez envie de tester votre capacité à survivre à un film aussi longtemps que ses personnages tentent de survivre à la montée des eaux.