Il faut avoir le goût du risque pour s'attaquer dans cette période Post #Metoo, sous la forme d'une comédie qui, parfois, se rapproche même de la farce, à un film sur les rapports hommes/femmes dans lequel tout le monde se verrait plus ou moins moqué : les féministes pures et dures, les masculinistes invétérés, les hommes déconstruits, les forces de police. Dans ce film écrit par Baya Kasmi, la réalisatrice du très récent "Mikado", et par Michel Leclerc, et réalisé par ce dernier, on arrive facilement à deviner leurs opinions, les moqueries envers les masculinistes et la police étant plus sévères que celles envers les féministes et les hommes déconstruits. En fait, il n'y a qu'un homme déconstruit dans le film, Paul Lemaire, un acteur cantonné aux pubs et aux tout petits rôles, dont la femme, Charlotte Landowsky, est elle une comédienne très connue et très recherchée, et qui vit très bien cette situation qui le voit endosser le rôle de père (presque) au foyer. Paul Lemaire est superbement interprété par Benjamin Lavernhe qui prend une place de plus en plus importante dans le cinéma français. A côté de lui, le reste de la distribution ne souffre pas de la comparaison, avec, en particulier, Léa Drucker, en flic qui commence à se poser des questions, Judith Chemla en militante de choc intransigeante, Julia Piaton (Charlotte) en épouse compréhensive d'un homme fier d'être déconstruit et Melha Bedia en Miss Catastrophe. On peut ne pas trop comprendre le choix scénaristique fait pour terminer le film mais, avec beaucoup de second degré, "Le mélange des genres" prouve, après "Le nom des gens", "Télé gaucho", etc., que Michel Leclerc est un réalisateur particulièrement inventif.