Thriller réalisé par Christopher Landon, Drop Game est un film de bonne facture. L'histoire nous fait suivre Violet Gates, une maman d'un jeune fils qu'elle laisse à sa sœur Jen un soir afin de se rendre à un rendez-vous galant avec Henry, un photographe connu sur une application de rencontre. Les deux cœurs à prendre se retrouvent dans un restaurant situé dans un gratte-ciel. Mais alors que le repas commence à peine, Violet se met à recevoir des Digi-Drops d'un utilisateur inconnu, qui lui envoie des mèmes de plus en plus menaçants. Le bourreau demande alors à sa victime de faire quelque chose pour lui et de faire comme si de rien n'était alors que la vie de son fils est en sursis. Ce scénario s'avère globalement assez prenant à visionner tout du long de sa durée d'une heure et demie. L'intrigue nous plonge rapidement dans le bain et son concept est emballant, car le maître chanteur est à proximité mais la proie est totalement à sa merci et ignore qui il est. Le suspense fonctionne bien car il est difficile de soupçonner quelqu'un de particulier. Et plus les minutes défilent, plus la tension se fait ressentir. Tout cela donne lieu à des scènes intenses durant lesquelles la femme paniquée doit jongler entre son téléphone et l'homme en face d'elle. De plus, le récit a le mérite d'avoir du fond en traitant des femmes battues, notamment via le passé de Violet dont le mari était violent, en plus d'évoquer le danger lié aux technologies. L'atmosphère inquiétante est pour sa part très bien retranscrite à l'écran. L'ensemble est porté par des personnages appréciables. Des rôles interprétés par une distribution convaincante comprenant Meghann Fahy, Brandon Sklenar, Violett Beane, Gabrielle Ryan, Jeffery Self, Reed Diamond, Ed Weeks et le jeune Jacob Robinson. Tous ces individus entretiennent des rapports de force qui procurent pas mal d'émotions chez Violet. Des échanges soutenus par des dialogues de bonne facture. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain se veut qualitative. Sa mise en scène nous gratifie de beaux mouvements de caméra et parvient à renouveler ses plans malgré l'aspect statique d'un repas autour d'une table. De surcroît, le lieu est bien exploité et possède un certain cachet avec cette table au bord du vide. Les incrustations des messages à l'écran sont également une bonne idée. Ce visuel soigné est accompagné par une bande originale aux compositions s'accordant bien avec l'action, ayant un impact sur les images, sans être mémorables pour autant. Reste un dernier acte gâchant hélas le reste de la narration avec une résolution faisant dans la surenchère et à l'issue attendue, venant ainsi mettre un terme à Drop Game qui, en conclusion, est un long-métrage valant le coup d’œil, sans pour autant être un immanquable.