En cette année 1988 où la décennie ‘’eighties’’ touchait quasiment à sa fin, voici donc une énième production cinématographique incluant le pitre afro-américain le plus connu du cinéma yankee des années 1980s, le célébrissime : … Richard Pryor ! Non, trêve de plaisanterie, il s’agit naturellement d’Eddie Murphy.
Dressons le tableau : De la fumée un peu partout, le ‘’smog’’, des rues sordides, un bruit incessant … : Oui, c’est bien le New York des années 1980s qui est dépeint ici; à l’époque où l’on y trouvait encore librement ‘’drogue et prostitution quasiment à chaque coin de rue’’ (non pas dans une œuvre de l’esprit, mais dans la réalité), dixit un ami de l’époque qui avait fait carrière là-bas. Pour peu, l’on sentirait presque les relents de la bouffe de rue, typiques de la Grosse Pomme. Les graffitis immondes qui défiguraient encore les murs de la métropole et surtout les rames du ‘’subway’’ (le fameux métro new yorkais …) étaient aussi de la partie. Bref, le cadre est établi : il s’agissait bel et bien de New York dans tout ce que la ville avait d’ ‘’authentique’’ (enfin, si l’on peut dire ! Car en réalité, plus artificiel, tu meurs …). C’est donc dans cet environnement qu’évolue le personnage campé par notre cabotin de service, Eddie Murphy : Akeem, prince héritier du royaume africain -fictif ! Faut il le préciser- du ‘’Zamunda’’, désireux d’y trouver l’amour ET la femme de sa vie, en transgression de la tradition voulant qu’il épouse celle qui lui aura été choisie par la famille royale. Akeem parvient à se faire embaucher dans une ‘’gargote’’ qui n’est autre qu’une vulgaire parodie, à peine déguisée, du plus célèbre des fast-foods américains (Oui : McDonald’s, bien évidemment !), allant même jusqu’à imiter le graphisme du logo, avec son fameux ‘’M’’ jaune … Et pour ne pas faire les choses à moitié, il y a ressemblance jusqu’à la consonnance du nom de la franchise : ‘’McDowell’’ … C’est donc là qu’Akeem, sans ne rien révéler de son identité réelle, s’éprendra de Lisa, la fille du gérant. Dans le cadre d’un mariage de principe, sur fond d’opportunisme et d’élévation sociale plus que réellement par amour, celle-ci est déjà promise à Darryl, interprété par un Eriq LaSalle alors encore relativement jeune, particulièrement crédible dans son rôle de sale type -qui finalement s’avèrera également un pauvre type, d’ailleurs- lourdaud au possible, dans un style particulièrement ringard, même pour l’époque : en effet, celui-ci arbore constamment ce style de coiffure VILAINE, HORRIBLE, consistant en une tignasse défrisée ondulée/permanentée et constamment grasse-humide à grand renfort de produits capillaires chimiques, tels que ceux de la marque -fictive, là encore- ‘’Soul Glo’’ (simplification de ‘’Soul Glow’’, ‘’soul’’ signifiant usuellement ‘’âme’’ et ‘’glow’’ renvoyant à l’idée de : brillance … Je vous laisse traduire, c’est hilarant !). À savoir que ce style de coiffure -désormais ringarde heureusement- (prions pour que cette ‘’mode’’ ne revienne plus jamais !) était réellement en vogue tout au long des années 1980s parmi les jeunes à partir de l’adolescence jusqu’aux quadragénaires tardifs, au sein de la communauté afro-américaine aux Etats-Unis (coiffure alors connue sous le nom de ‘’Jehri curl’’, ‘’curl’’ renvoyant à l’idée de boucles ondulées …); et dans une certaine mesure, même parmi la communauté Noire caribéenne en Angleterre ; quantité de couvertures d’albums du genre musical ‘’funk’’ de ladite décennie spécifiquement en font foi ! L’on se délectera de la façon dont ce type de coiffure est raillé, moqué à l’occasion de quelques scènes, avec tous les membres de la famille à Darryl laissant leurs affreuses traces grasses, tâchant les canapés/divans de manière irrémédiable; mais cela n’est pas plus délectable que la scène où le lourdaud Darryl entretient la ‘’laitue batavia’’ humide qu’il porte en guise de coiffure en s’en aspergeant la tignasse à l’aide du spray qu’il a constamment près de lui, tout en attendant au volant de sa voiture (Ce qui était effectivement vrai, à l’époque : ce spray était un ‘’activator’’, et ce style de coiffure -chimique et agressive au possible pour le cuir chevelu- nécessitait réellement de s’en asperger régulièrement pour maintenir ainsi le ‘’ressort’’ et la souplesse des boucles ainsi défrisées … et HUMIDES, bien sûr !) … Le sourire tout à la fois niais et auto-satisfait de ce jeune moustachu défrisé-permanenté qui se reluque ensuite dans son rétroviseur participe à la ringardise de la scène, le tout soutenu par la mélodie d’un ‘’vieux’’ jingle harassant à base de ‘’saxophone’’ synthétique, sans oublier l’immense publicité d’un flacon de ‘’Soul Glo’’ accolée au mur d’un immeuble environnant ; ajoutez-y l’immonde trace grasse laissée sur l’appui-tête du siège conducteur par la chevelure de Darryl le frimeur et appréciez le résultat ; nul besoin de se forcer, cela sort tout seul : ‘’AAAAH !!! C’est DÉGUEULASSE !’’ Pour le reste, l’on a droit pratiquement à une compilation des clichés de toute la décennie réunie, avec, dans le désordre : Les néons et autres décorations tape-à-l’œil (ET d’un goût douteux le plus souvent, également ! …), une musique de rue toute aussi ostentatoire et casse-pied (plutôt brise-tympans, d’ailleurs) typique de l’époque; sans même parler des dépravations et autres turpitudes, auxquelles le serviteur Semmi s’adonne volontiers avec allégresse, tandis que son maître le prince Akeem préfère s’en tenir éloigné ... Il n’y a pas vraiment de situations ‘’hilarantes’’ en tant que telles, l’on se prend plutôt à sourire parfois, sans plus, tant l’ensemble a mal vieilli. Je me suis même parfois pris à rire lors de situations pas particulièrement drôles, comme la scène fugace où le gérant épie et passe en revue -en cachette dans son bureau- le classeur des résultats et méthodes du concurrent McDonald’s (Mention spéciale aussi pour le téléphone-gadget à clapet en forme de sandwich, au passage …) ; c’est dire si le niveau d’humour global du film dans son ensemble ne vole pas bien haut ! C’est en tout cas désormais bien ringard, vu d’aujourd’hui (années 1980s oblige ! On excusera …).
Bref, dans l’ensemble, c’est assez poussif, ce qui ne prête pas à rire de bon cœur, surtout lorsque Eddie Murphy se lance dans sa tendance à en faire des tonnes : cela finit juste par en être lourd au possible, c’est tout. Concernant la fin du film, celle-ci est toute aussi prévisible que le reste des situations (
Akeem finit bien évidemment par épouser Lisa …
), mais le tout est expédié rapidement. Allons, en toute franchise : ‘’Un prince à New York’’ (Coming to America, en .) est loin d’être le film de la décennie, c’est un euphémisme que de le dire ; et c’est pourtant dommage, car l’idée de base était originale, et il est vrai que John Landis -tout comme Eddie Murphy d’ailleurs- nous avait habitué à mieux. En clair, cela sentait déjà comme la fin de quelque chose, somme toute : Peut-être est-ce parce que, avec leur lot de clichés usés et de ‘’gimmicks’’ en tout genre, les années 1980s -arrivant quasiment à leur terme- commençaient à s’essouffler, avant que ladite décennie ne rende l’âme peu de temps après, laissant place à une nouvelle époque, avec ses nouvelles modes et ses générations renouvelées …
‘’Un prince à New York’’, en résumé ? C’est bon, c’est con … : c’est Américain !
(Et cela mérite donc une note de 2 = Médiocre)