Legend
Note moyenne
3,1
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184 critiques spectateurs

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Cadreum
Cadreum

77 abonnés 829 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 10 août 2026
Legend n'existe pas. Il en existe quatre, de 89 à 113 minutes, qui n'ont ni le même début, ni la même musique, ni la même fin, parce que Milchan l'a produit hors studio pour Embassy et que la distribution s'est coupée en deux, Universal en Amérique du Nord, la Fox partout ailleurs. La forêt, elle, était unique : bâtie en intérieur à Pinewood, sur le plateau 007, qui a brûlé vers la fin du tournage. Une constante traverse toutes les versions. L'accent allemand de David Bennent ayant été jugé pitoyable, Gump est redoublé intégralement par Alice Playten, qui prête aussi sa voix au gobelin Blix. L'argument tient à peu. Une forêt où deux licornes maintiennent le jour. Sous terre, Darkness, qui veut leurs cornes pour abolir la lumière. La princesse Lili, que Jack (Tom Cruise) conduit les yeux bandés jusqu'au ruisseau où les bêtes magiques s'abreuvent, et dont la main tendue vers l'une d'elles gèlera le monde.

Le test de projection ayant échoué, Universal exige un carton défilant qui institue le monde, ses forces et sa loi dans une langue solennelle et embarrassée. Ni le montage européen ni le director's cut ne le portent : c'est un geste de distributeur, et la conséquence est irréversible. La loi posée avant le premier plan, tout ce qui suit ne peut plus que la vérifier, et le spectateur contrôle une conformité au lieu de découvrir un monde. Un imaginaire qu'il faut déclarer par écrit est un imaginaire dont on a renoncé à faire l'expérience. Pour l'anecdote, la version télévisée faisait lire le carton à voix haute...

Ce que les images font à la place, elles le font magnifiquement, et c'est là le dommage. La forêt est éclairée en contre-jour à travers des nappes de fumée, saturée de duvets en suspension et de colombes lâchées dans le champ à l'instant du mouvement d'appareil. Le procédé fonctionne, mais il fonctionnerait aussi bien sur le reste des éléments. C'est un traitement qui ne vient pas de la licorne, qui n'apprend rien sur elle et qu'on pourrait appliquer sans rien changer à n'importe quel objet à vendre. Le film fait la publicité de ces éléments.

Elle a surtout une conséquence optique. Le brouillard, l'étagement des plans et le contre-jour remplissent toute la profondeur d'une matière visible, tandis que les longues focales compriment les strates de végétation et laissent les personnages se déplacer latéralement dans un espace dense et dramatiquement nul. Il n'existe pas de hors-champ dans Legend : le seul lieu que le film garde invisible, le royaume souterrain, a été nommé par le carton et par Jack avant qu'aucune image ne l'atteigne. On passe du marais au palais de glace sans qu'une distance s'inscrive. Une quête sans distance est une épopée sans coût. Un unique plan fait exception, celui de Jack pris sous la glace du lac, seul moment où un corps subit physiquement l'espace, et il dure le temps d'un souffle.

Personne, dans ce dispositif, ne détient le regard. La caméra cherche l'angle qui flatte le décor, non celui qui informe une conscience ; Cruise est cadré comme un élément du paysage et se trouve privé d'intériorité par le simple fait qu'aucune échelle de plan ne lui en concède une. Le seul retrait consenti à la vue dans tout le film est celui qu'un homme impose à une femme : Jack bande les yeux de Lili et se réserve le moment de les lui rendre, plaçant la transgression non dans le fait de voir, qu'il a autorisé, mais dans le geste de toucher, qu'elle décide seule.

Aussi, les règles y sont énoncées oralement par Gump, toujours au moment où l'intrigue en a besoin : ce que la licorne exige, ce que la corne permet, ce qui tue Darkness. Un système de lois qui s'invente à la demande interdit la transgression, et un univers sans transgression possible ne fonde aucune culpabilité. Le film construit pourtant sa mécanique entière sur trois plans : la main qui s'avance, le contact, le raccord sur le mal. Rien dans le monde ne la motive, seul le montage l'affirme, et la curiosité d'une jeune fille se voit imputer la mort de la lumière dans un univers qui ne lui avait fourni aucun moyen de la prévenir.

Le basculement en hiver s'obtient par un cut, sans processus ni durée, et un aveu se loge dans la photographie. Le givre offre des scintillements que la forêt verte n'avait pas, les contre-jours y gagnent en découpe, les noirs en profondeur ; l'appareil désire visiblement la ruine qu'il est chargé de pleurer. La même préférence organise les textures. Les maquillages de Bottin déposent le sens moral sur la peau : les gobelins sont boueux, tordus, édentés, courbés par une tâche ; Lili est blonde, propre, immobile. La difformité vaut indice de malignité, la propreté indice de valeur, morale de classe doublée d'une morale du corps valide, énoncée par des prothèses plutôt que par des répliques, et qui désigne à la seconde où ils entrent dans le champ les corps dont la mort ne coûtera rien au récit. Leur maître, lui, reçoit tout : le rouge, l'échelle des cornes, la contre-plongée du grand hall, un fauteuil vivant qui salive à l'approche de Lili. La vertu se réduit pendant ce temps à une absence de couleur et à une abondance de flou.

Deux séquences savent pourtant ce qu'elles font, et le film les abandonne aussitôt. Oona prend l'apparence de Lili pour obtenir un baiser, posant en une minute que le visage aimé est substituable, dans un récit dont le programme entier consiste à séparer le vrai du faux par la vue ; aucune conséquence n'en est tirée. Et Gump, tuteur moral de l'histoire, parle avec la voix de la créature qui a tranché la corne. Le bien et le mal logent dans la même gorge : quatre montages successifs ont laissé passer la seule idée que le film ait produite.

Le dénouement s'offre une victoire d'éclairagiste : Darkness objecte que la lumière n'existe pas sans son contraire, on lui répond en braquant des boucliers polis vers le soleil. Le bien gagne parce qu'il éclaire mieux. Restent les fins, indifféremment : le couchant, la forêt restaurée, la fille redevenue blonde et blanche sans qu'un plan garde trace de sa traversée ; ou la bague au doigt de Jack, les deux mondes, le retour aux obligations de princesse. Je peine à formuler mon indignation. Je m'arrêter là, j'ai déjà passé trop de temps à réfléchir sur une suite de clichés.
Jean-Luc Joss
Jean-Luc Joss

2 abonnés 35 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 décembre 2025
Un magnifique film de la lutte entre le bien et le mal, de la lumière face au ténèbres. Et de la ruse du mal pour corrompre se qui est pur et innocent.
Totoloinloin
Totoloinloin

15 abonnés 490 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 30 décembre 2025
C'est un monde, un univers science-fiction dans lequel, malgré tous les efforts que je peux faire, je n'accroche pas. j'ai essayé, sans surprise je skip...
Charlotte28
Charlotte28

209 abonnés 2 947 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 août 2025
Très déroutant ce script...où la mièvrerie côtoie de pertinentes idées... D'un côté, un visuel merveilleux laissant sourdre une menace latente, d'oniriques licornes, une ode à la nature implicitement écologique, un elfe tout en nuances (ambigu David Bennent), un cynisme délectable de la part du charismatique Darkness (excellent Tim Curry), une symbolique séquence de danse envoutante. De l'autre, une absence totale d'originalité, des dialogues explicatifs improbables (le méchant confiant son point faible), des aberrations (ne pas interdire de toucher les créatures, le Mal incarné qui se fait berner fort naïvement), des acolytes ridicules ou stupides (le Gobelin qui pour couronner son ridicule proclame sa noirceur, le gnome en comic relief irritant), des costumes ratés (le groin du masque qui bouge tout seul), une fin simpliste (mais logique pour le genre et sa morale). Un gentillet conte de fées pour enfants.
SFC Par Seen
SFC Par Seen

6 abonnés 530 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 juin 2025
Je ne sais pas comment le film a été accueilli à l'époque mais quand on le découvre aujourd'hui c'est difficile de l'apprécier. Ça a extrêmement mal vieilli que ce soit la réalisation, les effets, les décors, les costumes tout fait kitsch donc pas évident de se plonger dans le récit. L'histoire et l'univers m'ont fait penser à une sorte de live action de Taram et le chaudron magique. Je n'ai pas vraiment apprécié ce film mais la direction artistique reste originale donc c'était intéressant de le voir mais je ne pense pas qu'il y aura de second visionnage
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

259 abonnés 2 709 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 janvier 2025
Legend est en soi un film relativement oubliable mais il a le mérite de constituer un galop d'essai pour Ridley Scott dans le registre de la fantasy et d'avoir aidé Tom Cruise dans son début de carrière.
Malheureusement, au-delà de ça ; le film n'est pas vraiment impressionnant. Il a assez mal vieilli (comme beaucoup de film du genre qui ont eu lieu dans les années 80) et au mieux, il a un côté kitsch dans son design. Ça se ressent notamment dans le costume de Darkness, particulièrement excessif et frisant pas mal le ridicule (même s'il avait de quoi effrayer les enfants qui découvraient ce film au cinéma dans les années 80).
J'ai trouvé que l'histoire appuyait un peu trop le discours apologique du bien contre le mal et donne un côté très niais au scénario. L'interprétation de Tom Cruise s'inscrit d'ailleurs dans ce registre et elle n'est pas mémorable.
Ridley Scott était certes relativement au début de sa carrière mais Alien et Blade Runner, deux films antérieurs à celui-ci, constituaient tout de même une proposition plus intéressante.
fred c
fred c

8 abonnés 474 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 janvier 2025
La 1ere moitié est laborieuse, la féerie ne prend pas, le duo Tom Cruise/Mia Sara apporte rien. La seconde moitié est un poil de licorne mieux quand la bête cherche a séduire la fille, ça apporte un petit plus pour elle mais Tom lui sert toujours a rien et erre dans des lieux rocheux. Un petit raté.
Alolfer
Alolfer

191 abonnés 1 844 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 novembre 2024
Ridley Scott qui s essaye au film fantastique, je n y aurai pas cru. Et pourtant cela reste pas mal ! Très imparfait et inégal, Legend est un film avec une histoire simple dans un monde fantaisie basique sans réel "wow". le film aurait pu être mieux, si l'univers aurait été plus poussé, avec une trame narrative plus longue. Néanmoins, le film est techniquement irréprochable pour son époque ainsi qu'une photographie magnifique au début du film et à la fin. Également, la bo de Jerry Goldsmith rend immersif le spectateur pour nous plonger dans cet univers particulier
RealPrime
RealPrime

134 abonnés 2 055 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 22 octobre 2024
Nombre d'années que je voyais ce démon, ce Satan ou que sais-je encore qui, soyons clair, n'à eu aucune originalité de nom pour le film. spoiler: Un des plus vieux récit de Scott qui met en lumière l'héroic-fantasy dans toute sa splendeur avec une pointe de dark mais globalement, cet héroic là n'est pas franchement réaliste dans le sens qu'i est bien trop "bisounours", trop gentillet et donc trop princesse. Visuellement par contre, d'un côté comme de l'autre, tout est démontant et nous transporte à travers cette aventure magiquement pensée. Le démon reste le plus imposant par son look ainsi que les décors ténébreux. Côté casting, là aussi la première ou une des premières pour un certain Tom Cruise qui, chevaleresque, à la fois humain ou fée, pas trop saisi personnellement, s'offre un rôle très gentillet, à des années lumières de ce qu'il connaitra des décennies plus tard. Mia Sara en princesse toute blanche à paillettes ne brille pas franchement mais, autant le dire, ce genre de personnage, à cette époque, fut plus que sous montrer et très mis en arrière par le côté "fillette", peu dégourdie et très princesse quoi. Un humour bien gérer par les créatures d'entourage pour une ambiance très bon enfant mais la rencontre avec le monde ténébreux fait royalement mouche. Un film qui n'est pas sans rappeler la trilogie de Peter Jackson tant les costumes et maquillages exceptionnels sont une réf en matière visuelle. Mal vu par les critiques et spectateurs de manière générale, il est vrai que le grand point faible est l'absence colossale d'action, de combats et et donc de l'élément phare de fantasy plus adulte
. Affiche sublime, titre quand même "légendaire", un Ridley Scott peu culte mais qui, dans le genre, reste en soit, un peu savoureux.
Jean Despagne
Jean Despagne

3 abonnés 13 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 juillet 2025
J'étais intrigué par ce film depuis un moment et les quelques images que j'avais pu voir m'avaient donné envie. En effet, du point de vu artistique (bien que marqué par l'outrance des années 80) les décors et costumes sont plutôt très réussis... C'est malheureux tout le reste qui est raté ! Mon dieu que c'est niais et cliché ! Autant les dialogues que le scénario sont ridicules de naïveté et les personnages sont creux et ne servent souvent que de prétexte pour faire avancer le scénario si prévisible. Malheureusement il est un peu trop sombre pour être montré à de jeunes enfants, mais je pense qu'un public de 10 ans peu peut-être y trouver son compte. Pour ma part je suis emmerdé ferme et même les belles images du films n'ont pas suffi à me tirer de mon ennuie.
eldarkstone

306 abonnés 2 444 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 janvier 2024
Une merveille, tout simplement ! entre le conte de fée et le fantastique, avec un Tom Cruise incroyable jouvenceau, avec des décors de costumes magique, le tout orchestré dans un scénario peut être un peu simple, mais efficace !
Leilo L
Leilo L

20 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 décembre 2023
Pour moi, ce film a une ambiance des plus hypnotique, un vrai conte de fée, légèrement kitch par certains éléments mais qui au contraire, rajoute du charme au film.
Le Réalisateur Ridley SCOTT est génial, les acteurs sont tous très bons, Tim CURRY spoiler: nous transporte avec son rôle de Diable et le lutin GUMP
incarné par DAVID BENNENT est excellent, un vrai plaisir.
Président Bird
Président Bird

7 abonnés 182 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 30 décembre 2023
Un naufrage inexplicable. Scott opte pour une esthétique totalement artificielle: décors, lumière, maquillages, voix… Tout fait faux et plastique.
ManoCornuta

367 abonnés 3 093 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 décembre 2023
Quand on réalise que ce film arrive dans la filmo de Ridley Scott après Blade Runner... évidemment, il y a une classe d'écart, ne serait-ce déjà que sur l'esthétique (ça sent quand même bon le kitsch et le carton-pâte, n'en déplaise aux inconditionnels du réalisateur). Quant au scénario, ça ressemble furieusement à une collection des clichés les plus basiques du genre. Ce qui sauve un tantinet le film est la prestation de Tim Curry (et son impressionnant maquillage) et des seconds rôles qui assurent le service derrière le couple-phare qui s'avère étonnamment fade.
legend13
legend13

297 abonnés 1 100 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 novembre 2023
Bien qu'il soit oubliable sur plusieurs aspect "Legend" n'est pas pour autant un film à mettre à la poubelle dans la filmographie de Ridley Scott.

Oui c'est cul cul, oui le scénario tient sur un timbre poste et oui le rôle de Jack ne met pas vraiment en valeur les talents d'acteur de Tom Cruise.
Mais l'œuvre possède quelques scènes à la beauté visuelle évidente et un méchant plutôt fun qui aurait mérité un approfondissement de sa mythologie. A l'image du métrage dans sa globalité. On aurait aimé en savoir plus sur ce monde imaginaire.

Bref un film mineur dans la filmographie de Ridley Scott. Le fait qu'il soit arrivé après "Alien" et "Blade Runner" n'a certainement pas plaidé en sa faveur.
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