Comment rester insensible face à la beauté implacable de mère nature. Sa beauté, mais aussi sa rudesse. Si l'homme est un animal, alors oui, il peut s'en accommoder, dompter ses caprices, flirter avec son esprit sauvage, indomptable. Norman Winther qui n'a rien d'un acteur, joue son propre rôle avec une authenticité à faire pâlir les pointures d'Hollywood. La routine du grand nord, là où peu d'hommes osent s'aventurer, n'a rien de comparable à celle des villes et de toutes les sociétés modernes où tout est factice. Sur ces terres sauvages du Yucon, on subsiste de ce que la nature a à offrir. Un retour aux sources, loin du superflue, du brouhaha et du dénaturé. Il n'y a que les paysages et la chasse. Avec Le dernier trappeur, Nicolas Vanier rend un incroyable hommage à ces hommes déconnectés du monde moderne, vivants en parfaite communion avec la nature. Son film se veut authentique, scénarisé à juste dose, et filmé avec une précision remarquable. La narration d'un si bel aventurier posée sur les paysages époustouflants du canada émeuvent aux larmes. Sa complicité avec ses chiens et sa compagne est simplement magnifique. Même si ce documentaire tire largement sur la fiction, son message n'a rien de superficiel: faire de la chasse une activité raisonnée afin de contribuer à l'équilibre naturel, dans le respect du vivant et de tout le reste. Se trouver seul face à un coucher de soleil sur les monts enneigés, alors que des milliards d'humains pullules sur terre, est une chance unique. Là où dansent les aurores boréales et hurlent les loups, l'homme est plus petit que n'importe quelle espèce. Merci monsieur Vanier pour cette extraordinaire aventure. Magique. Un pur chef d'oeuvre. 5/5