Six jeunes délinquants laissent derrière eux une banlieue anonyme, pour aller effectuer un T.I.G (Travail d’intérêt général), de trois mois, au fin fond de la campagne. En guise d’accompagnateur : un éducateur dur au cœur tendre. (Roschdy Zem), et à la réception une maire aux idées à priori généreuses.
Après le superbe Nationale 7, et le plus emprunté Vivre me tue, on attendait avec curiosité le nouveau film de Jean Pierre Sinapi. Petite déception : il s’agit cette fois d’un travail de commande. Et à vrai dire, l’affiche du film laissait craindre le pire : une comédie caricaturale et franchouillarde sur un sujet à la mode et souvent traité sur un mode démagogique : Les jeunes des banlieues.
Pourtant, on se prend rapidement d’affection pour ces zozos déracinés. Dès les premières minutes du film, Sinapi multiplie avec énormément de tendresse, les petites séquences qui permettent de mieux cerner chacun d'eux. Par exemple David, qui joue les durs, cache une affection insoupçonnée pour… son chien... L’autre mérite du réalisateur est de prendre constamment à contre-pied les idées reçues. Nos héros ne sont pas de vulgaires voyous, confrontés à des gentils paysans naïfs. Ça serait même parfois l’inverse. Il suffit, pour s’en rendre compte de voir Rodolphe (Dominique Pinon, formidable) ferrailleur facho et bas de plafond, démolir sa propre fourgonnette, pour laisser croire à un acte malfaisant perpétré par nos jeunes.
Certes, tout ceci est très léger est traité sur le mode de la comédie, le plus souvent burlesque. Mais à sa manière, discrète et sans grands discours, Sinapi fait passer un message de tolérance.