Vingt-et-unième opus de la licence, réalisé par Martin Campbell, qui avait déjà signé le très bon volet GoldenEye, Casino Royale, attendu depuis quatre années, est un bon cru et un renouveau pour la licence avec son nouvel acteur et ce redémarrage. L'histoire nous fait suivre James Bond qui vient d'obtenir le statut d'agent 007 au sein du MI6. Seulement, ses débuts ne se passent pas vraiment bien puisqu'au cours d'une mission, qui se solde par la destruction d'une ambassade à Madagascar, il est envoyé en vacances. Cependant, il poursuit sa mission en secret et va à la rencontre d'agents terroristes qui travaillent pour un certain Le Chiffre. Bond va alors traquer ce dernier. Ce scénario, adapté du roman du même nom de l'auteur Ian Fleming, s'avère prenant à visionner tout du long de sa durée d'un peu moins de deux heures et demie. Celle-ci débute par une scène d'introduction assez faible, alors qu'elle met pourtant en scène pour la première fois le nouveau visage de celui qui succède à Pierce Brosnan. S'ensuit un générique doté d'une belle esthétique, mais manquant tout de même du charme du vintage et des formes des femmes habituellement projetées à l'écran. Puis on assiste à un récit assez classique et attendu de la part de cette série de films s’étalant sur plusieurs décennies. On a le droit à un film aux scènes d'action impressionnantes et généreuses de par leur durée s’étalant sur de longues minutes toujours plus intenses. Au programme, cascades, courses-poursuites, fusillades et sprints en tout genre, le tout très bien rythmé. En plus de ça se greffe une romance hélas trop mielleuse, notamment dans son dernier acte, et une longue partie de poker à l'enjeu décisif. Mais la franchise s'est modernisée et hormis quelques petits gadgets, la présence de M et l'Aston Martin, on pourrait être dans n'importe quelle franchise d'action tant on perd l'essence même de la saga pour quelque chose de générique. Il manque ce qui faisait son sel. Cela se ressent notamment à travers le ton assez dramatique, plus réaliste et empreint de gravité, et également à l'humour. Celui-ci est présent par petites bribes distillées çà et là mais ne fonctionne pas. On ne ressent pas le flegme anglais et cela manque cruellement. L'ensemble est porté par des personnages plutôt agréables, à commencer par le principal. Daniel Craig devient ainsi le sixième James Bond de l'histoire du cinéma et, il faut le reconnaître, porte bien le costume. Il a un corps sculpté crédible par rapport à ses péripéties et du charisme malgré un physique différent de ses prédécesseurs avec ses cheveux blonds et son regard d'un bleu azur pénétrant. On retrouve à ses côtés Eva Green, Mads Mikkelsen en méchant iconique avec ses larmes de sang, l'illustre Judi Dench, Jeffrey Wright, Giancarlo Giannini, Caterina Murino ou encore Simon Abkarian. Tous ces protagonistes entretiennent des relations conflictuelles ou intimes qui procurent quelques petites émotions. Des échanges soutenus par des dialogues de bonne facture. Sur la forme, la réalisation du cinéaste néo-zélandais se veut particulièrement qualitative. Sa mise en scène est ambitieuse, multiplie les angles et les plans pour nous offrir du grand spectacle filmique. Les cadrages sont particulièrement soignés et il en ressort une très jolie photographie capable de passer d'une colorimétrie sombre à une image lumineuse, changeant ainsi l'atmosphère du tout au tout d'un plan à l'autre. Cela est notamment rendu possible par la variété des endroits parcourus. En effet, l'agent 007 va passer par de nombreux pays très différents, ce qui est dépaysant à l'écran. Ce visuel tout bonnement parfait est en plus accompagné par une très bonne bande originale signée David Arnold, déjà à l’œuvre sur les trois derniers volets, dont les compositions épiques, ayant un impact sur les images, amplifient grandement le risque. Les thèmes iconiques de la saga sont eux assez discrets et peu repris. Cela est à la fois dommageable mais la partition du compositeur britannique s'en sort plus que bien. La chanson du générique d'ouverture chantée par Chris Cornell est quant à elle appréciable car dans l'esprit de celles entendues depuis le début de l'existence de la saga, sans pour autant être mémorable. Reste une fin sans surprise mais tout de même satisfaisante venant ainsi mettre un terme à Casino Royale qui, en conclusion, est un long-métrage méritant le coup d'œil faisant partie des meilleurs épisodes de la franchise.