Bon, bon... J'aime beaucoup Louis Malle habituellement, et j'avais adoré le seul film en langue anglaise que j'avais vu de lui (« La Petite »), mais ici, non, vraiment, ça ne fonctionne pas. Histoire d'adultère banale mais ça, qu'importe, par définition toutes les histoires d'adultère sont banales. Le rythme est lent, on ne peut pas dire qu'il ne se passe rien et pourtant c'est un peu l'impression que ça donne. Il y a bien quelques scènes ne laissant pas indifférent
(celle de la mort du fils en premier lieu)
, la réalisation de Louis Malle distille un minimum d'élégance et la prestation du toujours très classieux Jeremy Irons permet de ne pas complètement décrocher. Maintenant, cela n'est vraiment pas suffisant, d'autant que Juliette Binoche, sans démériter, n'est clairement pas assez belle et « torride » pour rendre crédible cette passion dévorante que nourrit le héros pour celle-ci. Après, pas de réelles fautes de goût, on sent un certain professionnalisme dans l'écriture du scénario comme des dialogues, les seconds rôles sont solides (notamment une bonne Miranda Richardson, notons également la présence d'un jeune David Thewlis alors à ses débuts), mais pas de flamme, pas vraiment d'émotion (à l'exception, peut-être, des toutes dernières minutes, et encore), juste un récit banal ne prenant jamais vraiment, certes avec du savoir-faire à tous les niveaux, mais ne compensant pas la réelle lassitude, voire l'ennui ressenti à plusieurs reprises. Pas fatale, mais presque.