Samuel Fuller

État civil

Métiers Scénariste , Acteur , Réalisateur plus
Nom de naissance

Samuel Michael Fuller

Nationalité
Américain
Naissance 12 août 1911 (Worcester, Massachusetts, Etats-Unis)
Décès 30 octobre 1997 à l'age de 86 ans (Hollywood, Los Angeles, Californie)

Biographie

Fils de parents juifs immigrants établis aux Etats-Unis (sa mère vient de Pologne et son père de Russie), le jeune Samuel Fuller devient journaliste criminel à New York à l’âge de 17 ans. Il développe, grâce à cette activité, son intérêt pour les histoires sordides et ses aptitudes rédactionnelles. Féru d’écriture, il rédige des nouvelles, des romans et collabore même à des scénarios. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il est mobilisé dans l’armée américaine et participe notamment aux débarquements en Afrique du nord, en Sicile et en Normandie… Ainsi qu’à la libération d’un camp de concentration. A son retour, il n’est plus le même homme. Cette expérience de guerre aussi longue qu’intense se ressentira dans plusieurs de ses films : Fuller est un cinéaste de la violence, qui ne rechigne pas à explorer les côtés les plus sombres de l’humanité, que ce soit sur les champs de bataille ou ailleurs.

Au lendemain de la guerre, et après avoir participé à l’écriture de plusieurs scénarios (Marge d'erreur d’Otto Preminger, Jenny femme marquée de Douglas Sirk, etc.), Fuller se lance dans la mise en scène, avec J'ai tué Jesse James en 1949. Dès ce premier film, le côté non conventionnel et indépendant du cinéaste s’affirme : Jesse James y est davantage représenté comme un tueur sans pitié que comme un hors la loi charismatique… Ce qui est révélateur de sa volonté à contourner les traditionnels dogmes hollywoodiens : Fuller est un homme en colère. Pas question pour lui de se plier aux exigences des studios. Le cinéaste est parfaitement conscient de horreurs dont l’être humain peut être capable, et le cinéma constitue pour lui un bon moyen d’en rendre compte.

Il poursuit avec les films de guerre J'ai vécu l'enfer de Corée (1951) et Baïonnette au canon (id.), puis Violences a Park Row (1952), s’inspirant de sa réelle expérience de journaliste. S’en suivent le film noir d’espionnage Le Port de la drogue (1953) avec Richard Widmark et le thriller La Maison de bambou (1955) tourné au Japon. Anticonformiste, Fuller continue de dynamiter les habituels codes du cinéma : Le Jugement des flèches (1957) se centre sur un sudiste prenant le parti des Indiens, tandis que dans Quarante tueurs (1957), une femme prend la tête d’une redoutable bande de criminels. En 1963, c’est à l’institution hospitalière qu’il s’attaque, avec Shock Corridor, considéré comme l’un de ses meilleurs films. Ce dernier suit la descente aux enfers d’un journaliste volontairement incarcéré au sein d’un hôpital psychiatrique pour enquêter sur un meurtre.

Sa volonté de représenter la violence la plus dérangeante en cherchant constamment à contrôler tous les aspects de ses films (production, scénario, dialogues, etc.), a des conséquences : il se met plusieurs personnes à dos, et - parce qu’il produit lui-même plusieurs de ses films à partir 1957, date où il quitte la Fox -, se retrouve en grandes difficultés financières. Il réalise donc de moins en moins. Dès 1965, il interprète même des personnages secondaires sous la houlette de jeunes réalisateurs prometteurs qui l’admirent, dont Jean-Luc Godard (Pierrot le Fou), Dennis Hopper (The Last Movie) ou Steven Spielberg (1941). En 1980, Fuller signe un autre chef-d’œuvre, le film de guerre Au-delà de la gloire, avec l’incontournable Lee Marvin dans le rôle principal (alors qu’il a pour habitude d’engager des acteurs peu connus). Là encore, le film - qu’il murit depuis des décennies - est fortement inspiré de son expérience de guerre. Malheureusement, "Au de-là de la gloire" est un échec au box-office.

Deux ans plus tard, il réalise le très controversé (et du coup très mal distribué) Dressé pour tuer produit par la Paramount, l’histoire d’un chien conditionné pour s’en prendre aux Noirs. Fuller y dénonce le racisme et la cruauté des hommes, même si certains y ont perçu le message inverse. Après ce fiasco commercial (son dernier film américain), Fuller se rend en France et y met en scène Les Voleurs de la nuit (1983), en compétition au festival de Berlin, et Sans espoir de retour (1988). Tous deux sont des adaptations de romans. Samuel Fuller met fin à sa carrière après avoir réalisé "La Madone et le dragon" et écrit "Girls in Prison", deux téléfilms. Il décède à Hollywood en 1997, laissant derrière lui une filmographie exemplaire, rendant compte d’un parcours placé sous le signe du sang et de la révolte.

Auteur : Laurent Schenck

Ses premiers pas à l'écran

poster de Confirm or deny
Confirm or deny
Date de sortie inconnue
poster de J'ai tué Jesse James
J'ai tué Jesse James
Date de sortie inconnue
poster de Jenny, femme marquee
Jenny, femme marquee
Date de sortie inconnue
poster de Le Baron de l'Arizona
Le Baron de l'Arizona
Date de sortie inconnue

Ses meilleurs films et séries

poster de Le Port de la drogue
Le Port de la drogue
1952
poster de Shock Corridor
Shock Corridor
1963
poster de Pierrot le Fou
Pierrot le Fou
1965

Sa carrière en chiffres

56
Années de carrière
1
Récompense
48
Films
1
Série
4
Nominations
8,8 M
Entrées ciné

Genres de prédilection

Drame : 43 %
Thriller : 22 %
Guerre : 18 %
Western : 16 %

Ses stats sur AlloCiné

0
Vidéo
31
Photos
5
News

A tourné le plus avec

photo de Neyle Morrow
Neyle Morrow
7 films
Dressé pour tuer (1982), Shock Corridor (1963), Les Bas-fonds new-yorkais (1961), Le Kimono pourpre (1959), Ordre secret aux espions nazis (1959), Violences a Park Row (1952), J'ai vécu l'enfer de Corée (1951)
photo de Paul Dubov
Paul Dubov
6 films
Shock Corridor (1963), Les Bas-fonds new-yorkais (1961), Ordre secret aux espions nazis (1959), Le Kimono pourpre (1959), China Gate (1957), Quarante tueurs (1957)
photo de Gene Evans
5 films
Shock Corridor (1963), Le Demon des eaux troubles (1954), Violences a Park Row (1952), Baïonnette au canon (1951), J'ai vécu l'enfer de Corée (1951)
Sons (1989), Le Sang des autres (1984), Les Voleurs de la Nuit (1983), Au-delà de la gloire (1980)
photo de Amos Gitaï
4 films
Milim (1996), Golem : le jardin pétrifié (1993), Gibellina, metamorfosi di una melodia (1992), Golem, l'esprit de l'exil (1991)
photo de Gerald Milton
3 films
Les Bas-fonds new-yorkais (1961), China Gate (1957), Quarante tueurs (1957)
Les Voleurs de la Nuit (1983), Au-delà de la gloire (1980), 1941 (1979)
photo de Masha Itkina
3 films
Milim (1996), Golem : le jardin pétrifié (1993), Gibellina, metamorfosi di una melodia (1992)
Le Sang des autres (1984), Les Voleurs de la Nuit (1983), Brigitte et Brigitte (1966)
photo de Gene Barry
2 films
China Gate (1957), Quarante tueurs (1957)
Ordre secret aux espions nazis (1959), Violences a Park Row (1952)
photo de Lee Marvin
Lee Marvin
2 films
Au-delà de la gloire (1980), Il était une fois deux salopards (1979)
Il était une fois deux salopards (1979), Le Jugement des fleches (1956)