stillpop
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4.5 - Excellent
L'histoire d'un dormeur qui doit se réveiller.
« A dream within a dream », de Poe à la New-Wave de « Propaganda », c'est un thème récurrent de la contre culture qui essaye de trouver l'essence du plus mystérieux des phénomènes naturels : le rêve.
Ce genre de film doit faire face à plusieurs écueils : la concurrence, « Matrix » et « Avatar » sur le thème : Ce monde est-il bien réel et cet homme également ?
- La profondeur du raisonnement, même si c'est intelligent ça ne peut pas concurrencer la psychologie d'un Freud, et vue la cible actuelle du cinéma on ne peut pas leur en vouloir.
- Le clin d'œil poudreux à la James Bond aux sports d'hiver ? C'est le rêve d'un mec, quoi de plus normal ?
- Et l'efficacité du rythme ou des effets spéciaux n'a rien à envier à l'original qui lui est totalement dépourvu d'originalité.
- C'est une histoire de mecs ? Bah oui, mettre au point ce genre de technologies est un gouffre à fric et au dernières nouvelles, seules les multinationales ont les moyens et le besoin de faire appel à ce type de prestation. Et comme les multinationales sont encore à 90% l'apanage des mecs, quoi de plus normal que la soif de pouvoir absolu donne un film d'homme et non une romance éthérée à la « Ghost » ? Encore que l'histoire d'amour est quand même bien tournée mais il est sûr qu'elle n'est pas à l'avantage de l'intelligence féminine. Mais pas plus à l'avantage de la bonté masculine.
Je n'avais pas aimé « Memento » qui abordait finalement le même sujet, la confiance dans sa propre mémoire. Mais depuis « Batman Begins », Nolan est devenu le plus brillant réalisateur explorateur de la condition humaine au sens extrême, et son premier film d'auteur s'en ressent.
Franchement, sur un sujet fantastique qui ne recourt à aucun artifice surnaturel, ce film est génial, captivant et prenant. Peut-être même plus prégnant que « Matrix » grâce au sujet qui est banal à souhait et n'utilise aucun complot ou conspiration planétaire.
Alors c'est sûr il manque un truc qui fait étrange dans nos années futiles et bling bling, l'humour. Et c'est vrai que « The Dark Knight » était révélateur que Nolan n'a pas besoin d'humour pour raconter des histoires , surtout quand elles sont sérieuses ou dramatiques. Alors qui pourrait s'en plaindre ?
Je vais arrêter avec les critiques des autres et passer à ce que j'ai apprécié.
La musique, elle ne s'arrête jamais mais est vraiment efficace.
La photographie est souvent superbe. Le casting très attachant, on retrouve « Juno » en belle étudiante qui éteint totalement le peu de charisme osseux de notre Cotillard, on redécouvre « Brick » avec les deux protagonistes et même « Witness » si l'on va plus loin dans le temps.
Également « Platoon » et évidemment le plus que parfait Di Caprio qui malgré sa tête à claque habituelle montre qu'il est non seulement un acteur né mais qu'également il habite littéralement l'écran.
Le scénario semble avoir été écrit par 20 personnes tellement il regorge d'idées et que tout paraît vraisemblablement logique. Mais seule une deuxième vision permettrait d'en être persuadé comme au bon vieux temps de « Sixième sens ».
Les effets spéciaux, s'ils ne sont pas infaillibles sont quand même à un très haut niveau sur écran géant du Max Linder, alors imaginez en Blu-ray.
Si ce film n'a pas la beauté et le charme d'un « Blade runner », l'originalité « originelle » d'un « Matrix » ou la démesure d'un « Paprika » et le budget d'un « Avatar », il développe avec une puissance professionnelle impressionnante le potentiel fascinant du sujet. Et c'est déjà fort bien.
Évidemment je l'ai revu, cette fois en français dans la voix, et il y a effectivement cette petite ambiguïté qui fait les grands films, une scène laisse le champ libre à une autre possibilité, c'est donc encore plus fort que « Sixième sens », tout est possible ! Et tout tient debout également.
Ajoutée le 05 févr. à 13h04
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