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Gemma Bovery
note moyenne
3,4
2413 notes dont 332 critiques
2% (8 critiques)
23% (76 critiques)
41% (135 critiques)
23% (76 critiques)
9% (29 critiques)
2% (8 critiques)
Votre avis sur Gemma Bovery ?

332 critiques spectateurs

benoitG80
benoitG80

Suivre son activité 922 abonnés Lire ses 1 361 critiques

3,0
Publiée le 12/09/2014
"Gemma Bovery" de Anne Fontaine, étonnamment, n'en porte pas trop la signature cette fois-ci... Déplacer ou plutôt, transposer l'héroïne de Flaubert au XXI ème siècle était un pari risqué même en utilisant certaines astuces bien trouvées comme l'utilisation et le bien fondé du personnage joué par Luchini lui-même ! Ce qui ne veut pas dire pour autant que tout fonctionne à merveille, loin de là et même au contraire... Il est toujours intéressant de découvrir un film où joue cet acteur étonnant qui peut enchanter, ou quelquefois et plus rarement horripiler ! Ici, c'est ni l'un, ni l'autre ! Luchini ne semble pas à sa place, déjà en tant que boulanger reconverti et pire, en tant que passeur du célèbre roman "Emma Bovary", dont il est passionné en homme de lettres qu'il est réellement... Jamais, il ne m'est apparu ainsi, superficiel et mièvre avec un jeu mécanique surprenant... Seule sa façon de regarder sa voisine est finalement intéressante, tant ses yeux nous parlent vraiment, bien plus que tout ce qu'il peut dire et raconter. Quant à la souriante Gemma Arterton qui nous fait son petit signe de la main, il lui manque un "je ne sais quoi" pour la rendre complètement évidente, éclatante et profonde, certainement une dimension dramatique afin d'être bien dans la peau du personnage d'Emma Bovary ! Ce film dégage une impression de composition permanente qui lui donne un côté fabriqué et artificiel assez gênant tout au long de sa durée ! Plusieurs rôles secondaires viennent également parasiter cette réalisation qui s'éparpille un peu trop. En effet, la relation qui unit tout ce petit monde qui se reçoit chez l'un, chez l'autre a quelque chose de curieux et pas mal d'incohérences font surface, comme les dialogues qui deviennent tout à coup impersonnels et d'une banalité affligeante dès que l'on se trouve dans la boulangerie ! Il reste cependant l'idée du fond qui nous laisse en alerte en nous intéressant assurément et heureusement, certains procédés sont donc assez habiles pour y contribuer... Et puis, tout à coup, il y a cette fin inattendue pas mal trouvée qui nous saisit, où les responsabilités s'enchevêtrent curieusement... La belle et verte Normandie est là aussi pour nous enchanter avec cette ambiance boisée, ces maisons de charme jusqu'aux deux chiens qui complètent ce tableau ! Et donc un bilan mitigé pour ce film un peu brouillon, un peu bancal où Anne Fontaine a distillé trop d'ingrédients à la fois, en oubliant de préserver ainsi un axe, une idée forte qui manquent vraiment !
Alex*56*
Alex*56*

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3,5
Publiée le 12/09/2014
Pour être honnête si on m'avait dit que Gérard Lanvin (cet acteur m'ai venu en tête comme ça, c'est juste un exemple !) avait le rôle principal je n'y serais pas allé, je ne me serais peut être même pas intéressé au film. Car le rôle de Martin Joubert, ex-bobo, passionné de littérature et de culture française, va si bien à Luchini, tout aussi mélo et intelligent dans la vie. Quant à Gemma Arterton, c'est une actrice que je ne connaissais pas, et elle m'a envoûté comme elle en a envoûtée plus d'un ! Son accent donne un charme supplémentaire au film, rien quand prononçant "Charlie", elle m'a dans la poche ! La mise en scène est soignée, bien que Anne Fontaine se perd parfois dans son idée de retranscrire le parcourir par le biais d'un narrateur, ici le personnage de Luchini, qui raconte sa rencontre avec les Bovery. Une rencontre bouleversante, qui n'aura de cesse de l'émoustiller à cause des ressemblances frappantes avec le chef-d'oeuvre de Flaubert, Madame Bovary. Une Gemma Bovery filmé sensuellement par la réalisatrice, qui au travers de plusieurs scènes révèle l'aura de sensualité qu'elle dégage dans n'importe qu'elle situation, la plus marquante étant celle ou elle manie la pâte avec élégance et concupiscence ! A part ça la Normandie est bien filmé, on retrouve le charme de cette campagne luxuriante, même si Anne Fontaine n'est pas loin de l'excès de "belles images", un huit clôt plus prononcé aurait peut être pût donner plus de sensations aux spectateurs, une alternance entre huis clôt et escapade romanesque. Après la masure des anglais jure pas mal avec la beauté de Gemma, ce qui donne un certain cachet à cette maison entamé par le temps. Mais ce film me fait étrangement pensé à Last Fdays of Summer, bien que dans ce film la romance est plus intime. Si seulement Jason Reitman avait réalisé Gemma Bovery, le film serait bien meilleur. Car l'atmosphère sensuelle qu'il avait installé entre Winslet et Brolin était excellent, on ressentait également la moiteur de estivale grâce à sa photographie magnifique. C'est ce qui a manquée à la réalisatrice française, un atout qu'elle n'a pas dans sa palette de réalisatrice. C'est bien dommage, mais le film n'en reste pas moins réussi, il a quand même des points positifs. La B.O accompagne bien le film, en globalité de la musique douce, excepté quelques moments de relâchements comme la scène ou Gemma Bovery, dans son Van, danse sur "Bambou" de Alain Chamfort, et en ignorerait presque Fabrice Luchini ! Pour finir, la dernière scène est croustillante à souhait ! Un petit clin d’œil à Tolstoï plein d'humour. En bref le film est tout de même passionnant. L'approfondissement des personnages est réussi, d'ailleurs le prologue est étonnant, on ne s'attend pas à ça pour le début du film. Une surprise qui nous interroge pour la suite. Un prologue intriguant donc, mais aussi une fin à laquelle on ne s'attend pas, une réussite. Pour revenir sur Last Days of Summer, le film de Anne Fontaine a l'avantage sur ce dernier, car celui-ci n'est pas prévisible. Les acteurs sont également excellents, rien que Luchini et Arterton valent le détour. Un film que je conseillerais malgré les quelques défauts.
Caine78
Caine78

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3,0
Publiée le 01/05/2015
En général, j'apprécie le cinéma d'Anne Fontaine, son univers à la fois singulier, mordant voire légèrement sulfureux. Si « Gemma Bovery » n'est pas forcément son meilleur film, je l'ai néanmoins trouvé séduisant, assez inventif dans son développement et surtout vraiment bien écrit, l' œuvre réussissant à nous surprendre jusqu'au bout. Belle idée que de s'inspirer du chef-d'œuvre de Flaubert et de son cadre pour nous proposer en définitive quelque chose de totalement différent, les situations savoureuses s'enchaînant régulièrement pour nous offrir un spectacle alerte et habile, peuplé de personnages intrigants et excellemment interprétés (le médiocre Niels Schneider excepté), la palme revenant toutefois à la somptueuse Gemma Arterton, éclatante de charme et de sensualité dans ce qui est probablement son meilleur rôle. Et si certains pourront toujours reprocher au film un côté un peu trop sage, très « propre sur lui », je trouve qu'en définitive cela fait partie de sa « force tranquille », avec beaucoup de qualités que j'aimerais voir plus souvent dans le cinéma français... Une réussite.
traversay1
traversay1

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3,0
Publiée le 13/09/2014
Vaut-il mieux être un cinéaste anglais pour adapter les romans graphiques de Posy Simmonds ? En comparant Tamara Drewe et Gemma Bovery, la réponse est Yes. Le film d'Anne Fontaine est une fantaisie mais sa transposition du roman de Flaubert est laborieuse, fonctionnant par certains effets de comédie mais pas au-delà. On devine que la réalisatrice, qui a montré dans le passé qu'elle savait manier l'ambigüité et la confusion des genres (Nettoyage à sec) aurait souhaité être plus "vache" (normande, of course) dans cette étude de moeurs provinciale. Mais elle semble à y avoir renoncé en se concentrant sur le personnage de Luchini, impeccable en maître ès fantasmes, dont le seul plaisir est d'essayer de faire coïncider réalité avec fiction (littéraire). Une façon de tromper l'ennui qui le guette. C'est lui, Madame Bovary, en définitive. Si le film est globalement agréable à regarder, il déçoit par ses dialogues fades et une direction d'acteurs trop relâchée. Gemma Arterton est fort sensuelle mais elle est réduite à une palette d'expressions assez pauvre. Quant aux seconds rôles, ils dispersent l'intrigue plutôt que de la renforcer, hormis les deux chiens du film, tout à fait dans le ton, pour leur part. Gemma Bovery laisse assez indifférent et extérieur, son aspect artificiel, avec ses ressorts théâtraux, empêchant de ressentir un quelconque début d'émotion.
tixou0
tixou0

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3,5
Publiée le 09/09/2014
C'est une "fantaisie" psychologico-littéraire, à pas mal d'égards bien troussée, que ce "Gemma Bovery", le 13e (si j'ai bien compté !) "long" d'Anne Fontaine, pour le cinéma. Cette adaptation d'un "roman graphique" britannique, lui-même inspiré par le chef-d'oeuvre de Flaubert, est construite sur l'air du célèbre "la nature imite l'art". Ou pas.... En tout cas, Martin Joubert (Fabrice Luchini, qui retrouve Anne Fontaine, après "La Fille de Monaco"), qui a repris la boulangerie paternelle dans une bourgade normande il y a 7 ans, laissant derrière lui une carrière avortée dans l'édition à Paris, est d'emblée persuadé que l'aphorisme est parfaitement fondé, quand la maison (un rien délabrée) en regard de la sienne est achetée par un couple d'Anglais bohèmes, Charles et Gemma Bovery (Jason Flemyng et Gemma Arterton). Quand il manque des péripéties pour que le parallèle entre réalité et fiction soit plus flagrant, Martin fait diligence en démiurge provincial (entre émois littéraires et émois sentimentaux). Mais quand le tempo s'accélère, il ne sera pas le seul deus ex machina..... La "créature", c'est la sculpturale Gemma Arterton donc (déjà l'âme d'une autre adaptation d'un roman graphique de Posy Simmonds - "Tamara Drewe", fondé sur un "classique" anglais, par Thomas Hardy, celle de Stephen Frears), le "créateur" étant Fabrice Luchini, sans doute un des rares en France à pouvoir donner crédibilité et corps à un personnage de cette typicité. Quelques lenteurs et maladresses scénaristiques gâchent un peu le plaisir, mais c'est, dans l'ensemble, assez jubilatoire. A noter : la BA est bien faite, qui donne envie de voir le film, mais est loin de tout résumer, voire de tout raconter, comme souvent.
Loskof
Loskof

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3,5
Publiée le 06/10/2014
Comment un film qui s'ouvre sur Fabrice Luchini en train de pétrir du pain dans une boulangerie de Normandie et nous propose Gemma Aterton en botte de pluie mais toujours craquant peut-il être mauvais? Malheureusement je n'ai pas lu l'oeuvre originale donc il me manque certaines clés pour trouver toutes les références mais les fréquents rappels de Luchini sur le livre permette bien de suivre l'hitoire et de faire le parallèle entre les 2 oeuvres, parallèle bien réussi d'ailleurs. Alors certes ce n'est pas du grand cinéma, c'est presque du téléfilm, mais quand c'est bien joué, bien écrit, pas trop mal réalisé je ne vois pas de raison de me plaindre ! Et puis bon Luchini qui pétrit du pain, c'est pas beau ça, la culture et la gastronomie mêlée !
reymi586
reymi586

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4,0
Publiée le 17/09/2014
Fabrice Luchini n'est jamais aussi bon que dans ce genre de rôle, ici en tant que petit parisien bobo qui revient au source en Normandie. Il joue parfaitement le narrateur et le charme de la magnifique Gemma Arterton fait le reste ! Cette histoire est très sympathique à suivre. Dommage que la fin ne soit pas à la hauteur du reste du film, à mon humble avis.
siri C.
siri C.

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2,0
Publiée le 29/09/2014
Est-ce l'amour des belles-lettres qui a poussé Fabrice Luchini à se fourvoyer dans ce film insipide et, disons-le tout net, raté ? Ma déception a été d'autant plus grande que je suis fan de l'acteur et que j'allais voir ce film pratiquement conquise d'avance. Las ! même l'acteur le plus talentueux ne peut sauver un mauvais film. Mon enthousiasme est rapidement retombé, comme une brioche mal cuite de ce boulanger intello empêtré dans ses fantasmes littéraires. Parlons-en, justement, du personnage qu'incarne Luchini, tellement peu crédible! L'analyse psychologique des protagonistes est superficielle, pour ne pas dire inexistante, et l'adaptation qu'Anne Fontaine a fait du roman/BD de Posy Simmonds ne fait que présenter un argument plaqué et totalement artificiel. Résultat, GEMMA BOVERY est un film long, fadasse, et très ennuyeux. Seules les 3 minutes de la pirouette finale, avec l'arrivée des nouveaux voisins, sont drôles et dignes d'intérêt; c'est maigre sur 1h40 de film. Un conseil, allez plutôt dans la salle d'à-côté, vous aurez toutes les chances de voir un meilleur film que celui-là. Pour ma part, si j'octroie un généreux ** , c'est seulement pour les jolis paysages de Normandie sous la pluie, les robes Liberty de Gemma Aterton et la bonne bouille du chien Gus !
Alain D.
Alain D.

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4,0
Publiée le 07/04/2016
Anne Fontaine réalise avec Gemma Bovery une belle comédie. La mise en scène se révèle précise, chaleureuse, voluptueuse voire sensuelle par instant. Ella a également écrit un scénario très classieux nous proposant une histoire romantique comme elle sait si bien le faire : Coco avant Chanel (****), Entre ses mains (*****). La photographie est magnifique, aussi jolie que Gemma Arterton dans le rôle de Gemma Bovery ; son accent britannique sur les dialogues en français est réellement craquant. Outre la prestation grandiose, comme à l’habitude de Fabrice Luchini, le casting nous propose également des rôles secondaires de bonne facture avec la présence de la lumineuse Elsa Zylberstein. À noter également une jolie bande sonore avec de belles insertions musicales du groupe de Blues « Moriarty ».
soniadidierkmurgia
soniadidierkmurgia

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3,5
Publiée le 07/02/2015
Retiré dans la campagne normande du côté de Lyons-la-Forêt, Martin Joubert ancien lecteur pour une maison d'édition s'est reconverti à la boulangerie, le métier de son père, pour fuir le tumulte parisien. Comme si un tropisme local frappait, Martin Joubert se laisse aller avec une certaine délectation à une forme de bovarysme qui tient plus en réalité à la crise de la soixantaine et au coucher de soleil d'une sexualité assoupie. Un rôle sur mesure pour Fabrice Luchini amoureux inconditionnel des lettres pour sa deuxième collaboration avec Anne Fontaine. L'arrivée juste en face de chez lui d'un couple d'anglais dont l'époux se nomme Charles Bovery et sa très jeune femme Gemma ne peut être qu'un signe du destin. Il n'en faut pas plus à Martin pour transposer sa langueur sur la jeune femme dont il croit deviner dans le regard et les attitudes une gémellité avec Emma l'héroïne de "Madame Bovary" et se mettre à l'affût des moindres faits et gestes de la jeune femme pour se persuader que le roman est en train de se concrétiser sous ses yeux allant même jusqu'à sournoisement forcer le destin pour faire entrer les personnages dans la trame du roman. A moins et plus sûrement que cela ne soit que l'attirance désespérée d'un homme d'âge mur qui admet difficilement et douloureusement que cette conquête possible ne sera pas pour lui. La littérature passion de toute une vie servira alors de prétexte élégant pour habiller les petites bassesses d'un amoureux ignoré. Tiré du roman graphique éponyme de Posy Simmonds auteure anglaise déjà adaptée à l'écran par Stephen Frears avec la même Gemma Arterton dans le rôle principal ("Tamma Drewe" en 2010), le film se présente comme une comédie dramatique légère reprenant en pastel les arguments des pièces de Georges Feydeau. Mais on peut aussi y voir la détresse d'un homme qui voyant sa jeunesse enfuie tente de la retrouver par procuration. La scène finale assez drolatique mais aussi pathétique semble attester de cette tonalité qui n'a pas été relevée par la critique assez féroce avec ce film jugé mièvre et un peu suffisant. Le jeu de Luchini étonnement sobre s'évertue à rendre cette insondable et indicible tristesse d'un homme ne pouvant se résoudre au déclin de l'âge. On a aussi reproché à la caméra d'Anne Fontaine l'abus de champs/contrechamps comme une faiblesse de style, alors qu'il s'agit d'un parti pris pour observer les réactions désappointées de Martin face à l'appel fougueux du désir chez les gens plus jeunes. Apparait vite une forme de masochisme qui voit Martin s'approcher au plus près du fruit défendu sans jamais pouvoir en croquer la pulpe. Emma Bovary peut être un homme et la tentative de Martin pour exorciser cette souffrance en la transposant à une jeune femme, copie parfaite de l'héroïne de Flaubert s'avérera vaine. Il s'agit donc d'un joli film incompris et aussi imparfait (une certaine platitude des seconds rôles) qui tel la comédie à l'italienne autrefois parle de choses graves en se moquant gentiment de notre condition humaine.
Julien D
Julien D

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2,0
Publiée le 16/09/2014
Le leitmotiv de la filmographie d’Anne Fontaine qu’est le triangle amoureux se trouve cette fois comme point d’ancrage l’héroïne adultérine du célèbre roman de Flaubert, mais la subtilité de ce scénario est de ne pas transposer littéralement l’action du récit au 21ème siècle mais bien de jouer sur l’obsession que provoque son homonyme chez un pathétique féru de lecture. Le choix de Luchini pour interpréter cet homme fasciné par les écrits de Flaubert pouvait sembler être une évidence de casting mais, au bout du compte, il ne parvient pas à être crédible dans la peau de ce boulanger normand. Face à lui, Gemma Arterton, dont le rôle se limite pourtant à celui d’un objet de fantasme, ne parvient pas non plus à se montrer aussi désirable que dans ses films précédents. Entre eux se créé donc une relation plus qu’ambiguë, basée sur quelques jeux de regard filmés avec subtilité, mais aussi et surtout sur un voyeurisme accompagné d’une voix-off qui, en prenant du recul sur la vie amoureuse de la belle Gemma pour constamment la comparer à son alter-ego littéraire, en gomme tous les enjeux dramatiques. En effet, toutes les relations de cette anglaise, que ce soit ses amours hésitants entre son mari, son ex-fiancé et un jeune charmeur bourgeois (incarné par Niels Schneider, déjà irrésistible dans Les amours imaginaires de Dolan), ou encore son amitié hypocrite avec l’insupportable Elsa Zylberstein, n’ont aucun intérêt puisqu’ils ne passent que par le point de vue extrêmement limité de son voisin monomaniaque, ce qui empêche par conséquent à cette comédie de mœurs d’être un tant soit peu touchante.
adorable
adorable

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4,5
Publiée le 14/09/2014
"Madame Bovary, c'est moi" : cette phrase apocryphe de Flaubert semble avoir beaucoup inspiré la réalisatrice Anne Fontaine. Mise en abîme, détournement de sens, parallèle et confrontation entre situations réelles et situations romanesques, Anne Fontaine a choisi de sortir de sa malle magique toute une batterie de figures de style à l'effet étonnamment drôle pour nous proposer une critique acerbe et ironique des illusions dans lesquelles plongent certains de nos contemporains. Fabrice Luchini joue un de ces urbains qui ont envie de fuir la ville. Quand ils réalisent leur rêve, et s'installent dans la France profonde, c'est aussi pour redécouvrir les joies des professions manuelles. Mais ces urbains en mal de nature n'ont pas toujours réalisé tout ce qu'implique leur nouvelle vie. Et en fuyant l'agitation, que vont-ils réellement trouver ? Sont-ils prêts à la vie provinciale ? Martin fût un éditeur parisien dans une vie précédente. Mais il a décidé d'en changer il y a 7 ans. Aujourd'hui, devenu boulanger, il vit dans une charmante petite ville de normandie avec sa femme et son fils. Mais il s'ennuie. Voilà une perspective dans le programme qu'il ne semblait pas envisager. L'installation d'un couple d'anglais au nom étrangement évoqueur, "Bovery", va venir heureusement bouleverser le cours trop tranquille de sa vie. L'anglaise s'appelle "Gemma" et son mari "Charles". La coïncidence est trop belle pour que notre éditeur ne la remarque pas et pour qu'il ne transforme pas le couple anglais en une résurrection des personnages de Flaubert, qui sont venus s'installer (oh, miracle !), là-même où se déroule le roman. Pour lui, "Madame Bovary, c'est elle" et elle n'a pas oublié de s'encombrer de son mari ! Dès cet instant, Martin observe de près tout ce qui arrive à ses voisins et considère qu'ils ne font que jouer une histoire déjà écrite par l'auteur du roman sus évoqué. Quitte à parfois intervenir dans le scénario de l'histoire pour que la réalité ne fasse pas défaut à la fiction. Mais la véritable Madame Bovary, c'est lui, Martin, et les scénaristes du film, Anne Fontaine et Pascal Bonitzer, ont construit un scénario très subtile où le personnage s'enferme peu à peu dans une réalité qu'il ne peut voir que déformée au travers du roman de Flaubert. Luchini interprète son personnage avec beaucoup de subtilité et est magnifiquement soutenu par le reste de la distribution. A voir absolument.
Estonius
Estonius

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4,5
Publiée le 26/09/2015
Un duo d'acteurs au top avec un Luchini impérial et une Gemma Atterton radieuse au service d'une histoire élégante et intelligente parsemée de quelques bonnes vannes et d'un humour noir assez étonnant. (la fin est grandiose). Ça pèche un peu du côté des seconds rôles et il y a quelques petites imperfections scénaristiques mais sinon ça fait partie des films qui se dégustent.
Pauline_R
Pauline_R

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3,5
Publiée le 06/09/2014
La qualité du film tient en grande partie sur la prestation de Luchini qui trouve là un rôle sur-mesure tout en réussissant à être plus sobre que d'habitude, plus retenu. Malgré une certaine lenteur, le film n'en demeure pas moins plaisant à regarder et bien écrit, parfois sensuel, souvent drôle.
Alexarod
Alexarod

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1,0
Publiée le 23/08/2018
Film français indexé sous le terme fourre-tout « comédie », sauf qu’avec Lucchini c’est toujours différent, et là vu l’histoire c’est encore autre chose. J’avais bien aimé les femmes du 6è, un peu moins Alceste à Bicyclette bien que cela demeure bon pour ce genre de production tant décriée, je tente la passe de 3… Et là non, on retombe dans les travers habituels. Déjà c’est trop porté sur le perso de Flaubert, si vous n’avez pas lu Madame Bovary vous allez passer à côté de certains éléments et ça va être chiant. La trame est quelque peu classique, toutefois le « twist » final sauve un peu l’ensemble mollasson. En cela, avec un rythme qui ne s’emballe jamais, une intrigue inexistante, un intérêt qui ne décolle guère et des dialogues trop communs on en vient vite à décrocher. Si la mise en scène est pas mal car racontée par le héros, il manque certains éléments spoiler: (la rupture de Charlie et Gemma, l’histoire de Martin est zappée en 1 phrase, ce qu’il advient du Cupidon et d’Hervé de Bressigny est passé sous silence etc) . Alors si en plus l’histoire est somme toute plate et banale on a une « comédie » française dans toute sa splendeur. A part ça Gemma Arterton est certes charmante mais son jeu n’est pas toujours juste, son excitation par exemple ne se sent jamais vraiment, son spleen par contre… Quant à Lucchini il est sobre par moments, ce qui va au perso, mais trop emporté à d’autres et là on tombe dans la caricature qu’il singe souvent dans les émissions de variétés. La musique est potable cependant sans intérêt, l’humour est absent au contraire des longueurs habituelles dans ce genre bien franchouillard mais franchement plombant et je me demande toujours à la fin pourquoi on a fait et vu ce film. On est donc devant un long métrage plat dans tous les sens du terme. On s’ennuie, on a une caricature de production française, l’intérêt ne s’éveille jamais et à part remplir des quotas de pellicule on s’interroge sur la nécessité de de tourner ça. En soit, cela pourrait être de profiter de l’intérêt des gens envers Lucchini, un acteur à part, tellement théâtral qu’on a l’impression d’y être en se rendant dans la salle obscure, c’est mince, comme le scénario.
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