Il était l'un des beaux gosses du cinéma des années 80, mais beaucoup l'ignorent, car sa carrière est au plus bas depuis des années. Aujourd'hui âgé de 72 ans, Mickey Rourke s'est fait beaucoup de mal, et sa filmographie en porte les stigmates. Qu'est-il vraiment arrivé à cet acteur dont on pensait qu'il serait aussi marquant pour le cinéma qu'un Robert De Niro ?
Mickey Belle Gueule
Universal Pictures
Boxeur amateur dans sa jeunesse, Mickey Rourke débute sa carrière au cinéma sous la direction de Steven Spielberg dans la comédie de guerre 1941 (1979) puis enchaîne deux petits rôles dans La Porte du paradis (1980) et La Fièvre au corps (1981). Après un rôle majeur dans Diner de Barry Levinson, il est repéré en grand frère du personnage de Matt Dillon dans Rusty James de Francis Ford Coppola et incarne le cousin d'Eric Roberts dans Le Pape de Greenwich Village.
Mais c'est véritablement la fin des années 1980 qui va le consacrer comme une tête d'affiche marquante. Il est détective privé pour Alan Parker (Angel Heart), L'Irlandais pour Mike Hodges, Johnny Belle Gueule pour Walter Hill et surtout, le mystérieux John du thriller érotique 9 semaines 1/2, qui l'iconise. Mais de vulnérable et inquiet à ses débuts, Rourke, au fur et à mesure qu'il gravit les échelons de la célébrité, devient méchant, alcoolique et cocaïnomane.
Les années boxe, et le déclin
En 1991, Mickey Rourke, pour échapper à ses addictions, reprend la boxe, cette fois en professionnel. Au cours de ses années de combat, Rourke est plusieurs fois blessé (nez cassé, langue déchirée ou joue écrasée) et son visage subit durant les années 90 plusieurs opérations de chirurgie esthétique qui changent une partie de son visage.
Pendant qu'il boxe avec ses maux, la décennie 90 de l'acteur est surtout faite de bas : une arrestation pour violences domestiques (accusation plus tard abandonnée), un train de vie délirant et une filmographie des plus décevantes. A partir de Harley Davidson et l'homme aux santiags, un thriller qu'il accepte purement pour raisons financières, c'est la dégringolade. Seuls surnagent L'Idéaliste de Francis Ford Coppola (dans lequel il tient un second rôle) et Sables mortels avec Willem Dafoe.
A cette époque, Mickey Rourke "se déteste" et refuse des rôles qui auraient pu le relancer, tels que celui de Butch (Bruce Willis) dans Pulp Fiction de Quentin Tarantino ou celui de Ringo (Michael Biehn) dans Tombstone.
Morgan Creek Productions
Au début des années 2000, peu de films surnagent, dont les thrillers Animal Factory de Steve Buscemi ou The Pledge de Sean Penn. Il faudra attendre 2005 pour que Rourke retrouve un rôle marquant, et c'est Robert Rodriguez qui le lui confie dans son Sin City (2005), après l'avoir "testé" dans Il était une fois au Mexique... Desperado 2 (2003).
Une renaissance... de courte durée
Wild Bunch
Rourke revient tout de même grâce à The Wrestler, un rôle qui lui ressemble, celui d'un catcheur professionnel que la vie a rincé. Darren Aronofsky redonne à l'acteur une crédibilité qu'il avait perdue, et The Wrestler est salué par la critique comme le public, qui saluent sa performance.
On pense alors sa carrière relancée, mais hormis son rôle de méchant dans Iron Man 2 ou son troisième rôle dans Expendables, Mickey Rourke retombe dans ses direct-to-video sans âme, des films confidentiels et une suite qui fait un flop (Sin City 2). A l'heure de ces lignes, la tendance ne s'est hélas, toujours pas inversée.