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    Au service de la France sur Arte : une saison 2 remaniée autour de l’émancipation de la femme et de la Guerre froide
    Par Maëlle Merle-Delavault — 5 juil. 2018 à 10:00
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    Lancée à compter de ce jeudi 5 juillet sur Arte, la saison 2 d’"Au service de la France" est l’occasion de retrouver nos espions en plein cœur des années 60, malmenés par la modernité et la Guerre froide.

    La chaîne franco-allemande nous propose ce jeudi 5 juillet de retrouver nos agents français pour la saison 2 d'Au service de la France, à raison de 3 épisodes inédits en première partie de soirée, chaque semaine. Pour l’occasion, AlloCiné a rencontré toute l’équipe, qui se dit fière du travail accompli sur cette nouvelle saison.

    Qu’allons-nous voir ?

    Alors que la fin de la saison 1 voyait mourir Merlaux, dans une mise en scène savamment orchestrée ; nous retrouvons l’ancien stagiaire en agent intrépide, libre de ses gestes. Avec le soutien de son ancien chef Moïse, les deux hommes œuvrent dans l’ombre afin de lever le voile sur le passé collaborationniste du colonel Mercaillon. Simultanément, le trio de choc formé par Jacquard, Moulinier et Calot, tente de maintenir le bateau à flot : entre décolonisation et Guerre froide, ils ne sont jamais loin du naufrage. De plus, l’émancipation des femmes, portée ici par Marie-Jo et Irène, l'épouse de Mercaillon, finit de transformer le monde de ces espions, si convaincus du bien-fondé de leurs opinions. En bref : un cocktail qui remet en cause les convictions des uns et des autres, au cœur d’une France gaullienne en pleine crise identitaire.

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    Être un espion français, dans les années 60, n'a pas l'air chose aisée.

    Un renouveau au service du rythme


    Unanime, du producteur aux scénaristes, personne ne voulait opérer une redit de la saison 1, et le manque de rythme qui lui avait été reproché. Pour cela, l’équipe est allée puiser dans la grande Histoire, ce qui avait une résonance dans les personnages, afin de mettre à jour de nouvelles failles. Alors que la saison 1 présentait des personnages ancrés dans leur temps, les nouveaux épisodes, eux, renversent toutes leurs convictions, nous permettant de les découvrir sous un autre jour. De plus, la situation géopolitique, en pleine Guerre froide, induit de nombreux déplacements pour nos agents. Le spectateur est donc invité à voyager avec eux, de l’Algérie à Moscou en passant par Cuba et Berlin. La réalisation, quant à elle, est boostée par Alexis Charrier, qui nous explique qu’il a voulu faire cette série "comme on l’aurait tournée dans les années 60, mais avec le rythme de 2018".

    Du stagiaire décontenancé à l’espion séduisant

    Virage à 360 degrés pour Merlaux qui revient dans cette saison 2 en homme changé. Nous le connaissions ingénu, alors que ces nouveaux épisodes nous présentent un espion sûr de lui, et séduisant. Pour Hugo Becker, il y a un côté "jouissif à faire évoluer du tout au tout un personnage", d’autant plus dans "un projet qui a des valeurs". Alors que ses références étaient plus tournées vers Tintin pour la saison 1, l’acteur s’est ici davantage inspiré du Samouraï et du charismatique Alain Delon. La carrière du comédien est elle au beau fixe, puisque l’on pourra le voir apparaître prochainement dans Le grand Paris, aux côtés de Gilles Lellouche, dans Paradise Beach de Xavier Durringer, ou encore dans une nouvelle série originale Netflix, Osmosis, par le scénariste des Revenants.

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    Hugo Becker alias André Merlaux, en espion confirmé.

    Rôle de choix pour Marie-Julie Baup

    Pour la comédienne, cette saison 2 est aussi synonyme de grands changements. Alors qu’elle campait auparavant le rôle secondaire de Marie-Jo, une secrétaire 'à sa place', en phase avec son époque, ici, son personnage est propulsé au premier plan, afin d'illustrer au mieux l’émancipation de la femme.

    "Chaque réplique est un cadeau"

    Enchantée par cette "direction d’acteur permettant autant de champs des possibles"Marie-Julie Baup a aimé l’évolution de son personnage, notamment en matière de costumes, mais surtout au niveau de l’écriture : selon elle, "chaque réplique est un cadeau" dans le scénario. Plus présente au théâtre, avec notamment "Le prénom", accompagnée, entre autres, de Jonathan Lambert, le spectateur pourra néanmoins retrouver la comédienne sur les écrans, dans Les bonnes intentions, avec Agnés Jaoui et Alban Ivanov.

    Un trio emblématique qui se renforce

    Véritable révélation durant la première saison, le trio d’agents, composé de Jacquard, Moulinier et Calot, est une des grandes réussites du show. Jean-François Halin a pris d’ailleurs un malin plaisir à creuser davantage, puisque "voir ces trois agents, imperméables à tout, à la OSS, avec une sorte de prescience" l’amuse beaucoup. Le but du showrunner est que le spectateur ne sache plus où se mettre face à leurs comportements. Un pari réussi dans ces nouveaux épisodes, où le décalage s’opère de plus belle, entre la sincérité touchante des agents, et leurs discours si politiquement incorrects.

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    Bruno Paviot, Karim Barras et Jean-Edouard Bodziak, alias le trio de choc, en pleine mission.

    Des pistes pour une potentielle saison 3...


    Les scénaristes, déjà inspirés pour une suite, imagineraient bien un saut dans le temps, vers les années 70 : au moment de la conquête spatiale, de la révolution sexuelle, de l’arrivée de drogues et de nouvelles formes de musique. Imaginer ces personnages gominés, confrontés à tous ces changements, semble être propice à une nouvelle écriture "pince-sans-rire", propre à la série.

    Pourquoi regarder cette saison en quelques points :

    • Pour le trio de scénaristes remonté à bloc qui, pour le rappel, est mené par Jean-François Halin à qui nous devons les OSS 117.
    • Pour le travail de reconstitution engagé par les équipes décos et costumes, qui est épatant pour une série française, en vue des budgets.
    • Pour le jeu opéré entre les références historiques et les gaffes des agents, qui laisse à penser que tous les événements les plus notables de cette période, que se soit en Algérie, à Moscou, à Cuba ou à Berlin, sont les fruits de leurs maladresses.
    • Pour les adeptes de la 'chasse aux références', qui pourront s’amuser à retrouver les multiples clins d’œil que les scénaristes ont disséminé un peu partout : d’Hergé, père de Tintin, à Jacques Demy et ses films colorés.
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