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    Amour fou sur Arte : que vaut le thriller hitchcockien avec Clotilde Hesme et Jérémie Renier ?
    Par Jérémie Dunand (@JejeSeries) — 20 févr. 2020 à 09:30
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    Arte diffuse ce soir "Amour fou", sa nouvelle mini-série en trois épisodes portée par Clotilde Hesme, Jérémie Renier, et Finnegan Oldfield. Faut-il regarder ce thriller domestique aux accents "hitchcockiens" et "chabroliens" ? Voilà notre avis.

    Caroline Dubois/Arte
    De quoi ça parle ?

    Rebecca et Romain sont mariés. Un bonheur apparemment sans nuage jusqu'à l'arrivée du frère de Romain, Mickaël et de sa petite amie Émilie. Une nuit, Romain et Rebecca surprennent Mickaël chargeant un tapis roulé dans son coffre. Le lendemain, ils réalisent qu’Emilie a mystérieusement disparu…

    Amour fou (3x52 minutes), créée par Ingrid Desjours.

    Avec Clotilde Hesme, Jérémie Renier, Finnegan Oldfield, et Majda Abdelmalek.

    Jeudi 20 février à 20h55 sur Arte (et déjà disponible en ligne sur arte.tv)

    À quoi ça ressemble ?
    Amour fou - saison 1 Bande-annonce VF

     

    Ça vaut le coup d'oeil ?

    Il est indéniablement question d'amour et de folie dans la nouvelle mini-série d'Arte, mais pas que. Dans un paysage audiovisuel trop souvent saturé de séries policières sans grande saveur et de polars aux ficelles vues et revues, la chaîne nous offre ce jeudi une proposition des plus originales et des plus déroutantes avec Amour fou, un thriller domestique créé par Ingrid Desjours d'après son propre roman Tout pour plaire, paru en 2004. Après une ouverture tendue qui met tout de suite dans l'ambiance, le premier épisode nous plonge dans le quotidien de Rebecca, médecin généraliste de province, qui supporte mal la présence angoissante de Mickaël, le frère de son mari Romain, qui s'est installé dans la maison d'en face avec sa compagne Emilie, avec qui il va bientôt avoir un enfant. Alors qu'elle-même n'arrive pas à en avoir. On sent peu à peu le trouble s'installer dans la vie de l'héroïne (mais n'a-t-il pas toujours été là en vérité ?) puis tout bascule lorsque Rebecca se met à suspecter Mickaël de s'être débarrassé d'Emilie qui a mystérieusement disparu.

    Évidemment, les apparences sont trompeuses et l'intrigue d'Amour fou est bien plus complexe et tordue qu'il n'y paraît. Dans une ambiance qui rappelle à la fois Alfred Hitchcock (avec des références évidentes et assumées à Rebecca de Daphné du Maurier et à l'adaptation signée par le maître du suspense en 1940) et les films de Claude Chabrol, Ingrid Desjours et le réalisateur Mathias Gokalp (Rien de personnel) tissent un récit qui ne cesse de nous surprendre, à base de mensonges, de blessures du passé, et de manipulations perverses. Rien que ça. Réparti sur trois épisodes qui ont chacun leur raison d'être et leur construction propre, le mystère intime du couple Rebecca-Romain se révèle passionnant de bout en bout et impose Amour fou comme l'une des plus belles propositions sérielles récemment vues à la télévision française, malgré une fin qu'on aurait peut-être aimé plus aboutie. Mais on chipote.

    Caroline Dubois

    Récompensée des prix de la Meilleure série, du Meilleur scénario, et de la Meillleure interprétation féminine pour Clotilde Hesme lors du dernier Festival de Luchon, la série doit également beaucoup à ses interprètes, qui donnent merveilleusement corps à ces personnages à la psychologie si tortueuse. Clotilde Hesme (Angèle et Tony, Les Chansons d'amour, Diane a les épaules), que l'on n'avait pas revue à la télévision depuis Les Revenants, dans laquelle elle était déjà bluffante, est parfaite de vérité dans la peau de Rebecca, une femme sujette à des angoisses qui cache des blessures et une détermination insoupçonnées. Ce rôle, qui semble avoir été écrit pour elle, lui permet d'osciller entre un registre fragile et des moments de perversité et de froideur monstrueuses, et mérite à lui seul qu'on se laisse porter par cette mini-série perturbante. Face à elle, les tout aussi rares à la télévision Finnegan Oldfield (Nocturama, Les Cowboys, Marvin ou la belle éducation) et Jérémie Renier (Les amants criminels, Cloclo, Le gamin au vélo) complètent la distribution au diapason de ce cauchemar progressif.

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