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    WandaVision : de The Truman Show à Ma Sorcière bien-aimée, les nombreuses inspirations de la série
    Thomas Desroches
    Thomas Desroches
    -Journaliste
    Les yeux rivés sur l’écran et la tête dans les magazines, Thomas Desroches se nourrit de films en tout genre dès son plus jeune âge. Il aime le cinéma engagé, extrême, horrifique, les documentaires et partage sa passion sur le podcast d'AlloCiné.

    La série originale des studios Marvel, "WandaVision", disponible sur Disney+, se distingue de par sa singularité. Derrière ce concept des plus étranges se cachent de nombreuses inspirations cinématographiques et télévisuelles.

    • WandaVision est disponible sur Disney+

    Attention, cet article révèle des éléments importants sur l'intrigue de la série.

    Proposition radicale et pleine de bizarreries, WandaVision prouve que les studios Marvel peuvent parfois faire preuve d'audace. Oui, au point même de séduire certains de leurs détracteurs. La série réunit le couple Wanda Maximoff/Scarlet Witch (Elizabeth Olsen) et Vision (Paul Bettany) dans un concept singulier. Les téléspectateurs suivent les aventures des deux personnages à travers le format d'une sitcom qui évolue au fil des épisodes. Chaque chapitre se concentre sur une décennie, des années cinquante jusqu'à l'époque contemporaine. L'occasion d'observer l'évolution de la télévision, des représentations hommes-femmes et de la société en général.

    WandaVision abandonne donc le souffle épique des Avengers et autres blockbusters de la franchise pour une ambiance théâtrale, plus intime, aux décors en carton-pâte. Si la déception se fait sentir du côté des adorateurs de scènes spectaculaires et d'effets spéciaux à couper le souffle, d'autres y trouvent leur compte tant la série abonde de références au petit et au grand écran. 

    WandaVision
    WandaVision
    Sortie : 2021-01-15 | 35 min
    Série : WandaVision
    Avec Elizabeth Olsen, Paul Bettany, Kathryn Hahn
    Presse
    3,7
    Spectateurs
    4,0
    Voir sur Disney+

    Au pays des sitcoms

    Revendiquées par les créateurs de la série eux-mêmes, les inspirations commencent avec I Love Lucy, une sitcom précurseur, plus connue aux États-Unis qu'elle ne l'est en France. Porté par la comédienne Lucille Ball, ce feuilleton connaît, de 1951 à 1957, un immense succès grâce à son traitement révolutionnaire de la femme au foyer américaine. Non satisfaite d'être réduite aux tâches ménagères, Lucy souhaite monter sur les planches malgré les réticences de son mari, Ricky (Desi Arnaz). À l'écran, l'héroïne féministe inspire autant qu'elle dérange. 

    Le premier épisode de WandaVision rend hommage au ton décalé du programme culte, notamment au détour d'une scène particulière. Alors que Vision reçoit son patron à dîner pour gagner son approbation, Wanda s'affaire derrière le comptoir de sa cuisine. La situation dégénère aux fourneaux, les convives s'impatientent et Vision enfile le tablier de son épouse pour lui prêter main forte. Un simple détail qui passerait presque inaperçu, pourtant cette image renvoie à l'un des épisodes phares de I Love Lucy dans lequel les personnages échangent leurs rôles. Ricky, tablier autour de la taille, prend possession de la cuisine et prépare le petit déjeuner, tandis que Lucy met les pieds sous la table. Une idée impensable, si ce n'est provocatrice pour l'époque.

    Captures d'écran

    Pour rester fidèle au genre de la sitcom, WandaVision laisse son public s'exprimer. Des éclats de rire se font entendre à chaque réplique humoristique. Afin de ne pas trahir l'authenticité de la série, le premier épisode a été tourné dans les mêmes conditions qu'un programme traditionnel, à savoir en studio devant une véritable audience.

    L'épisode suivant transporte les téléspectateurs dans les années soixante. Il fait écho au Dick Van Dyke Show, diffusé de 1961 à 1966, mais surtout à Ma Sorcière bien-aimée, sitcom très populaire, en Amérique comme en France, visible sur les ondes de 1964 à 1972 - et de 1966 à 1987 dans l'Hexagone. Pour coller à son modèle, WandaVision propose un générique entièrement animé et calque le look et la coiffure de Wanda à ceux de Samantha (Elizabeth Montgomery), elle aussi dotée de super-pouvoirs.

    Découvrez le générique de l'épisode 6 de WandaVision inspiré de Malcolm :

    Intitulé "Dans cet épisode très spécial...", le cinquième chapitre s'attaque aux années 80 et reproduit le style de la sitcom phare de cette décennie, La Fête à la maison. Celle-ci marque d'ailleurs la première apparition des jumelles Mary-Kate et Ashley Olsen, qui ne sont autres que les sœurs ainées d'Elizabeth Olsen, interprète de Wanda. L'épisode suivant, présenté comme un spécial Halloween, emmène les téléspectateurs dans les années 90 avec une ambiance MTV et inspirée par la série Malcolm. Il suffit d'observer le faux générique, rythmé par une musique rock, pour retrouver les nombreuses similarités.

    L'épisode 7, "Briser le quatrième mur", reprend quant à lui les codes des séries des années 2000 comme Modern Family ou The Office, connues pour leur aspect mockumentary, avec caméra à l'épaule, regards et confessions face à l'objectif. L'épisode 8 qui fait un bond en arrière et revient dans le passé de Wanda confirme les nombreuses inspirations citées précédément lorsque son père lui ramène une valise remplie de ses séries préférées. Des DVDs du Dick Van Dyke Show, de I Love Lucy ou encore de Malcolm sont visibles. 

    Une série pour les cinéphiles

    Côté cinéma, les inspirations sont également nombreuses. L'esprit de David Lynch plane au-dessus de la série, tout comme les ressemblances avec Matrix et son univers parallèle. Mais les similitudes avec Pleasantville de Gary Ross sont si évidentes qu'il serait difficile de ne pas les voir et de s'y arrêter. Le film, qui met en scène Tobey Maguire et Reese Witherspoon, raconte l'histoire de David et de sa sœur Jennifer, tous les deux téléportés dans une série télévisée en noir et blanc. Les héros font irruption dans le quotidien des personnages fictifs et s'apprêtent à bouleverser leur vie. WandaVision reproduit un schéma similaire avec son couple prisonnier dans un monde télévisuel loufoque et l'apparition soudaine des couleurs qui viennent trahir leur perception de la réalité.

    D.R.

    L'ambiance paranoïaque et le comportement étrange des voisins évoquent aussi le thriller The Stepford Wives. Adapté du roman de l'écrivain Ira Levin - auteur de Rosemary's Baby -, le film explique comment les hommes de la ville de Stepford transforment leurs femmes en bonnes à tout faire, dénuées de toute intelligence et d'esprit de contradiction. L'attroupement d'épouses dans le deuxième épisode de WandaVision rappelle forcément les angoissantes réunions de ménagères auxquelles assiste Joanna (Katharine Ross) dans le film de Bryan Forbes.

    Qui dit piège et manipulation dit aussi The Truman Show, le classique de Peter Weir. Dans ce drame, sorti en 1998, Jim Carrey incarne un homme dont la vie fait l'objet d'une télé-réalité sans son consentement. Enfermé dans un univers factice, il ne réalise pas que tous les gens qui l'entourent ne sont que des comédiens. Tout comme Truman, le personnage de Vision vit sans le savoir dans un monde virtuel et entièrement controlé par Wanda. 

    Découvrez la bande originale de la série :

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