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Nicolas S
55 abonnés
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4,0
Publiée le 17 septembre 2026
Black Dog est une très belle surprise, car à contre-courant de son esthétique typée réalisme social, il est en fait teinté de fantastique, avec ces plans fréquents d'animaux pris dans ces ruines urbaines censées laisser place à un nouveau projet industriel. Black Dog échappe à toute interprétation univoque, mais il entrouvre un certain nombre d'idées souvent -- mais pas toujours -- intéressantes, qui lorgnent du côté de la fable écologiste (voire animaliste), et semble promouvoir un idéal libertaire qui, de fait, conteste implicitement la politique industrielle du pouvoir chinois.
Black dog ou l'histoire d'errance d'un homme, seul, sorti de prison et d'une rencontre avec un chien errant traqué. Sur un quasi N&B, les décors montagneux, désertiques et d'une ville aux airs abandonnée ajoutent à ce sentiment de déshumanisation et de solitude presque absolues. Deux êtres qui vont s'apprivoiser, réapprendre à vivre, ensemble, malgré les hostilités environnantes et jusqu'à ce que les animaux finissent par prendre le pouvoir. Même si l'allégorie n'est pas inintéressante, à côté, le déroulement de ce scénario est neutre, froid ; dans le fond limité, sans être attachant.
Le film a tout pour être ennuyant mais ne l' est pas du tout même s'il peut être un peu long, ce n'est pas dérangeant. C'est comme une photo artistique animée, les images sont superbes, le film est calme mais pas soporifique. Il n'y a pas de dialogue et pourtant c'est génial. C'est émouvant et beau.
Black Dog suit le retour d’un homme dans une ville chinoise en déclin, où sa rencontre avec un chien errant révèle peu à peu tout un monde mis à l’écart. J’ai beaucoup aimé ce récit sobre, presque silencieux, qui préfère observer les marges plutôt que les expliquer.
Avec ce film, Guan Hu propose un western social et mélancolique, situé dans une Chine en transformation à l’approche des Jeux olympiques de Pékin de 2008. Tourné aux portes du désert de Gobi, dans une ancienne ville industrielle, le film privilégie les silences, les paysages et les gestes plutôt qu’un récit très guidé.
Le film parle avant tout de marginalité, de réinsertion et de solitude. Lang revient dans un lieu qui semble avoir avancé sans lui, avec un passé qui continue de peser sur son présent. La présence du chien agit comme un miroir discret : deux êtres rejetés, observés avec méfiance, dans un monde qui leur laisse peu de place.
Le récit élargit cette marginalité individuelle à celle d’une société entière. À travers cette ville poussiéreuse, presque fantôme, Black Dog montre une Chine périphérique, loin des images de puissance et de réussite. La volonté de débarrasser les rues de leurs chiens errants accompagne un mouvement plus vaste de transformation : hommes, animaux et bâtiments semblent soumis à une même logique, où ce qui ne correspond plus à l’image du progrès devient indésirable.
J’ai trouvé Black Dog très réussi dans ce qu’il cherche à faire. J’ai beaucoup aimé son atmosphère sèche, minérale, silencieuse et désolée, portée par une très belle photographie et une mise en scène sobre mais maîtrisée. Le mélange entre western et drame social fonctionne vraiment bien, tout comme la réflexion sur les laissés-pour-compte d’une Chine en pleine transformation. Le film possède une vraie singularité, celle d’une œuvre visuelle et sensorielle qui raconte autant par ses paysages, ses silences et ses gestes que par son récit.
Cette approche implique malgré tout certaines limites. Le rythme est très posé et contemplatif, ce qui peut créer une forme de distance, avec une émotion toujours très retenue. Les symboles et le propos social ne sont pas immédiatement perceptibles et peuvent sembler diffus. Mais cela participe aussi à la volonté du film : ne pas tout expliquer et laisser les corps, les silences et les espaces parler d’eux-mêmes.
Au final, Black Dog est une œuvre singulière et cohérente, parfois distante, mais dont la beauté sèche accompagne un regard juste sur ceux que le progrès laisse au bord de la route.
Un film inclassable. Un western, un film apocalyptique ou simplement une tranche de vie. Il se situe dans un village aux portes du désert de Gobi, village voué à être détruit afin de laisser la place à des investissements industriels. Et l'ambiance s'en ressent. Pesante, austère, dans une chine encore d'un autre temps. Rencontre entre 2 êtres abimés. Mais la photographie est splendide, le rythme lent est nécessaire même si parfois on aimerait qu'il accélère un peu. Un film d'ambiance qui mérite sont prix "un autre regard" à Cannes.
Un héros solitaire, taiseux et ostracisé. Des paysages désertiques splendides, une ville décrépite vouée à la démolition, des chiens errants partout. Cela ne suffit pas à créer un chef d'oeuvre surtout que l'action est lente mais le charme opère. La rédemption s'opère grâce à l'amour unique des chiens, par-delà la mort.
Au vue de l'affiche du film, j'aurais dû me douter qu'il n'était pas pour moi : des chiens (dont des jappements qui n'en finissent pas) et une moto (et son bruit de moteur). Peu de dialogues, quelques chanson en bande son, et des jappements et des bruits de moteurs. Le scenario enfile les poncifs : le méchant charcutier qui vend des serpents cherche à se venger, la jolie jeune fille cherche l'amour... et les chiens courent toujours. Un personnage principal mutique mais qui aurait gagné à être travailler plus en profondeur : il ne parle pas et n'exprime rien. Une ville en voie de décrépitude, seule subsiste les anciennes échoppes. Heureusement, les images du désert de Gobi et son immensité rocailleuse apportent un epu de vie dans ce film désespérant.
Une chronique sociale mélancolique qui dresse le récit de l’amitié improbable entre un ancien détenu marginalisé et un chien errant dans la Chine désindustrialisée des laissés pour compte.
Un film stéréotypique du cinéma (d'auteur) chinois : de jolis plans, une atmosphère singulière, mais un scénario improductif qui se regarde un peu trop le nombril. Beaucoup d'éléments vont et viennent, parfois sans réel ancrage ni resolution.
Le chien et l’homme se trouvent. Unis par leur solitude. Le film n’est pas très gai. Tout y est terne et triste. Paysages comme personnages. On s’égare vite dans cette ambiance morose.
Black Dog (Gou Zhen) est une excellente surprise et une œuvre d'une grande poésie visuelle. Le
réalisateur Guan Hu nous plonge dans une Chine en pleine mutation, à la veille des Jeux Olympiques de 2008, à travers les paysages désolés et quasi-apocalyptiques d'une ville minière en déclin à la lisière du désert de Gobi. Visuellement, le film est une claque absolue : la photographie est somptueuse et chaque plan large met parfaitement en valeur l'immensité du décor face à la solitude des personnages.
spoiler: L'histoire de ce condamné en liberté conditionnelle et mutique (interprété avec une incroyable retenue par Eddie Peng) qui se lie d'amitié avec un lévrier noir rebelle est d'une pudeur magnifique. Le film évite brillamment le piège du mélo larmoyant ou de la niaiserie. C'est brut, parfois âpre, mais profondément humain. Cette relation entre l'homme et l'animal devient le symbole d'une seconde chance mutuelle dans un monde qui les a tous les deux abandonnés.
Le rythme très contemplatif et quelques petites longueurs au milieu du récit l'empêchent d'atteindre la note maximale, mais l'ambiance unique, la beauté de la mise en scène et la force de ce duo insolite en font un grand moment de cinéma. Un voyage poignant et singulier qui reste en tête bien après le générique. Je recommande vivement !
Comment ce film peut il être au dessus de 4 ? L’histoire est basée sur un scénario stupide doublée d’une image très moche dans ce désert au milieu de nulle part.
Une œuvre à l’esthétique très soignée et une ambiance feutrée malgré un scénario relativement simple. Un excellent film qui mérite d’être regardé et apprécié.
Je suis resté perplexe devant cette histoire de chinois mutique de retour de prison - présumé coupable d’assassinat - qui s’apitoie sur le sort d’un lévrier noir agressif dans une Chine miséreuse aux limites du désert de GOBI. Au bout d’1h 30 interminable, on entendra du Pink Floyd devant une éclipse à 1 semaine des JO de 2008 à Pékin. Et on ne s’étonnera pas qu’un tigre erre dans les rues désertées par les curieux de l’éclipse. Nébuleux et lent : adapté à l’intelligentsia cannoise...