L'actrice à la carrière internationale Hiam Abbass que j'aime beaucoup, ici à contre emploi comme je ne l'avais jamais vue, est drôlissime et s'en donne à cœur joie. Le film est sympathique à voir, entre légèreté et interrogation sur les racines, équilibre fragile entre intégration et trahison à ses origines, au travers du prisme de la nourriture. Plutôt réussi.
Une comédie sympathique, légère, parfois drôle, mais qui finit surtout par révéler une vision très particulière des Franco-Algériens.
Le film traite absolument tout avec distance. Même les tensions familiales spoiler: ou la grossesse de la sœur semblent n'avoir aucune véritable gravité. Les personnages donnent parfois l'impression de savoir qu'ils sont dans une comédie et que, de toute façon, rien de ce qui leur arrive n'aura réellement de conséquences.
Mais ce qui m'a surtout dérangé, en tant que Franco-Algérien ayant grandi dans une culture algérienne, c'est cette représentation presque fantasmée de notre réalité.
Pris séparément, tous les éléments du film peuvent évidemment exister. Mais leur accumulation est troublante : père absent, Mehdi qui boit et vit avec une Française, une sœur qui veut divorcer de son mari algérien, une autre mariée à un Français opposé à la circoncision de leur fils, et une communauté algérienne réunie dans un bar à l'ambiance vulgaire, avec même un sous-entendu autour de la prostitution.
À force, ce n'est plus un portrait, c'est une sélection.
J'ai eu le sentiment que le film gardait l'Algérie pour la couleur, les prénoms et quelques références familiales, tout en supprimant méthodiquement tout ce qui pourrait réellement incarner une continuité culturelle algérienne. L'identité est là comme décor, mais elle ne structure plus rien.
Le résultat ressemble moins à une famille franco-algérienne qu'au fantasme cinématographique d'une famille franco-algérienne parfaitement remodelée pour correspondre à une certaine idée de l'intégration.
Le plus gênant n'est donc pas ce que le film montre, mais tout ce qu'il choisit de ne pas montrer.
Un film agréable à regarder, certes. Mais culturellement, j'y ai surtout vu une caricature policée, artificielle et parfois franchement vulgaire.
Un film sympathique et intéressant qui montre avec légèreté certains problèmes que peut amener les différences culturelles entre certaines communautés. Si on excepte la scène de danse dans le train qui est quand même ´too much’, la réalisation évite habilement de tomber dans la caricature, et on passe un moment agréable, d’autant plus que les acteurs sont plutôt bons.
Ils sont touchants, tous ces personnages du monde de Mehdi. Et bien joués, ce qui ne gâche rien. Du coup, on s'accroche au récit, même s'il part deux ou trois fois un peu en vrille, un peu dans l'excès. A la limite de la caricature, mais sans y basculer totalement. Au final, un bon petit moment, sans surprises.
Un joli film sur les tabous et les non dis avec une touche d'émancipation. Très touchant souvent juste avec de bons acteurs dont la toujours brillante hiam habass. Je conseille.
La Petite Cuisine de Mehdi est un premier film prometteur pour Amine Adjina, qui livre une comédie tendre et lumineuse en forme d’hommage à la culture algérienne, à son sens du partage et à cette cellule familiale aussi protectrice qu’envahissante.
À travers son récit, le film navigue entre transmission des valeurs, poids du mensonge et désir d’émancipation personnelle loin du cocon familial. Un équilibre délicat que le réalisateur aborde avec sincérité, donnant à l’ensemble une vraie dimension feel good qui fait souvent sourire.
Younès Boucif porte le film avec une présence évidente : il y a quelque chose dans son regard et dans son attitude qui capte l’attention. Son jeu manque parfois encore de justesse, notamment dans les scènes les plus émotionnelles, mais son potentiel est indéniable. À ses côtés, Clara Bretheau apporte une énergie qui électrise l’écran et donne beaucoup de relief à leur duo.
Sans révolutionner le genre, le film se suit avec intérêt et confirme un regard de cinéma à surveiller.
Un jeune cuisinier d’origine algérienne ment à sa petite-amie pour ne pas avoir à présenter sa mère dans cette comédie qui évoque le vivre ensemble et le poids des traditions. Le film jongle avec les cultures et les traditions culinaires pour délivrer un message de tolérance certes un peu naïf dans son traitement mais qui fait du bien malgré tout. Dommage pour la réalisation très académique ne mettant pas suffisamment d’impact sur des dialogues pourtant souvent incisifs et pertinents. On apprécie davantage le charme de la distribution faisant preuve de justesse et la générosité d’un propos doux et savoureux au palais.
Que la blanquette à l’Oranaise puisse rabibocher les sentiments, je n’en ai jamais douté . Mais qu’elle émane d’un chef cuisto d’origine algérienne qui ne sait pas cuisiner le couscous, parait plus étrange. Medhi a entendu sa grande amie Souhila. « Elle est bonne ta cuisine, mais où est l’Algérie là-dedans ? » . Alors il a demandé conseil à sa maman, retrouvant à cette occasion la richesse de son pays d’origine, mais aussi la difficulté à l' intégrer à sa vie d’aujourd’hui. En le confrontant aux questionnements de la double culture, Amine Adjina réalise là un premier film en forme de trajectoire identitaire sur laquelle ses mensonges et ses errements préserveront un temps son identité , tout en le ramenant sur son chemin. Léa son amoureuse va donc entendre une histoire à laquelle Medhi parait tout à fait étranger . Ça tient bien sûr de la comédie, mais elle est retore. Bien jouée , bien réalisée, elle donne à voir un autre monde que celui d’une tarte à la crème fouettée sur des grimaces incessantes. Pétillante, elle est salvatrice. Réfléchie, elle est attachante
Mehdi a "le cul entre deux chaises". Lui, le fils d'immigrés algériens est heureux en couple avec une française de souche et pour ne pas peiner sa mère (qui a tendance à en faire des tonnes), il va inventer tout un stratagème dans le but de la préserver. Dans le cas présent, la cuisine est plus un prétexte pour évoquer la difficulté d'une double culture que le thème du film. Bien sûr, certaines scènes sont un peu too much (je pense notamment à la danse du ventre dans le train), et l'on se doute un trop vite de la tournure que va prendre le film. Cependant, l'ensemble n'en demeure pas moins touchant grâce à l'interprétation touchante de Younès Boucif, jeune acteur discret au talent prometteur. Correct.
Un film où l'on passe du rire aux larmes. Très beau film sur le mélange des cultures. On en ressort avec une multitude de couleur et avec l'eau à la bouche.
Avec La Petite Cuisine, Amine Adjina signe un premier long métrage à la croisée de la comédie dramatique et du récit d’identité, porté par Younès Boucif, Clara Bretheau et Hiam Abbass.
Le film repose sur une situation de départ simple mais riche en tensions : Mehdi mène une double vie. D’un côté, il incarne le fils idéal auprès de sa mère Fatima, dans un cadre familial marqué par des attentes culturelles fortes. De l’autre, il construit en secret une relation avec Léa et nourrit une passion assumée pour la gastronomie française, qu’il exerce comme chef dans un bistrot.
Ce dédoublement identitaire constitue le cœur du récit. Mehdi tente de concilier deux mondes qui peinent à coexister : celui de ses origines et celui de ses aspirations personnelles. L’arrivée d’un élément déclencheur — l’exigence de Léa de rencontrer sa mère — fait basculer cet équilibre fragile.
Amine Adjina construit alors un scénario fondé sur l’escalade. Acculé, Mehdi choisit une solution qui va amplifier les tensions, révélant progressivement les contradictions du personnage. Le film explore ainsi la difficulté à assumer ses choix, mais aussi les mécanismes du mensonge, souvent motivés par la peur de décevoir.
La cuisine, loin d’être un simple décor, joue un rôle structurant. Elle devient un espace de projection, de liberté et de création, en contraste avec le cadre familial, plus contraint. Le bistrot incarne ce que Mehdi cherche à construire, tandis que la table familiale reste le lieu des attentes et des non-dits.
Le film s’inscrit dans une tradition du cinéma français contemporain qui interroge les questions d’identité, de transmission et d’intégration, sans discours démonstratif. Le ton oscille entre légèreté et tension, avec une attention particulière portée aux interactions entre les personnages.
La présence de Hiam Abbass apporte une densité supplémentaire au rôle de la mère, figure à la fois aimante et exigeante, qui cristallise les enjeux du récit.
Avec La Petite Cuisine, Amine Adjina propose un film ancré dans le réel, où les conflits intimes prennent une dimension universelle.
Un premier long métrage maîtrisé, qui aborde avec justesse les tiraillements identitaires et la difficulté de trouver sa place entre héritage et désir personnel.
J’ose à peine mettre la moyenne trop de choses dérangeante qui viennent gâcher le reste . Au finale, peu de cuisine , beaucoup de mehdi et de folklores dont on se serait bien passé.