Jusqu’à maintenant, le nom d’Amine Adjina était inconnu dans le monde du cinéma français. Issu du théâtre, il s’est lancé avec La petite cuisine de Mehdi, sans même un court-métrage à son actif. Nul doute, cependant, que ce premier film devrait trouver son public, comme une évidence, tellement sa légèreté et surtout sa chaleur méditerranéenne sont mitonnées avec une intelligence malicieuse et un amour de ses personnages qui ne se dément jamais, en dépit des petits arrangements avec la vérité que chacun d’entre eux s’octroie, moins par goût du mensonge, que par désir de protéger ses proches, à l’image de Mehdi aux prises notamment avec une mère d’origine algérienne conservatrice, pour le dire simplement. Son expérience du théâtre sert au cinéaste dans des scènes irrésistibles où le spectacle familial profite à un public ébahi, que cela soit dans un restaurant ou dans un train. Avec des dialogues ciselés et un sens du rythme soutenu, La petite cuisine de Mehdi flatte le palais sans prétention et procure le même plaisir de l’instant pris devant un repas cuisiné avec amour. De bons ingrédients, assurément, qui bénéficient en plus d’une épice craquante, à savoir l’immense Hiam Abbass, impériale dans un rôle flamboyant.
Pour sa première réalisation, le comédien Amine Adjina n'a pas choisi la facilité : son premier film est une comédie. Entendons nous bien : pour beaucoup de réalisateurs, faire une comédie EST une solution de facilité. Si possible, une comédie bien lourdingue avec l'espérance, malheureusement souvent réalisée, de faire un carton en terme d'entrées. Mais si votre but est de contenter le monde si difficile des cinéphiles avec une comédie qui évite les gags et les situations bien grasses, alors là, oui, faire une comédie n'est pas sans risque. Heureusement pour lui (et pour les spectateurs !), Amine Adjina a réussi son coup. Il nous transporte à Lyon, une ville qui prétend être la capitale de la gastronomie française, voire mondiale (personnellement, je préfère la cuisine du sud-ouest !) et nous fait rencontrer Mehdi, un jeune chef cuisinier aux origines algériennes mais tellement bien intégré que, dans le restaurant où il travaille, on ne sert ni couscous, ni chorba. Bernard, le propriétaire du restaurant s'apprêtant à passer la main, l'objectif de Mehdi et de Léa, sa petite amie qui travaille dans le même restaurant, c'est de le reprendre. spoiler: Un objectif qui devrait être atteint avec l'aide financière de Christophe et Sylvie, les parents de Léa qui ont beaucoup de sympathie pour le couple formé par leur fille et Mehdi. Par contre, l'existence de ce couple n'a toujours pas été révélée à Fatima, la mère de Mehdi. Il faut dire que la pauvre a déjà eu suffisamment de soucis avec ses filles : une fille qui divorce parce que son boucher de mari la trompe ; une fille dont le mari n'accepte pas la circoncision du fils ; une fille étudiante qui se retrouve enceinte hors mariage. Pour Fatima, celle que Mehdi doit épouser est toute trouvée, il s'agit de Amel, une jeune femme ayant les mêmes origines que Mehdi. Dans ce contexte, Mehdi ne se sent pas capable de parler de sa liaison avec Léa à sa mère et, d'un autre côté, aimerait bien présenter une mère à Léa. Une idée aussi sotte que grenue va germer dans son esprit et va amener un tas de situations drolatiques bien mises en scène par Aline Adjina. Il y a même une scène de danse du ventre collective se déroulant dans un train qui, mise entre certaines mains, aurait été une véritable catastrophe et qui passe très bien dans "La petite cuisine de Mehdi". Dans son premier grand rôle au cinéma, Younès Boucif incarne Mehdi à la perfection. A ses côtés, Clara Bretheau n'est pas en reste et Hiam Abbass fait preuve d'un talent pour le comique qu'on ne soupçonnait pas. Film vu aux Rencontres cinématographiques de Cannes.
Poussé par le bouche-à-oreille et les bons échos, je suis allé découvrir « La Petite cuisine de Mehdi » (ou « Spices and Lies », dans la version internationale, titre très parlant sur les enjeux du film) et je ne regrette pas mon choix : ce premier film d'Amine Adjina montre bien la difficulté d’assumer une double culture et les tiraillements qu’il peut y avoir entre celles-ci et surtout la difficulté de s’affirmer, contre l’environnement familial. Entre ce film et « La Petite Dernière », sorti il y a quelques semaines, on sent que certains auteurs, par leurs histoires vécues, ont besoin d’exprimer l’indicible dans leur milieu social et cela fait du bien que cela sorte enfin. C’est très bien joué et cette comédie à base de petits mensonges qui, comme la boule de neige qui roule, ne vont aller qu’en grossissant, est un réel plaisir de situations qui ne sont pas vécues de la même façon par tous, selon la culture d’origine de chacun et sa capacité d’adaptation à son pays d’adoption.
Hormis les décors et les costumes, tout est mauvais, à commencer par les dialogues, ridicules, clichés, en plus d'un jeu médiocre tous azimuts. L'humour, quand il est présent, ne passe pas. Tout sonne faux et creux, même les séquences graves. Les plans sont laids ou trop esthétisés, ça filme trop près ou à l'épaule en bougeant sans cesse ou parfois à la mauvaise place. La musique arrive artificiellement. La lourdeur des soi-disant référents culturels, qui s'alignent à coup de marteaux sans originalité, plombe l'ensemble. Impossible de rentrer dedans comme d'y croire. Les personnages s'enchaînent dans des échanges plaqués, les scènes se suivent sans logique ni fluidité. Il n'y avait personne dans la salle. Parti avant la fin.
Un film qui peine à trouver le goût de l’humour ou de l’émotion. Les sketches sont plats, les personnages caricaturaux, et l’ensemble donne une impression de répétition et de vide. Une expérience insipide et rapidement oubliable.
Mehdi (Younés Boucif) vit entre deux mondes soigneusement cloisonnés. D’un côté, son travail dans un restaurant « bistronomique » à Lyon, et ses amours avec Léa (Clara Bretheau). De l’autre ses origines algériennes, sa mère et ses trois sœurs. Que dire à Léa qui veut à tout prix rencontrer sa famille ? Que dire à sa mère qui vit très mal que son fils ne l’ait jamais invitée dans son restaurant ?
La réponse à ces deux questions semble aller de soi : dire la vérité. Mais, si le scénario suivait cette voie, il n’y aurait pas de film. Aussi les scénaristes en ont-ils soufflé une autre à Mehdi : il demande à Souhila (Hiam Abbas), la patronne d’un troquet algérien dans son jus où il a ses habitudes, de jouer le rôle de sa mère.
De ce point de départ, dépourvu de la moindre crédibilité, naît une série de quiproquos qui se voudraient drôles mais qui le sont rarement et qui conduisent le malheureux Mehdi à s’enferrer de plus en plus dans ses mensonges. Comme de bien entendu, l’imbroglio se résoudra et, à la fin, comme dans un "Astérix", tout le monde se réconciliera autour d’un grand banquet.
Si l’on était pédant, on dirait de "La Petite Cuisine de Mehdi" qu’il dissèque les questionnements identitaires des immigrés de la seconde génération, à cheval entre leurs racines maghrébines et leur intégration en France. Ce serait faire trop d’honneur à cette comédie franchouillarde, qui se démodera bien vide. Seule l’interprétation joyeusement loufoque de Hiam Abbas réussit à la sauver du naufrage.
"La petite cuisine de Mehdi" assez bien noté par la critique, est une comédie dramatique à la française qui fait du bien. Amine Adjina, pour son premier long-métrage, propose aux spectateurs une intrigue contemporaine qui aborde les faux-semblants, le choc culturel dans notre société, ainsi que les tensions générationnelles entre l'ancienne et la nouvelle génération issue de l'immigration. Au cœur de tout cela se trouve la passion d'un jeune Algérien, brillamment interprété par Younès Boucif (potentiellement nommé aux César dans la catégorie jeune espoir masculin), bien épaulé par Hiam Abbass. Au final, j'ai vraiment apprécié ce film qui navigue entre sérieux et légèreté.
Un petit bonheur cette comédie. Je n’avais pas autant ri depuis le sens de la fête. L’acteur principal est touchant, il essaye de ménager sa mère comme il peut. Une magnifique découverte à découvrir pendant les fêtes. Quel bonheur de rire à gorge déployée. Allez-y en famille
Cette sympathique comédie est agréable et pleine de surprises. Dans ce film, on parle de cuisine au sens propre et au sens figuré avec les mensonges et mises en scène de Mehdi destinés à masquer les préjugés. Le réalisateur, dont c’est le premier long métrage, a su manier et « cuisiner » tout cela avec talent et y dégager beaucoup de fraîcheur et de naturel que ses actrices et acteurs restituent merveilleusement. Ce film fait vraiment du bien.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 20/11/2025 au Club Marbeuf à PARIS)
Medhi vit une vie paisible. Cuistot d’une brasserie qu’il s’apprête à reprendre avec sa compagne, il est comblé. Jusqu’au jour où cette dernière cherche à rencontrer sa belle famille. Un mensonge vient compliquer la vie du jeune homme. C’est très convenu, et les quelques scènes d’émotions sur ses origines ne sauvent pas un film rempli de maladresses.
Une superbe comédie sur les double identitiés acquises via l'immigration famililale et l'immersion dans la société française avec ici un métier tellement français...cuisinier. Hiam Abbass est EXCEPTIONNELLE en maman "larger than life" et on se prend à rentrer dans cette comédie sentimentale qui livrera des rebondissements et une belle fin pleine d 'optimisme
Le synopsis m’a interpellé mais dès les premières minutes j’ai compris que la suite serait ennuyeuse et cela se confirma. Je m’attendais à ce que la « Cuisine » soit porteuse d’émotions, de découvertes, de rapprochements mais rien de cela, le scénario étant vide de sens, plein de quiproquos niais à tout va, … avec quelques rares dialogues subtils. Ce film caricatural et « indigeste » révèle la vacuité de l’histoire et l’immaturité de la réalisation.
De mensonges en quiproquos, ce qui amuse au début finit par nous ennuyer ferme, sans doute à cause de ces ruptures de rythme dont les comédies françaises sont hélas coutumières et de cette triste habitude d'étirer un scénario plutôt que préférer l'efficacité. Dommage car le sujet était alléchant.
Semaine du Festival de Muret : besoin de rire certainement en ce mois de novembre... et focus pour moi sur les comédies et les premiers films, les deux en plus pour le réalisateur très talentueux : Nous ne sommes pas au théâtre et pourtant il s'agit là d'une comédie bien enlevée ! avec beaucoup d'humour, de légèreté et de sensibilité liés aux dialogues et situations déroulés jusqu'au bout ! Je tiens à préciser, car il est parfois des comédies difficiles à finir qu'ici le rythme, les rires et émotions sont magistralement servis et ne tombent pas à plat JAMAIS ! Un régal !