Garance
Note moyenne
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325 critiques spectateurs

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Benoit C.
Benoit C.

5 abonnés 59 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 septembre 2026
On ne soulignera jamais qu'assez le travail réalisée sur Garance avec le maquillage, la performance d'Adèle et de Sara, malgré tout elle porte un peu le film à bout de bras. Le scénario n 'est pas si étoffé que ça.
Pedro Miguel Pauleta
Pedro Miguel Pauleta

9 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 septembre 2026
Finesse de l’écriture, interprétation magistrale d’Adèle Exarchopoulos, et une lumière rare malgré la dureté du sujet.
Jeanne Herry nous ramène chaque fois à la tendresse en nous plutôt que de cultiver le chaos.
Niggers
Niggers

3 abonnés 39 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 septembre 2026
Un joli film, une belle performance d’actrice. Mais je n’ai jamais été impacté. Je n’ai pas senti les embruns de l’alcool, sa lourdeur, sa folie, son emprise, sa lâcheté , sa mort . Joli mais j’espérais plus de la grande Jeanne Hery
Cam Pattier
Cam Pattier

26 abonnés 287 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 septembre 2026
Une découverte plutôt intéressante.
J’ai beaucoup aimé suivre Garance et voir petit à petit la place que l’alcool prend dans sa vie.
Adèle Exarchopoulos est vraiment excellente et porte clairement le film.
J’ai aussi beaucoup aimé Sara Giraudeau et la relation entre leurs deux personnages.
Le film arrive à parler de l’alcoolisme sans être constamment dans quelque chose de très sombre, avec pas mal de moments assez drôles.
J’ai aimé suivre les différentes étapes de la vie de Garance, entre son travail, ses relations et tout ce qu’elle traverse.
Certaines scènes sont vraiment touchantes et j’ai bien aimé le côté assez humain du film.
Par contre, j’ai trouvé le film un peu long et certains passages deviennent assez répétitifs.
La fin m’a aussi semblé un peu trop rapide et facile par rapport à tout ce que le personnage traverse.
Mais ça reste un film intéressant, surtout pour la performance d’Adèle Exarchopoulos.
Lou
Lou

1 abonné 36 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 septembre 2026
Le film Garance nous met face à l’inconfort et le tabou qu’est l’alcoolisme dans notre société et notre incapacité à le nommer et le prendre en charge (tant médicalement que relationnellement). Et cette représentation est nécessaire mais elle manque peut être de véracité et de profondeur, notamment sur le parcours de guérison (très peu de personnes s’en sortent sans passer par des groupes de paroles, le sevrage de l’alcool peut être fatal, etc), ce qui laisse certains passages un peu frustrants et manquant de profondeur et de détails (on aurait aimé que le film reste un peu plus longtemps sur la phase de guérison).
Le personnage de Pauline est d’une douceur et d’un appui incroyable, et vient rythmer le film avec cette tendresse lesbienne qu’il est bon de voir sur grand écran.
Alain
Alain

4 abonnés 43 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 septembre 2026
Il s'agit d'un film sombre, d'une oeuvre " coup de poing " d'où on sort un peu remué....
Sa réussite doit beaucoup à l'interprétation d'Adèle Exarchopoulos, qui incarne une actrice précaire et alcoolique, avec une intensité très juste.
Juste un petit bémol : j'ai trouvé le dénouement du film un peu trop expéditif.
Bastien E.
Bastien E.

9 abonnés 64 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 septembre 2026
Un beau film, juste et réaliste sur la dépendance à l'alcool.
L'interprétation globale est très bonne.
On ne s'ennuie jamais pendant ces presque 2 heures, encore une réussite de Jeanne Henry.
Prad Bitt
Prad Bitt

10 abonnés 237 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 septembre 2026
L'alcoolisme à travers le portrait de Garance, brillamment interprétée par Adèle Exarchopoulos. Le sujet est très intelligemment traitée. C'est fin, drôle et plein de poésie.
Donovan Piel
Donovan Piel

3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 septembre 2026
Époustouflant et captivant
Sa donne à réfléchir sur le sujet de l’alcoolisme
Les acteurs sont formidables
Patrick Witasse
Patrick Witasse

8 abonnés 102 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 septembre 2026
Un film sur l’alcoolisme avec 2 actrices qui portent le film, le
seul bémol est qu’on a du mal à croire à cette histoire mais quelles actrices ! Sans compter les rôles secondaires, la sœur la mere et l addictologue. Et bien ça suffit à faire un bon film.
Wouppa
Wouppa

4 abonnés 140 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 septembre 2026
Observation d'une douce chute dans l'alcoolisme, des impacts dans la vie quotidienne et avec les autres. Adèle E. fidéle a elle même, elle ne surprend pas mais elle parfaite dans son rôle, son énergie rythme le film. film a voir.
Margot Aumaitre
Margot Aumaitre

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 septembre 2026
Intense mais doux à la fois. Le sujet est traité avec intelligence et positivité, sans jamais en faire trop. Porté par une Adèle Exarchopoulos extraordinaire, comme d’habitude.

Bravo à Jeanne Herry, qui réussit une fois de plus à faire de son film un véritable chef-d’œuvre, tout en abordant avec justesse des sujets de société essentiels.
Lolo38
Lolo38

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 septembre 2026
Une pure merveille les actrices sont justes fantastiques
Une très belle approche de l’addition à l alcool
Theo
Theo

44 abonnés 1 092 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 septembre 2026
Il y a quelque chose de profondément juste dans la manière dont *Garance* refuse de faire de l’alcoolisme un spectacle. Jeanne Herry ne filme pas une chute vertigineuse, encore moins une succession de scènes à performance où l’ivresse deviendrait le prétexte à toutes les démonstrations. Elle regarde une femme vivre. Une femme qui travaille, aime, plaisante, déménage, rencontre, désire, traverse les fêtes et les angoisses, avance parfois avec une énergie formidable tandis qu’une dépendance s’installe dans les interstices de son existence. C’est précisément parce que Garance continue longtemps à fonctionner que le film trouve sa singularité : l’alcool n’interrompt pas immédiatement la vie, il s’y mélange, jusqu’à devenir presque impossible à distinguer d’elle.

Ce choix convient idéalement à Adèle Exarchopoulos, dont la présence donne au film une grande partie de sa puissance. Elle possède cette faculté assez rare de laisser cohabiter plusieurs états contradictoires sans avoir à les souligner : l’assurance et la fragilité, la drôlerie et l’épuisement, la sensualité et la honte, l’envie d’être entourée et le besoin de disparaître quelques instants du regard des autres. Elle ne « joue » jamais l’alcoolisme comme une collection de signes extérieurs ; elle fait surtout sentir la nécessité du verre, la place qu’il occupe dans la mécanique intime du personnage, ce moment presque imperceptible où le plaisir devient recours, puis où le recours commence à gouverner le reste. Son interprétation est d’autant plus forte qu’elle préserve constamment Garance de la définition unique que pourrait lui imposer le sujet du film.

Jeanne Herry a d’ailleurs l’intelligence de ne pas construire son héroïne comme un cas à étudier. Garance est actrice, et cette profession nourrit subtilement tout le récit : attendre qu’on vous choisisse, dépendre du désir d’autrui, devoir paraître disponible, séduisante, vivante, traverser l’incertitude tout en donnant l’impression de maîtriser son existence. Le métier n’est pas seulement un décor ; il prolonge en sourdine la question centrale du film, celle de la représentation de soi. Garance sait jouer. Elle sait donner le change. Et Herry comprend combien il peut être troublant de regarder quelqu’un continuer à rire, travailler et aimer alors même qu’un déséquilibre grandit sous la surface.

La construction sur plusieurs années permet à cette évolution de rester progressive. Le temps passe par ellipses, les situations changent, les lieux et les relations se déplacent, tandis que certains gestes demeurent. Cette manière de faire sentir la durée plutôt que de la surligner donne au film son mouvement particulier, presque romanesque : on n’assiste pas tant à une intrigue qu’à un morceau de vie suffisamment vaste pour que les événements importants côtoient les détails apparemment anodins. Le montage accompagne bien cette ambition, avec une circulation fluide entre les périodes et une attention aux répétitions qui modifient progressivement notre regard. Un geste qui semblait banal peut devenir inquiétant sans que la mise en scène ait besoin de le désigner comme tel.

C’est aussi un film étonnamment vivant pour un sujet qui aurait facilement pu entraîner Jeanne Herry vers une gravité uniforme. L’humour, les conversations, les fêtes, les maladresses, le désir et une véritable sensualité empêchent *Garance* de devenir un dossier clinique déguisé en fiction. Cette vitalité produit même l’un de ses paradoxes les plus intéressants : plus l’héroïne rayonne, plus ce qui la fragilise devient difficile à regarder. Herry comprend que la dépendance n’annule ni l’intelligence, ni le charme, ni l’amour, ni la capacité au bonheur. Elle peut cohabiter avec eux.

La relation entre Garance et Pauline constitue à ce titre le cœur émotionnel du film. Sara Giraudeau joue sur un registre presque inverse de celui d’Exarchopoulos : moins de débordement, davantage de retenue, une douceur qui n’a rien de passif. Leur alchimie fonctionne parce que le scénario ne transforme pas leur histoire en dispositif thérapeutique. L’amour n’y possède aucun pouvoir miraculeux. Il peut accueillir, accompagner, offrir un espace où déposer momentanément les armes ; il ne suffit pas à abolir ce qui relève d’une lutte plus profonde. Cette absence de jugement donne à leur relation une belle maturité et permet à Herry d’aborder la sexualité de Garance comme une véritable ouverture de son existence plutôt que comme un simple élément scénaristique.

Tout n’atteint pourtant pas cette finesse. Le film est souvent meilleur lorsqu’il laisse ses personnages exister que lorsqu’il entreprend de commenter ce qu’ils vivent. Jeanne Herry possède une grande confiance dans la parole, parfois davantage que dans les silences qu’elle sait pourtant admirablement créer. Certaines scènes explicatives semblent ainsi vouloir garantir que la mécanique de l’addiction, les responsabilités de chacun ou les implications émotionnelles d’une situation ont bien été comprises. Or *Garance* est suffisamment précis dans son observation pour ne pas toujours avoir besoin de cette pédagogie. À plusieurs reprises, le dialogue verbalise une idée que le jeu d’Exarchopoulos ou la mise en scène avaient déjà rendue parfaitement sensible.

Cette tendance rejoint une faiblesse plus générale de l’écriture : le désir de tout embrasser. Sur huit années, Jeanne Herry veut raconter le travail, la famille, l’amour, l’amitié, la maladie, la sexualité, l’angoisse, la précarité affective et professionnelle, le rapport au corps, la dépendance et la transformation d’une femme. Cette ampleur donne au film sa richesse, mais aussi quelques passages où l’accumulation paraît trop organisée pour rester entièrement organique. Les correspondances thématiques sont parfois tellement bien disposées qu’on en perçoit le mécanisme. Là où le meilleur de *Garance* donne la sensation d’une existence imprévisible saisie au vol, certaines articulations rappellent soudain qu’un scénario veille à ce que chaque élément trouve sa fonction.

La mise en scène elle-même oscille entre une vraie liberté et une certaine sagesse. Antoine Cormier accompagne les corps avec beaucoup de proximité sans chercher à esthétiser artificiellement leur vulnérabilité, et Jeanne Herry sait créer une énergie collective très naturelle, notamment lorsque plusieurs personnages occupent le même espace. Mais on aimerait parfois que cette matière déborde davantage la structure, que le film accepte de devenir aussi instable que son personnage. Il approche régulièrement quelque chose de plus rugueux, de plus vertigineux, avant de retrouver une forme très maîtrisée qui rassure autant qu’elle limite son pouvoir de sidération.

Ces réserves empêchent *Garance* d’être tout à fait le grand film fiévreux que son sujet, son actrice et certaines de ses scènes laissent entrevoir. Elles n’effacent cependant jamais la qualité du regard porté sur son héroïne. Jeanne Herry refuse aussi bien la condamnation que l’excuse, le misérabilisme que la fascination romantique pour l’autodestruction. Elle filme une personne avant de filmer un problème, et cette priorité change presque tout.

*Garance* reste ainsi un beau portrait de femme, ample, sensible et remarquablement incarné, dont les imperfections proviennent souvent de sa propre générosité : vouloir expliquer après avoir compris, relier après avoir observé, embrasser tant de dimensions qu’elles ne trouvent pas toutes la même profondeur. Mais lorsque Jeanne Herry cesse de guider notre regard et se contente de laisser Adèle Exarchopoulos devant sa caméra, le film touche quelque chose de beaucoup plus simple et de beaucoup plus troublant : la possibilité qu’une personne puisse être simultanément pleine de vie et en train de s’abîmer. C’est dans cet espace contradictoire, entre l’élan et la dépendance, la lumière et l’usure, que *Garance* trouve sa vérité la plus belle.

Spoilers:

spoiler: Il y a, dans *Garance*, une idée particulièrement juste : l’alcoolisme ne commence pas au moment où quelqu’un s’effondre. Il commence bien avant, lorsque tout fonctionne encore. Garance travaille, joue, séduit, plaisante, déménage, tombe amoureuse, accompagne les siens, traverse les fêtes et les lendemains difficiles ; elle est vivante, drôle, parfois épuisante, mais rien ne permet d’abord de la réduire à son addiction. Jeanne Herry choisit ainsi d’étaler son récit sur huit années et d’observer moins une « descente aux enfers » qu’une contamination progressive du quotidien, jusqu’au moment où ce qui servait à tenir devient précisément ce qui menace de tout faire tomber. C’est la principale réussite du film : l’alcool n’y constitue presque jamais un événement spectaculaire. Il est une présence. Un verre au bord d’une table, une bouteille ouverte machinalement, une soirée prolongée, un réveil douloureux, un retard, une phrase oubliée ; puis, peu à peu, la nécessité derrière le geste. Cette progression épouse admirablement Adèle Exarchopoulos. Son interprétation impressionne justement parce qu’elle refuse la composition démonstrative de « l’alcoolique ». Garance ne titube pas à chaque scène, ne transforme pas chaque ivresse en morceau de bravoure et conserve longtemps une efficacité presque insolente. Exarchopoulos fait plutôt sentir les décalages : une intensité légèrement excessive, la parole qui prend davantage de place, la fatigue qui s’imprime sur le corps, l’agressivité qui surgit une seconde trop vite, puis surtout cette manière de chercher le prochain verre comme si elle rétablissait, grâce à lui, une température intérieure supportable. Même lorsqu’une nuit se termine dans la violence d’un réveil au dépôt de bus, le film ne fait pas de cet épisode un point de non-retour commode. Garance repart. C’est précisément le problème. Elle repart toujours. Jeanne Herry trouve pour raconter cela une forme étonnamment mobile. Les appartements, les théâtres, les studios de doublage, les fêtes, l’hôpital, les lieux de travail se succèdent avec une profusion qui donne à Garance l’impression de traverser continuellement sa propre existence sans jamais pouvoir s’y arrêter. Le montage de Laurence Briaud participe beaucoup à cette sensation : les années passent, les lieux changent, les relations se déplacent, mais certains gestes reviennent et finissent par acquérir un poids que le film n’a plus besoin de souligner. C’est là que la mise en scène est la meilleure, lorsqu’elle accepte de laisser la répétition produire elle-même le malaise. Garance boit, puis boit encore ; ce n’est pas l’ampleur du geste qui change, c’est notre perception de celui-ci. Le film sait alors rendre inquiétant ce qui demeurait quelques séquences auparavant parfaitement banal. La rencontre avec Pauline déplace intelligemment le récit. Sara Giraudeau compose un contrepoint magnifique à l’énergie presque centrifuge d’Exarchopoulos : quelque chose de calme, de doux, mais jamais d’inerte. Leur histoire fonctionne parce que Pauline n’est pas construite comme la récompense morale qui attendrait Garance au bout de sa guérison. Elle l’aime avant, pendant, malgré. Elle comprend aussi progressivement qu’aimer quelqu’un ne donne aucun pouvoir magique sur sa maladie. L’une des nuances les plus touchantes de *Garance* tient précisément à cette dissociation entre amour et sauvetage : Pauline peut acheter de l’alcool pour celle qu’elle aime, supporter, attendre, accompagner, mais elle ne peut pas décider à sa place. Cette relation apporte au film ses moments les plus sensuels et les plus tendres sans faire disparaître la honte de Garance, notamment lorsqu’elle découvre qu’être aimée entièrement signifie aussi être vue entièrement. Sara Giraudeau ne cherche jamais à concurrencer la puissance de sa partenaire ; sa retenue lui donne au contraire une présence considérable. Le film est moins convaincant lorsqu’il ne fait plus suffisamment confiance à cette précision. Jeanne Herry possède un goût évident pour l’explication, et certaines consultations médicales ou discussions autour de l’addiction ont beau être crédibles, elles donnent parfois l’impression que le scénario veut s’assurer que le spectateur a bien compris ce que les scènes précédentes avaient déjà parfaitement montré. Le parallèle avec la maladie de la sœur de Garance pose un problème voisin. Sur le principe, confronter une femme qui détruit malgré elle un corps encore capable de vivre à une sœur dont le corps est attaqué indépendamment de toute volonté ouvre un vertige moral extrêmement fort. Mais le rapprochement devient parfois si explicite qu’il perd une partie de son pouvoir. Lorsque la leucémie, les traitements, l’alcoolisme et la menace qui pèse finalement sur le foie de Garance convergent, l’écriture paraît momentanément disposer ses éléments avec un peu trop de netteté. C’est une limite récurrente de *Garance* : Herry sait admirablement observer, mais elle éprouve parfois le besoin de conclure elle-même ce qu’elle vient d’observer. Sa générosité envers ses personnages est incontestable ; elle devient occasionnellement une forme de protection. Le récit approche plusieurs fois des endroits autrement plus inconfortables — la culpabilité de l’entourage, l’épuisement de Pauline, l’absurdité d’une dépendance qui survit même au bonheur, la possibilité concrète de mourir — avant de revenir vers une dramaturgie de la réparation plus balisée. Le dernier mouvement, notamment, condense la décision de vivre, le sevrage et la reconstruction avec une efficacité émotionnelle réelle, mais presque trop harmonieuse après avoir passé autant de temps à montrer combien l’addiction échappe justement aux progressions bien ordonnées. Le film reste lucide sur la persistance du désir de boire ; il aurait gagné à conserver jusqu’au bout davantage de cette inquiétude. Mais ces réserves n’annulent jamais ce que *Garance* réussit de plus précieux : faire d’une addiction non pas l’identité d’un personnage, mais une force qui modifie insidieusement toutes les autres dimensions de cette identité. Garance demeure actrice, amante, sœur, fille, amie ; elle demeure drôle jusque dans l’angoisse, désirante jusque dans la honte, capable d’une énergie prodigieuse alors même qu’elle organise chaque journée autour de ce qui l’abîme. Le choix du métier de comédienne devient d’ailleurs particulièrement pertinent : Garance passe son temps à entrer en scène, à dire un texte, à donner le change, à recommencer une prise. Son alcoolisme possède quelque chose de cette représentation permanente. Elle peut longtemps jouer celle qui va bien parce qu’elle n’a jamais entièrement cessé d’aller bien. C’est aussi pourquoi Adèle Exarchopoulos donne au film son unité profonde. Dans une œuvre volontairement foisonnante, parfois trop explicative, son visage maintient constamment ensemble ce que le scénario menace par instants de séparer : la joie et la détresse, la force et la dépendance, le désir de vivre et l’habitude de se détruire. Jeanne Herry ne signe pas tout à fait le grand film vertigineux que cette matière pouvait contenir ; elle en maîtrise trop soigneusement les issues, explique parfois ce qu’elle avait déjà su rendre sensible et transforme certaines contradictions en étapes dramaturgiques un peu trop lisibles. Mais elle réussit un portrait humain, vivant et remarquablement incarné, qui comprend quelque chose d’essentiel : le plus effrayant dans une addiction n’est pas toujours de voir une personne tomber. C’est de la voir tenir debout, rire, aimer, travailler — et comprendre peu à peu que le verre qu’elle croit utiliser pour rester dans le monde est devenu ce qui la sépare de lui.
Le Septième Acte
Le Septième Acte

1 abonné 44 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 septembre 2026
Adèle Exarchopoulos est formidable dans le nouveau film de la non moins formidable réalisatrice Jeanne Herry, qui met en scène de manière extrêmement sobre et sans aucun pathos ni misérabilisme (ce que je craignais) cette histoire, avec beaucoup d’émotions et d’humour.

Le film dépeint avec un réalisme accru l’addiction à l’alcool, et les conséquences sur la vie de l’actrice.

GARANCE est aussi un film lumineux, porteur d’espoir. Sans doute certains qualifieront-ils la dernière partie de « naïve », moi je la trouve optimiste et lumineuse, et on en a bien besoin en ce moment.
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