3741 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
888 critiques spectateurs
5
549 critiques
4
263 critiques
3
42 critiques
2
21 critiques
1
4 critiques
0
9 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
PeyoParis
1 critique
Suivre son activité
5,0
Publiée le 15 juin 2026
Un film très abouti et bouleversant retraçant les derniers jours de Samuel Paty. On mesure à quel point cet enseignant, symbole de la République et de la laïcité, a été abandonné face à la montée de la haine et des intimidations. Un film nécessaire, poignant et profondément révoltant, qui devrait être vu par tous les responsables politiques afin qu'ils prennent pleinement conscience des responsabilités qui leur incombent dans la défense des valeurs républicaines.
Comment traiter cinématographiquement d’un événement aussi grave que l’assassinat du professeur Samuel Paty ? La question s’affirmait fondamentale et exigeait d’être posée publiquement. Pour ne pas oublier, certes, mais aussi afin de tenter de tirer la sonnette d’alarme et de décréter la mobilisation générale avant que l’aveuglement ne nous mène au chaos debout, par indifférence ou par ignorance.
Vincent Garenq s’est frotté par le passé à des sujets de société ô combien délicats, à commencer par l’affaire d’Outreau dans Présumé coupable et le scandale Clearstream dans L’Enquête, se positionnant en quelque sorte comme un héritier d’André Cayatte et d’Yves Boisset par son intérêt pour la justice et sa poursuite acharnée de la vérité. Il semblait donc être le candidat idéal pour évoquer ce fait divers emblématique de notre époque et de son rapport compliqué à la liberté d’expression. Un trésor inestimable contesté par des fanatiques qui prétendent parler au nom de la religion en instrumentalisant des tueurs qu’on qualifie de loups solitaires pour ne pas avoir à assumer le fait qu’ils représentent une nébuleuse obscurantiste.
Le cas de Samuel Paty mérite de servir d’exemple par ce qu’il révèle de notre société malade de sa tolérance, de son vivre-ensemble et plus encore d’une libre parole à double tranchant. Cet enseignant d’histoire-géographie, qui souhaitait faire de ses élèves des citoyens responsables et tolérants, a été assassiné et décapité à la sortie de son collège de Conflans-Sainte-Honorine le 16 octobre 2020 par un djihadiste russe d’origine tchétchène recruté sur Internet. Un assassin qui n’avait jamais vu sa victime avant de la poignarder au nom du djihad et d’une fatwa colportée sur les réseaux sociaux par des fanatiques prudemment réfugiés derrière leurs claviers.
Le film égrène les onze derniers jours de l’enseignant, au cours desquels s’est ourdi le complot qui a abouti à ce crime au terme d’une succession aberrante de dysfonctionnements, de malentendus et de signes avant-coureurs que l’Éducation nationale n’est parvenue ni à détecter ni, a fortiori, à enrayer. Quitte à traumatiser une institution déjà fragilisée et à contraindre l’État à se montrer plus vigilant lorsqu’il s’agit de protéger les héritiers des hussards noirs de la République.
Un tel projet est porteur en soi de multiples interdictions conscientes ou induites. Vincent Garenq s’est ainsi astreint à un respect du réel en assumant toutefois deux ellipses délibérées : le meurtre et la décapitation de Samuel Paty, traités à travers une utilisation du hors-champ qui suggère sans montrer, et le procès proprement dit, qui nourrit ce qui précède, mais dont on ne connaît que le verdict.
Le film parvient à trouver un équilibre délicat entre les faits bruts, qu’il restitue au plus près, et une série de portraits qui pointent la faillite de tout un système, impuissant à détecter des signaux faibles pourtant inquiétants : absences répétées, travestissement de la vérité, introduction d’un islamiste manipulateur par un parent d’élève lui-même fanatisé. L’ensemble reconstitue un engrenage implacable qui court à travers la société française depuis la réaction en chaîne engendrée par les fameuses caricatures de Charlie Hebdo et ne cesse de provoquer des ricochets destinés à s’en prendre à ce que notre démocratie possède de plus sacré : la laïcité. Un bien inestimable déjà au cœur des attentats de janvier et novembre 2015, mais aussi de bien des massacres perpétrés au nom de Dieu à travers le monde démocratique.
Certains reprocheront sans doute au film son aspect scolaire, sinon pédagogique. C’est précisément ce qui fait sa noblesse. L’Abandon pointe les failles du système éducatif et l’isolement des enseignants jetés en pâture à des enfants et des adolescents dont ils ne connaissent bien souvent que l’attitude en classe, en ignorant tout du climat dans lequel ils évoluent.
Ce film, qui ne prend que quelques libertés négligeables avec la réalité, résonne pourtant en écho à plusieurs cris d’alerte poussés ces dernières années au cinéma, dont Pas de vagues et Amal, un esprit libre. Des films sans doute plus spectaculaires, mais pas aussi universels que cette chronique d’un malentendu dont la retenue impressionnante mérite d’être vue, méditée et discutée, ne serait-ce que par respect pour le martyre de Samuel Paty et pour la solitude de ses collègues quand il s’agit de prêcher dans un désert d’incompréhension où la vérité est devenue une valeur à géométrie variable.
Ce film d’une retenue exemplaire a le courage d’aller à l’essentiel, refusant tout effet de mise en scène au profit d’un devoir de mémoire aussi ingrat qu’exemplaire. Sa vision devient dès lors un acte de pure citoyenneté. Gageons qu’arrivera un jour où sa projection figurera à son tour dans les programmes scolaires. Son propos le justifierait.
Impossible qu’un tel film ait cette moyenne. C’est très très amateur. Les dialogues sont mauvais, du genre de ceux qui ont pour seul but de transmettre des infos aux spectateurs mais qui n’existeraient dans aucune scène réelle. Les personnages sont assez caricaturaux, même les profs. La seule scène "réussie" est l’effet d’horreur de l’assassinat. Mais tout le reste a été construit à la va vite pour cette scène. Et évidemment ça transpire de récupération politique en spoiler: ridiculisant ceux qui à la base ne trouvaient pas utile de montrer une caricature d’un mec à poil à des enfants . C’est irrespectueux pour un tel drame.
Je voulais voir un film rendant hommage à la mémoire de Samuel Paty. Malheureusement celui là est une arnaque.
Un homme très seul face a cette escalade. C’est édifiant de lâcheté de la part des autres professeurs, de manque de prise en charge de la police malgré la gravité de la situation. On ne croit que cette gamine qui s’illustre par son absentéisme et sa bêtise….un film bouleversant !
Un film à voir absolument pour bien comprendre le désespoir de ce professeur dans une situation si injuste. Nous avons tous eu un professeur un peu plus engagé dans son travail comme Samuel Paty qui reste dans nos mémoires. C'est l'histoire d'adultes qui manipulent des ados qui ne mesurent pas complètement les conséquences de leurs mensonges et de leurs actes. Bien filmé, bien joué. A voir absolument.
Je ne vais voir que deux film par an, car j'attends des avis très positifs avant d'y aller. Et là en sortant j'ai pensé: C'est un grand film! D'abord une histoire complexe et hélas réelle. Racontée dans un film sans vision d'horreur (enfant de 12/13 ans comprendront très bien sans être choqués). Et le rythme rapide, clair, comme savent le faire certains réalisateur Américains. Bref un grand film qu'il faudrait même diffuser dans les écoles et dans les administrations afin que chacun prenne conscience de nos responsabilités. Ce n'est pas moralisateur directement, sinon ce serait ennuyeux, non c'est "direct" et dynamique. Félicitation à cette équipe, qui avec un petit budget, a fait une oeuvre.
Quel film ! J y suis allée 2 fois et la 1 ère j y suis sortie la gorge nouée . En même temps je suis enseignante je ressentais tellement la tension , et je me disais dans ma tête il suffit d’un rien pour que tout bascule . On ressent la bienveillance de ce professeur qui se retrouve dans une spirale infernale spoiler: le fait qu’on voit des passages avec son enfant nous retourne encore plus les boyaux Je suis sortie de là vidée , choquée tellement ce film est poignant et bien tourné . Bravo à toute l équipe de production et aux acteurs
Nouveau film de Vincent Garenq, à qui l’on doit notamment L’Enquête ou Au nom de ma fille. Il revient ici sur les derniers jours de Samuel Paty, le professeur d’histoire assassiné dans des circonstances que nous avons malheureusement tous encore en mémoire.
Le film est extrêmement bien fait, avec une mise en scène discrète mais très solide, au service d’un scénario terrible.
L’interprétation est remarquable. Antoine Reinartz trouve sans doute là l’un de ses meilleurs rôles, et il ne serait pas surprenant de le retrouver dans la course aux César. À ses côtés, Emmanuelle Bercot est, comme toujours, impeccable.
Le film m’a profondément bouleversé. J’en suis sorti complètement KO.
Pas grand-chose de plus à dire finalement, si ce n’est que c’est un film essentiel, à voir absolument.
L’Abandon est un très bon film qui retrace les derniers jours de Samuel Paty avant son horrible et injuste assassinat. Ce qui n’aurait dû rester qu’une maladresse se transforme progressivement en une immense spirale négative, où chacun apporte sa propre interprétation, s’approprie l’affaire et en fait un combat personnel. La machine s’emballe alors, la vérité se brouille, les convictions se renforcent et les amalgames se multiplient. Peu à peu, tout le monde perd le contrôle. Les réseaux sociaux amplifient le phénomène et diffusent à une vitesse fulgurante des messages empreints de haine, tandis que les institutions et l’administration peinent à trouver les moyens d’enrayer cette mécanique infernale. La réalisation n’a peut-être pas l’ambition ni la portée d’un grand film de cinéma, mais ce n’est pas pour cela que l’on va voir ce film. On le regarde avant tout par devoir de mémoire et pour mieux comprendre le déroulement de cette tragédie. Le casting est très convaincant et la reconstitution de cet épisode terrible de notre histoire récente est particulièrement réussie. Reposez en paix, Samuel.
Et bah franchement rien a dire Superbe film et vu que cela cest rellement passer bah on le regarde d'une autre façon on a pas le même regard sur ce film. Beaucoup de frissons et tres touchant. Franchement rien a dire tres émouvant
Un tel film qui retrace les 10 derniers jours de Samuel Paty n'est pas facile à chroniquer ! Il y a un film bien sûr mais comme il prend des accents de reconstitution plus que de fiction, il n'est pas aisé de séparer l'œuvre de son sujet. On ne peut en effet pas oublier sa réalité par trop dramatique, on ne peut pas rester insensible à la montée crescendo vers la terrible issue de cette histoire pourtant inscrite au départ dans les soubresauts du quotidien d'un prof qui cherche à éduquer à la complexité de la liberté (de penser, d'opinion, d'expression...). Mais le mensonge initial de l'élève (absente du cours), puis les manipulations, l'instrumentalisation, les réseaux sociaux, et l'air du temps vont conduire de façon inexorable à l'assassinat du prof non protégé qu'il était par sa hiérarchie et les autres institutions de la République en charge de. Sans parler de la cacophonie de ses collègues face à la situation. Nous sommes sortis abasourdis par cette histoire mécaniquement filmée dans laquelle le spectateur est entraîné sans échappatoire... mais comment le reprocher au réalisateur qui a sans doute voulu d'abord montrer de l'atroce enchaînement des faits au détriment de la vie d'un innocent : le film en témoigne sobrement. A voir
Un film terriblement dur qui a fait froid dans le dos mais qui a eu le mérite de dénoncer la manipulation et la dangerosité des réseaux sociaux. Bravo au réalisateur qui a du trouvé le courage de faire un film sur les 11 derniers jours de Mr Paty.