La Reine Margot
Note moyenne
3,7
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185 critiques spectateurs

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BabsyDriver
BabsyDriver

98 abonnés 993 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 décembre 2013
Grand seigneur de la cuture française, Patrice Chéreau réconcilie enfin théâtre et cinéma dans cette majestueuse "Reine Margot", servi par un casting habité.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 14 octobre 2013
Concernant le regretté Patrice Chéreau, formidable homme de théâtre à la mise en scène prodigieuse, et cinéaste, je dois dire que je lui préfère son activité dans le domaine théâtral. "La Reine Margot" fut son film le plus acclamé, récompensé de moult prix, que ce soit au Festival de Cannes 1994 (Prix d'interprétation féminine pour Virna Lisi et Prix du Jury si mes souvenirs sont bons) ou aux Césars.,Personnellement, je n'ai jamais complètement adhéré au film. N'ayant pas été rebuté par l'aspect théâtral du récit, je reproche à "La Reine Margot" une adaptation trop classique du roman d'Alexandre Dumas. Si la mise en scène de Chéreau en terme de gestion d'acteur notamment est fort reconnaissable (jamais le terme théâtre vivant n'aura pris tout son sens qu'avec Chéreau) et exceptionnelle, dommage que le reste ne suive pas. Sans réelle ingéniosité dans la part du récit et de la technique, on dirait que Chéreau s'est uniquement concentré sur ses acteurs qui font des prouesses, notamment Jean-Hugues Anglade qui crève littéralement l'écran grâce à son interprétation de Charles IX. Certes, de bons acteurs, c'est un plus. Certes, suivre la réalité historique dans le domaine des costumes et de la gestuelle, c'est très bien aussi, autant ne faut-il pas oublier le reste. Si le scénario se laisse suivre, il est loin de rendre parfaitement hommage au livre de Dumas. Le gros problème de "La Reine Margot", c'est que son ensemble est beaucoup trop classique, et venant de Chéreau j'en attendais mieux. C'est dommage car, objectivement, le film n'est pas nul bien au contraire. Il possède de grandes qualités comme un sens de la tragédie particulier qui atteint son apogée dans la dernière partie du film. Mais mis à part ces caractéristiques, les personnages, notamment celui de Margot, auraient pu être beaucoup plus recherchés, surtout que les données historiques à leur propos ne manquent pas. "La Reine Margot" est un film sympathique, mais qui aurait mérité un meilleur traitement dans son scénario, ainsi qu'une meilleure technicité.
Quoi qu'il en soit, je tiens encore à rendre hommage à Patrice Chéreau, sans qui le paysage théâtral et cinématographique ne sera plus le même.
cbio
cbio

7 abonnés 115 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 10 mars 2020
Théâtre filmé et grassement subventionné, casting invraisemblable, Auteuil Henry IV, Brialy Coligny, Anglade,etc; langage anachronique, scénario dur à suivre mais bien sexualisé, qui ne correspond ni à la réalité historique ni simplement au livre, et dont l'objectif est la calomnie du catholicisme et la promotion du judéo-protestantisme.
Antony
Antony

35 abonnés 401 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 4 février 2009
Mon dieu, quelle tristesse. Je crois que je n'ai jamais entendu de dialogue aussi mauvais dans une production de cet ampleur. Se sont-il seulement rendu compte que l'histoire se déroulait au XVIème siècle ? pas sûr ! Alors du coup, les acteurs, et dieu sait qu'ils sont nombreux et reconnus (bien mal leur en a pris), ont un sacré problème ; comment jouer correctement lorsque l'on a des dialogues aussi mauvais ! Une seul solution, la théâtralité, l'excès, le sur-jeu ; et comme le metteur en scène est un manche, il va les aider. Alors je sais bien que la majorité des gens ne sont pas difficile, mais là on dépasse juste les bornes. C'est simple, au bout de vingt minutes j'étais à vingt énormités allant d'Adjani poussé la tête la première dans son coussin lors de son mariage jusqu'au palot d'Auteuil durant les fêtes. Bref en vingt minutes j'ai vu un cinéma tenant plus de la déjection bovine que de tout autre objet. Je ne vois d'ailleurs absolument rien pour rattraper la donne ; même les costumes sont parfois ridicules à friser l'erreur historique. Alors peut-être qu'au delà des premiers trois quart d'heure le film change du tout au tout, mais perso c'est le moment que j'ai choisi pour stopper ce petit cauchemar. Je vous conseil d'en faire autant, qui plus ait lorsque l'on voit certaine production récente frisant le génie pure.
vinetodelveccio
vinetodelveccio

89 abonnés 802 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 6 avril 2013
Un film très décevant qui étonne par son manque de rigueur et d'idées. Chéreau a des moyens, beaucoup de moyens et de figurants mais ne les utilise pas. Il se contente de mettre du monde partout, dans un brouhaha insupportable qui couvre les dialogues par ailleurs pas très inspirés. La caméra ne sait où se mettre et filme tout et n'importe quoi. Les multiples personnages sont impossibles à distinguer les uns des autres, ce qui reflète une narration hasardeuse qui ne sait pas où elle va. Pour couronner le tout, les acteurs surjouent et ne sont pas dirigés. On a presque l'impression qu'ils se demandent ce qu'ils font là. Une catastrophe téléfilmesque à éviter.
Autrui
Autrui

26 abonnés 206 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 octobre 2008
Beaux costumes, magnifique photographie, décors somptueux, casting de luxe, une Adjani toujours à poil qui en fait des tonnes : voilà qui devrait mériter 4 étoiles.
Certes, 'La reine Margot' est un film intéressant concernant la relation au pouvoir et les étranges affinités qui peuvent se créer au sein d'un royaume.
Mais, il manque quelque chose; une once d'authenticité peut-être ?
Cette 'surbeauté' en puissance laisse le spectateur un peu distant qui se demande à chaque seconde quand les acteurs arrêteront cette belle répétition en costumes d'époque.
mazou31
mazou31

130 abonnés 1 361 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 mars 2022
Á l'époque (1994), que de bruit pour rien ! Et des nominations (17) ! Et des récompenses (10) ! Récompenses certes décernées dans ces petits microcosmes d'entre-soi qui se veulent phares de la Culture (Cannes 1994 et Césars 1995). Donc une adaptation du roman éponyme de Dumas, douteuse paraît-il, que Patrice Chéreau a voulu telle un « opéra de fureurs et de sang ». Résultat : des extraits chaotiques dans beaucoup de bruit pour cacher des dialogues indigents, murmurés par de grands acteurs certes, mais mal déguisés, sanguinolents comme des équarrisseurs , et cabotinant de façon insupportable. Des prix d'interprétation pour ces rôles ? Peut-être les pires de leur carrière ! Je ne comprends pas ! Soyons objectifs : Patrice Chéreau n'a jamais crevé l'écran où il a toujours fait, en tant qu'homme de théâtre,… de la théâtralité, du sur-jeu, de l'intimisme raté. Et ici il occupe l'écran longtemps, très longtemps (deux heures et demie !) et nous laisse, après quelques rares morceaux choisis de belle facture, soulagés de pouvoir passer à autre chose.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 3 février 2009
Quelques belles images au début, notamment d'églises et de beaux costumes. Mais que d'argent gaspillé. Ce film est raté, totalement. Les acteurs ont des gueules du XXème pour la plupart, et parlent comme au XXème, certains récitent, bref c'est mauvais. Anglade et Auteuil ne sont pas bons et on se demande même pourquoi ils ont été choisis.Les dialogues nuls, la réalisation plate et la reconstitution médiocre, même si ce n'était pas évident. Le DVD vaut 1 euro d'occasion, j'ai compris pourquoi. Dommage.
Zeugax Ouvier
Zeugax Ouvier

24 abonnés 185 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 9 novembre 2020
C'est exceptionnel de mettre autant de moyens et de talents pour un film qui se vautre dans le caniveau... La palme, le césar et l'oscar de la relecture historique totalement fantasmée au médiocre filtre des coucheries et de la débauche. C'est le trone de fer mixé 120 journées de Sodomes, ou peut être plus simplement un fil de cap et d'épée sous coke et sous popers. Dommage.
Fred B.
Fred B.

15 abonnés 786 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 26 mars 2021
Vu le 12/03/2021.
Grand film historique dont j'avais depuis bien longtemps entendu parler sans jamais le voir, et bien je m'y suis attelé et je dois dire que j'en reste très mitigé.
les faits historiques sont présents, je ne saurai pas dire s'ils sont fidèles, en tout le film ne se veut pas un film historique comme le dit Chereau, pourtant, difficile de ne pas le prendre comme tel. Ce film regorge de moments surprenant quand par exemple Margot (Isabelle Adjani) est poussée sur son coussins pour accepter la demande en mariage, qui aurait fait ça à l’époque? Pareil comme Henri (futur Henri IV je précise) passe pour un pleutre dans la cour après le mariage où chacun peut s'approcher de lui et se moquer de lui, le dépeindre comme un cocu. Lui semble aimer sa femme (c'est vrai qu'elle est si belle par rapport à lui), elle se fiche de lui clairement, j'ai un peu l'impression de retrouver le personnage de Ugolin dans "Manon des Sources". Après on aussi le roi Charles IX (joué par Jean-Hughes Anglade, un acteur que je n'avais pas du tout aimé dans 37°2 mais qui confirme sa médiocrité: faible, influençable, servile, médiocre, bref... sans oublier qu'on aprle de aussi de soupçons d'inceste avec sa sœur...
Bref, ce film me met mal à l'aise, il me parait sale, pas tant pour le massacre de la St Barthelemy qui semble réaliste mais pour tout ce qui semble malsain dans ce film, quand on voit par ex Margot (la sœur du roi donc) sortir dans la rue le soir de ces noces et se donner en pleine rue au premier venu (La Mole joué par Vincent Perez), c’est vraiment tombé dans le voyeurisme le plus médiocre, tout comme la fin où Margot demande qu'on garde la tête de son amant, quelle débilité, c’est consternant.
Bref, je suis bien déçu par ce film, Adjani rayonne certes par sa beauté naturelle mais c’est à peu près tout, les dialogues sont très moyens, presque récités, non franchement, je me demande comment il a pu avoir autant de Césas, il ne devait pas y avoir une forte concurrence en 1994...
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 16 septembre 2012
C'est nul. Avec la richesse des personnages historiques et les luttes politiques de cette époque, on aurait pu faire un film époustouflant. Au lieu de ça, on s'ennuie. Le film se résume à une succession de magouilles pour tuer le futur Henri IV et à chaque fois on croit entendre "Caramba, encore raté !". Des luttes entre factions, des manoeuvres en coulisses, de la grogne du peuple on ne sait rien (les rues de Paris sont d'ailleurs toujours vides), on ne suit que les histoires de fesses et de jalousie des protagonistes dont on se moque éperdument. Même le massacre de la Saint-Barthélémy, qui dans la réalité a dû être "photogénique" (centaines de cadavres jetés dans la Seine, dépouille de Coligny défenestrée puis émasculée puis exposée), est tellement mal filmé qu'il ne suscite aucune émotion, aucune réaction, aucune réflexion.
TTNOUGAT

699 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 24 janvier 2012
Je ne sais quoi dire tant je suis surpris. Plume231 a bien expliqué son ressenti devant ce ''monument'' et je partage son analyse sans aller jusqu'à qualifier ce film comme le fait en final.Je suis d'accord sur tout et j'ajouterai Virna Lisi dans cette catastrophe. J'aimerais d'ailleurs savoir si elle ne regrette rien. En plus du désastre cinématographique, il s'ajoute un désastre historique.Autant j’apprécie les romans de Dumas lorsque les anecdotes ne portent pas atteinte aux hommes et aux femmes à qui nous devons notre histoire, autant je suis accablé pour leur mémoire lorsqu' il réinvente leurs vies alors qu'on sait s'approcher de plus en plus des réalités passées. Alors,tout reprendre en pire au cinéma...Quelle idée désastreuse ! Marguerite de Valois était une des femmes les plus cultivées de son époque, elle était non seulement belle mais distinguée ce que Adjani aurait su parfaitement faire sans Dumas et sans Chéreau. Quant à Henri 4 c'est du même niveau que Lagardère . Pourtant Auteuil lui aussi est bourré de talents. L'histoire est pourtant toujours plus belle et intéressante que la fiction mais si c'est un des prix à payer pour que vive le cinéma, je suis malgré tout prêt a verser quelques larmes de crocodile pour lui éviter de disparaître.
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 15 mai 2011
Ca fait plaisir de voir que j'étais parfois aussi lucide quand à la qualité d'un film à 13 ans qu'à 24. Bon alors, déjà le chef d'oeuvre d'Alexandre Dumas n'était pas très fidèle à la vérité historique mais il était superbe et flamboyant, là le film n'est pas très fidèle au roman de Dumas et encore moins à la vérité historique. Que ce soit clair, je m'en bas totalement les couilles qu'un film soit infidèle au roman dont il est adapté ou à la vérité historique quand il s'agit d'une oeuvre de ce genre, c'est la qualité du résultat qui compte. Reste que malgré tout les rares moments intéressants du film sont ceux qui sont tirés du Dumas. Alors pour faire un grand film historique, il faut du souffle, du bruit, de la fureur, de l'intensité et bien évidemment de l'émotion, beaucoup d'émotion. Il y a rien de tout cela. D'accord les Valois et leur entourage étaient particulièrement cinglés mais même les plus cinglés des cinglés ont parfois quelques moments de normalité. Or qu'est qu'on voit des acteurs qui jouent des personnages qui ont l'air de dire "Coucou, regardez-nous bien on est des cinglés!!!". Au passage, les acteurs sont particulièrement médiocres en particulier Isabelle Adjani qui cabotine à mort à chacune de ses apparitions. Ah oui, ce qui est superbe aussi c'est qu'on peut rentrer dans le Louvre comme dans un moulin et on n'est pas obligé de saluer les membres de la famille royale. Bref, il y a même pas la plus petite tentative de donner une p'tite crédibilité de vernis historique. Donc pour résumé, Patrice Chéreau, quand il ne part dans ses délires wagneriens à la con (pour le Massacre de la Saint-Barthélémy par exemple!!!), se contente pendant tout le long du film d'essayer de trouver des prétextes pour foutre à poil chacun de ses comédiens bien aidés par des personnages inconsistants, des costumes anachroniques, une BO remarquable de nazerie et un rythme très mou. Même si je fumais une tonne de coke, je crois que j'arriverais jamais à apprécier un minimum ce film nullement appréciable. Un sujet en or pour un film de merde.
Guillaume836076
Guillaume836076

100 abonnés 126 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 octobre 2013
Imaginons-nous toutes et tous dans 50 ans. De l’œuvre cinématographique du regretté Patrice Chéreau, "La Reine Margot" restera certainement dans les mémoires comme le meilleur film du réalisateur, aux côtés de "L'Homme blessé", "Intimité" et "Ceux qui m'aiment prendront le train". Je fais même l'hypothèse qu'il sera considéré comme son chef d’œuvre, voir réévaluer tout bonnement comme un véritable classique du cinéma mondial. Peut-être suis-je optimiste ! Mais la vision personnelle du réalisateur, la force de l’œuvre et du sujet historique abordé m'incline à le penser, notamment, parce qu'il est un "résumé" de tous les thèmes récurrents -les passions, obsessions, sentiments et peurs humaines- que Patrice Chéreau a abordé tant au cinéma, qu'au théâtre et à l'opéra.
Aujourd'hui, selon le point de vue que l'on adopte, que ce soit en défenseur du cinéma de Chéreau, ou en posant un regard purement cinématographique, force est de constater que le film fait généralement consensus par rapport à son ambition: offrir un spectacle au souffle épique et romanesque assumé tout en sachant rester populaire et accessible au plus grand nombre. Comme le furent les opéras et les pièces de théâtre, avant le XXème siècle, et les romans d'Alexandre Dumas au XIXième siècle. Il est à noté d'ailleurs que Dumas lui-même, en collaboration avec Auguste Maquet, a scénographié et adapté son roman en pièce de théâtre de neuf actes. Ce qui n'a pas dû échappé à Patrice Chéreau et Danièle Thompson, quand ils ont écrits l'adaptation cinématographique.
Cependant, si l'on n'aime pas le regard parfois violent et brutal de Chéreau sur le monde et l'humain, ou que l'on se situe du point de vue des amoureux de l'histoire, le film suscite détestation ou alors l'on crit à l'hérésie historique. C'est selon. A se demander a quel point si ce n'est pas une ironie volontaire de Chéreau, qui aimait susciter et provoquer le débat, pour un film qui traite du conflit entre protestants et catholiques et de ses conséquences historiques et humaines.
Vous me direz, toutes grandes œuvres artistiques ont des détracteurs tout aussi passionnés que les admirateurs, ce qui alimentent le débat.
Bien sûr, le procès fait au film, par les historiens, tient évidemment la route. Sauf que Patrice Chéreau n'a pas directement adapté une page d'histoire mais surtout et avant tout a proposé sa lecture du roman d'Alexandre Dumas. Et force est de constater que sa vision crépusculaire du roman colle étonnamment bien au souffle romanesque qui transparait dans l’œuvre de Dumas, qui à l'époque fût vilipendé par certains pour ses inexactitudes, légendes et approximations historiques, perpétuant ainsi une image erronée de la Reine Margot, qui n'était pas, entre autre, la nymphomane que décrivent Dumas et Chéreau...
Ce qui intéresse Chéreau, ce n'est pas l'exactitude historique des faits, mais le romanesque et la violence déchaînée des passions et sentiments de simples êtres humains, aussi historiques soient-ils, placés dans des circonstances extraordinaires. Sinon, il aurait fait œuvre didactique dans un format quasi documentaire.
Sous son regard d’entomologiste de la psyché humaine et l'analyse qu'il fait de la société de l'époque, il va beaucoup plus loin que Dumas, notamment parce que la force de cette page d'histoire, est une synthèse de tous les thèmes abordés dans ses toutes ses œuvres. La caméra, entre les mains du réalisateur, a ce pouvoir de faire ressortir la violence exacerbés des passions humaines.
Certes, ont peu lui reprocher une vision radicale, sombre et noire de cette époque de l'histoire, de noircir complaisamment le trait sur certaines caractéristiques psychologiques des personnages, alimentés par la légende historique. Mais quels personnages et surtout quelles interprétations d'acteurs !

Les Valois apparaissent tous comme les membres d'une meute de loups acculés et moribonds, dont la louve alpha est ici Catherine de Médicis, qui par instinct de survie est prête à l'impensable et à l’innommable, pour sauvegarder le pouvoir et le rang de ses fils afin de perpétuer la lignée. Virna Lisi, saisissante d'effroi, nous offre l'incarnation rêvée et idéale de cette grande figure historique, et colle au plus près de l'idée que l'on se fait tous de Catherine de Médicis. Sa transformation physique, bluffante, son accent italien colle au plus près de la réalité. Le film transpire de tous ses pores de sa présence, même quand elle est absente de l'image. Perpétuellement en deuil, vêtue de sa robe noire, on a l'impression qu'elle ère dans les méandres du Louvre, tel un esprit fantomatique et maléfique. Pourtant, Chéreau, n'est pas tout à fait noir dans sa re-lecture du personnage qu'en fait Dumas, car Virna Lisi, nous émeut de sa douleur indélébile quand elle prend conscience de sa "responsabilité" dans la mort de Charles IX.
Un Charles IX, certainement fidèle à la réalité par rapport à son instabilité psychique avérée. Jean-Hugues Anglade, génial dans la folie, fait de Charles IX, un Roi halluciné, à la limite de la schizophrénie.
Pascal Greggory, Henri d'Angoulême, futur Henri III, transpire d'ambition, d'animalité et de sauvagerie, jouant parfaitement sur l’ambiguïté sexuelle du personnage et son goût du pouvoir, profitant allégrement de la préférence de sa mère. Toutefois la vision du personnage est une interprétation personnelle de Chéreau, car elle diffère même de l'Angoulême de Dumas.
Puis Margot, incarnée par une fiévreuse Isabelle Adjani, se donnant corps et âmes à ce personnage d'amoureuse, ballotée par les circonstances, comme dans la réalité historique, entre cette famille assoiffée de sang, régnant par la terreur et la manipulation, et le camp de ce mari d'abord détesté, Henri de Navarre mais qu'elle protège vite des attaques de la meute acculée et menacée par celui qui pourrait les "éradiquer", faisant alliance mutuelle pour mieux se protéger l'un l'autre. La psychologie du personnage, mise à part sa nymphomanie imaginaire, en tous cas exagérée, colle à la réalité historique. Marguerite était vraiment une amoureuse passionnée, très cultivée, ayant une intelligence politique et diplomatique innée... Ce que tente de traduire Chéreau.
Enfin, tous les acteurs, sauf un Daniel Auteuil (Henri de Navarre), trop effacé à mon goût, signent des prestations mémorables: Vincent Pérez, Dominique Blanc, Claudio Amendola, Julien Rassam, Jean-Claude Brialy (inoubliable en Coligny), etc...
Autre personnage de taille, Le Louvre apparaît, ici, comme un véritable panier de crabe, une sorte de vase-clos, à la promiscuité étouffante et suffocante, où tout est épié, tout se passe en coulisse, derrière les portes et dans les alcôves, où tout est menace. D'ailleurs Chéreau, serre le cadre, filme ses personnages, les groupes de personnages, au détriment du décor du palais (tourné à Mafra, Portugal), ce qui donne l'impression d'assister par moments à la chasse d'animaux traqués et/ou menacés, tel Navarre... Ce qui renvoie aux deux scènes de chasse à cour, admirablement rendue en suivant la tentative de fuite du sanglier poursuivis et mis à mort...
La mise en scène fait penser à une direction théâtrale où le Louvre est l'unique décor baroque d'une scénographie pour opéra, avec ses moments intimistes et d'autres où les personnages foisonnent, en groupe (en bande pourrais-je dire) ou évolue parmi la foule (cf la fête de mariage).

Finalement peu de scènes en extérieur, sauf lors du massacre de la Saint-Barthélémy. Là aussi, Chéreau use du cadre serré, avec caméra à l'épaule pour coller au mieux à la réalité et à la sauvagerie inhumaine de ce massacre, montrant les combats et les corps morts, les chairs et le sang sans retenues, pour mieux heurter le spectateur et lui montrer crûment l'horreur d'un génocide,..
Surtout s'il est perpétré pour des raisons idéologiques, alors qu'au fond il ne s'agit que de garder ou d'obtenir le pouvoir... En ce sens, "La Reine Margot" est une dénonciation universelle de la folie et de la tyrannie des puissants lorsque leur pouvoir est menacé... L'édulcoration de ce moment historique clé, n'aurait eu aucun sens car cela aurait gommé toute la portée du message délivré par Chéreau...
Donc une oeuvre puissante et saisissante au-delà des incohérences et autres détails historiques par la vision d'un véritable auteur, maître de l'image, qu'était Patrice Chéreau...
Maqroll
Maqroll

203 abonnés 1 123 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 6 juin 2011
Quelle catastrophe ! Comment Chéreau, cinéaste par ailleurs lucide et inspiré (Gabrielle par exemple) a-t-il pu se laisser aller à ce fatras de presque deux heures et demie ? L’histoire de France y est passée à la moulinette avec des erreurs historiques grossières reprenant des foules de lieux communs. Les acteurs passent leur temps à hurler des textes la plupart du temps incompréhensibles, ce qui et sans doute préférable tant ils sonnent creux quand on a la chance d’en percevoir un de temps en temps ! Auteuil et Adjani sont le plus souvent ridicules, le comble en la matière étant atteint par Verna Lisi, pitoyable Catherine de Médicis. La photographie est franchement laide. Quant au propos, s’il existe, il est aussi plat qu’une limande… Bref, un pensum interminable et un chef-d’œuvre de mauvais goût, à éviter de toute urgence !
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