[contient spoilers]
Ce film se déroule dans un monde futur dystopique où règnent la famine, la maladie, le manque de ressources et, surtout, l’omniprésence de la poussière. On suit le personnage de Cooper, campé par Matthew McConaughey, et son expédition qui doivent entreprendre un périple pour trouver une nouvelle terre habitable.
C’est un film visuellement impressionnant, une odyssée qui nous fait voyager à travers l’espace. Il nous montre l’immensité de la galaxie, du monde et de l’humanité, par contraste avec nos simples personnages principaux, confrontés à des enjeux qui les dépassent. Ces derniers font d’ailleurs constamment face à des dilemmes moraux entre le cœur et la raison : comme Cooper, qui doit choisir entre rester avec sa famille ou les abandonner pour sauver l’humanité ; ou le personnage d’Amelia, joué par Anne Hathaway, qui souhaite sauver la planète où se trouve son compagnon Edmunds, plutôt que celle qui envoie encore des signaux.
Finalement, le film délivre une morale : les décisions dictées par l’amour sont souvent les meilleures, car c’est ce qui motive profondément les êtres humains. En opposition, les personnages ayant perdu leur amour, et guidés uniquement par la raison ou l’instinct de survie, finissent par périr comme Mann (joué par Matt Damon), le fils de Cooper Tom(Casey Affleck) ou le professeur Brand (Michael Caine). Les “méchants” n’en sont donc pas vraiment : chaque personnage est nuancé, car on comprend leurs intentions et leur raisonnement.
Le film aborde aussi de manière centrale le temps et sa distorsion. C’est d’ailleurs ce thème qui renforce l’aspect très émouvant de certaines scènes, comme le départ de Cooper ou la lecture des messages accumulés sur 21 ans. La BO contribue fortement à l’émotion (la scène de poursuite du drone à travers le champ de maïs en voiture en est le parfait exemple), tandis que certaines scènes nous plongent dans un silence total (encore plus saisissant en salle) pour souligner le vide de l’espace.
Cependant, le film comporte une touche de légèreté grâce à l’humour des robots. Il comporte aussi une forte dimension scientifique, notamment autour de la résolution d’une équation liée à la gravité qui pourrait sauver l’humanité. Cela reste néanmoins abstrait, tout comme la cinquième dimension avec l’histoire des "fantômes" introduite dès le début, servant à avoir un happy end qui demeure flou au vu de la complexité.
Les retrouvailles entre Cooper et Murphy paraissent un peu étranges et précipitées, offrant une fin ouverte où l’aventure semble recommencer. Le film est grandiose, et continue de nous faire rêver avec des personnages devenus les sauveurs de l’humanité.