Si Martin Campbell nous a parfois servi le meilleur ("The Foreigner"), il a souvent servi le pire ("The Protégé"), Le plus irritant est que l'américain semble se spécialiser dans les remakes. Parfois extrêmement réussi ("Casino Royale"), il les passe souvent à la moulinette pour n'en sortir qu'une pâtée insipide ("Memory"). En tout cas, ce "Edge Of Darkness", qui est un remake la série qu'il avait lui-même réalisée en 1985, ne redorera son blason. Le scénario, déjà très complexe, n'est pas développé de façon limpide, les dialogues rendent parfois les choses encore plus opaques, comme c'est le cas des échanges entre le "gentil-méchant gentil" et le héros. De plus, Gibson, dont certaines prestations sont admirables, et les réalisations, toujours brillantes, ne donne pas sa meilleure performance. Un mot sur la traduction du titre. Trouver un équivalent français pour "Edge Of Darkness" n'était pas chose facile. Mais botter en touche avec "Hors De Contrôle", revient à afficher sans vergogne une paresse malpropre. Un tel titre n'a, en effet, rien à voir avec le sens des mots, encore moins avec l'histoire. En effet, "Hors De Contrôle" est doublement incongru, car le héros se contrôle très longtemps, et la noirceur d'âme (darkness) de certains dans l'intrigue, est totalement occultée. Certes, obtenir "Aux contours de l'Infamie", par exemple, n'est pas à la portée du 1er venu. Mais on se demande alors à quoi sert l'épais salaire versé à certain(e)s. Très, très bof, dans l'ensemble.