Ce film a quelque-chose d'original que je n'arrive pas à décrire. Je pense que c'est ce "quelque-chose" qui justifie son non-succès au box office. Il faut être compatible avec cette ambiance, cette longueur, cette étrangeté, voir ce "what the fuck" pour la fin. Ici,spoiler: on parle de magie, de sorcellerie, mais pas celle qui brille ou émerveille, plutôt celle qui est sombre et corporelle. Les sorcières maitrisent tout, et n'ont pas peur, mais le vrai maitre reste le talent et la danse, ce qui est génial. . Certaines scènes sont exceptionnelles, notamment la scène spoiler: de la danse du début , qui pour moi est un des moments les plus fous que j'ai vu dans un film d'horreur. S'ajoute à ce cocktail un casting 5 étoiles avec des actrices toutes plus magnétiques et fortes les une que les autres, notamment Tilda Swinton, qui interprète 3 personnages, notamment le personnage spoiler: du psychologue je n'ai pas du tout reconnu comme Tilda Swinton du film .
Il y a donc quelque-chose de viscérale dans ce film, et un travail monstre, qui personnellement m'a agréablement marqué. Le seul défaut réside à mon avis dans le rythme. En effet le film dure 2h30. Et parfois on peut un peu se perdre et ne pas comprendre. Tout ce travail et ces bons éléments manquent de rythme et parfois de cohérence, ce qui peut perdre le spectateur qui n'est pas dans son élément dans ce genre d'oeuvre.
C’est filmé comme un épisode de Derrick, d’ailleurs il y’a beaucoup de passage en allemand. J’ai tenu 1 heure, c’est tellement lent, et soporifique qu’on dirait un film d’Arte. A déconseiller, film sans queue ni tête.
Je n'ai jamais vu le "Suspiria" de Dario Argento, aussi je n'ai aucun référentiel pour le juger en qualité de remake, mais je n'arrive pas à faire abstraction de l'idée que le film original est réputé pour sa réalisation flamboyante et à trouver cette nouvelle version visuellement très morne. Pour ce qui est de l'histoire, j'aime bien, mais il y a quand même des éléments que j'ai du mal à comprendre et à voir le lien avec les thématiques du film, par exemple pourquoi faire autant de références aux actes terroristes de l'époque en Allemagne ? D'autres éléments essentiels restent très flous et laissent quelques doutes sur le soin apporté à l'écriture. Ceci dit j'ai trouvé que pour du cinéma d'horreur on était largement au dessus de la moyenne, que c'est très original, même si on est beaucoup plus dans le film d'ambiance que dans l'horreur pure. Ceux qui espèrent un slasher gore, des jumpscares, ne seront pas satisfaits, mais il y a quand même deux longues scènes très efficaces et marquantes en début et en fin de film. Donc pas excellent, mais je recommande quand même.
Un film très ésotérique mais très esthétique. Une image très soignée de très beaux cadrages , surtout toutes les scènes de danse du ballet qui sont très bien filmées et très bien dansées. Les actrices sont très bien, tout d’abord Tilda Swinton en chorégraphe charismatique, inspirée de Pina Bausch, et Dakota Johnson tout à fait crédible en danseuse étoile. L’intrigue nous emmène dans le fantastique, voir l’épouvante, et on ne comprend pas toujours la mise en parallèle de l’intrigue principale et l’actualité de l’époque, en Allemagne, les actions de la Bande à Baader, prises d’otages et l’action armée. L’allégorie n’est pas si claire, et le mélange de néo- documentaire et de fantastique presque horreur n’est pas évident. Mais le film est prenant, envoutant, même s’il comporte de longueurs.
Un film aussi fascinant que déroutant. Guadagnino s'empare du mythe de Suspiria pour en faire un objet dense, sensoriel, et résolument expérimental. On est loin d’un simple remake : c’est une relecture, où l'épouvante prend une forme lente, presque théâtrale. La danse, omniprésente, devient un langage magique qu'ont peut imaginer associé au premiers rituels humains.
L’atmosphère froide, les cadrages épurés et les performances rythmees renforcent l’étrangeté constante du film, mais peuvent aussi créer un sentiment inconfortable. Certaines séquences marquent durablement, tandis que d'autres laissent perplexe ou frustrent par leur opacité volontaire. L'ensemble est ambitieux, mais parfois trop.
Un remake ne pouvant être intéressant que s'il est à la fois un remake et une création originale, on ne peut être, au départ, que séduit par les partis pris de Luca Guadagnino, partis pris qui s’attachent à ne pas faire une pâle copie du chef-d'œuvre de Dario Argento. Sur le fond, il s'agit, comme le fait remarquer Laurent Duroche (Mad movies), « d'abandonner l'abstraction et la quasi intemporalité de l'original pour ancrer l'histoire dans un contexte concret : le Berlin déchiré par le rideau de fer et le terrorisme des années 70 ». Sur la forme, et en accord avec le fond, il s'agit de remplacer « le style art nouveau/déco saturé de couleurs par un Berlin terreux et grisâtre façon Fassbinder, et les architectures baroques et rococo par des bâtiments industriels aux angles rigoureux ». Il s'agit aussi de placer la danse, et son pouvoir, au centre même du récit, alors qu'elle ne constitue qu'un accessoire dans le film original. Tout cela est très louable et même excellent. Ajoutons l'élégance de certains mouvements de caméra, un montage d'une belle précision, une excellente interprétation de Tilda Swinton dans le rôle de la professeure de danse (par contre, l'idée de lui faire aussi interpréter le vieux psychanalyste juif, en la maquillant, me semble assez saugrenue), et de Dakota Johnson qui est ici d'une force, d'une animalité, à cent lieues de son rôle de star dans le film érotico-SM Cinquante nuances de Grey. Il y a aussi la très émouvante apparition de Jessica Harper, l'héroïne du film original, dans le rôle de la femme disparue du psychanalyste. Et l'on pourrait aussi parler des affiches du film, parmi les plus belles que l'on ait pu voir ces dernières années. Bref, tous les éléments sont réunis pour faire un excellent film. Malheureusement, on déchante vite, l'indifférence à ce qui nous est montré s'installe, voire l'ennui (et le film dure plus de 2h30 !). Le vernis culturel débouche sur une grosse daube, incohérente et d'une insupportable prétention. À la fin, et à court d'idées sans doute, Luca Guadagnino nous offre une réunion de sorcières grossièrement pompée sur le film d' �lex de la Iglesia, Les sorcières de Zugarramurdi, à la différence que ce dernier film joue l'humour et le second degré, alors que Luca Guadagnino se prend terriblement au sérieux. Luca Guadagnino a donc tout d'un méchant gâte-sauce qui, avec d'excellents ingrédients, nous propose un fort mauvais ragoût.
Là où Dario Argento sculptait un cauchemar baroque aux couleurs vénéneuses, Luca Guadagnino déconstruit Suspiria pour en faire un film où la danse et pesant. Plus qu'un simple remake, son film est une réinterprétation qui évacue l'onirisme au profit d'une horreur incarnée, charnelle, où le corps est le premier terrain de lutte.
Ici, la danse est un langage occulte, un instrument de domination et de métamorphose. Chaque mouvement, chaque chorégraphie se fait rituel sacrificiel. Olga, prise au piège d'un ballet de destruction, voit son corps brisé, tordu par une force invisible, réduite à une carcasse désarticulée. Cette scène, d'une brutalité insoutenable, cristallise la vision de Guadagnino :un monde où l'esthétique se fait chair, où l'horreur ne surgit pas d'une menace extérieure.
Loin de l'errance éthérée de Suzy Bannion dans la version d'Argento, Susie (Dakota Johnson) n'est pas une proie, mais un pion qui, lentement, se transforme en reine. Le twist final, révélant qu'elle est Mère Suspiriorum, reconfigure entièrement la dynamique du film.
Là où Argento filmait Suspiria comme un opéra de couleurs saturées, un trip sensoriel où l'intrigue n'ếtait qu'un prétexte à l'expérimentation visuelle, Guadagnino l'ancre dans un contexte historique précis : Berlin, 1977, une ville déchirée entre Est et Ouest, secouée par les actes de la Fraction Armée Rouge.
Là où l'original était un vertige de sensations, un cauchemar hallucinatoire qui n'avait pas besoin d'explication, cette version s'encombre d'un sérieux écrasant. Guadagnino veut conférer à son film une portée intellectuelle, mais dans cette recherche d'ambition, il sacrifie l'essence même du genre.
Son esthétique, terne et froide, contraste avec la flamboyance macabre d'Argento, écrasant toute dimension onirique. L'horreur, délibérément viscérale, s'appuie sur une brutalité frontale qui peine à susciter le malaise durable du film original.
Là où Argento laissait parler la lumière et la musique, cette version s'étire dans des dialogues abscons et une mise en scène qui manque de fièvre. Ce Suspiria veut être une tragédie hantée par I'histoire, une œuvre politique où I'horreur se fait allégorie du pouvoir, mais il finit par devenir un exercice de style figé, étouffé par son propre sérieux.
J'ai adoré, loin des caricatures habituelles, la mise en scène et le jeu des danseuses est exceptionnel, l'intrigue et l'atmosphère pesant en quête de réponse trouve son apogée jusqu'au dénouement. Un film réfléchi pour un public réfléchi.❤️
un film assez long , je pensais que le remake serai supérieur à l'original et qui relancerait le cycle des trois mères . vraiment déçus du résultat final
L'avenir sera un cauchemar si nous ne pouvons pas assumer la responsabilité du passé
Conçue comme un hommage à l'original plutôt qu'un remake en soi, cette version 2018 de "Suspiria" est riche de thèmes tels que la maternité, l'abus de pouvoir et la culpabilité nationale, ainsi que la sorcellerie.
Elle est portée par les performances remarquables de Chloë Grace Moretz dans le rôle de Patricia et de Tilda Swinton, qui démultiplie son talent en interprétant trois rôles, spoiler: ceux du Dr Klemperer, de Madame Blanc et d'Helena Markos (en tant que Lutz Ebersdorf) .
Néanmoins, ce film d'horreur psychologique matriarcal gore manque de cohésion, car il est construit sur spoiler: une accumulation de plans et de sons qui ne se fondent jamais vraiment dans un montage cohérent .
Le titre original était "Suspiria: Première partie", car il était censé être une introduction à "Suspiria: Deuxième partie". Mais sa sous-performance au box-office a brisé cette idée, qui aurait vu le développement de nombreux personnages clés, narrant leurs origines et leurs liens avec le passé, le présent et le futur.
Difficile de surpasser la version de Dario Argento mais Luca Guadagino s'en sorte admirablement bien avec cette magnifique mise en scène terrifiante et sublime.