Je ne comprends pas les réactions de la presse. Autant The Tree of Life s'était vu gratifié de bonnes critiques, avait remporté la Palme d'Or du Festival de Cannes 2011, et n'échoua que devant le public, ce qui compréhensible, tout chef d’œuvre intemporel séculaire n'est apprécié à sa juste valeur que des dizaines d'années après sa sortie lorsque les mentalités évoluent, que les masses prennent du recul, et peut-être aussi que les populations voient de manière très générale leurs capacités cérébrales augmenter (hum, l'évolution quoi, mais le lieu est mal choisi pour en parler). To the wonder est un grand film, qui en plus d'être transcendant, est pourvu d'une structure formelle similaire à The Tree of Life, ce qui devrait éviter de trop déstabiliser les foules. Une caméra qui filme des sensations comme personne, emballant des paysages grandioses d'une beauté à couper le souffle en parfaite symbiose avec des moments intimistes de la vie, forcément évocateurs pour qui a un tant soit peu vécu. Tout les êtres humains, même les geek derrière leur écran, les pauvres croulant sous la misère, les aveugles et les sourds, peuvent saisir ne serait-ce qu'une parcelle de To the wonder, et inspirer à plein nez les parfum de leur cher souvenir. Tout comme The Tree of Life, pas de récit clair, pas de narration classique, des plans, juste des plans, sublimes, qui s’enchaînent avec un naturel, un rayonnement propre. On peut avoir l'impression que tout est désordonné, empilé n'importe comment, épars. Ou au contraire y voir un ensemble très cohérent d'une intelligence remarquable sur un ensemble de thèmes humains : la psychologie, la religion, l'amour, pour n'en citer que quelques uns, étroitement entremêlés, mélangés selon toutes les combinaisons possibles tel un scientifique menant à terme une gigantesque expérience mettant en jeu une infinité de variables. On peut y voir un cheminement métaphysique buissonnant mais dont les embranchements tendent vers un seul but, qui changera selon le spectateur : la compréhension de l'amour ? De la nature humaine ? De Dieu ? On peut bien sûr y voir une banale romance si l'on n'inspecte que la plus infime superficialité du film, ce qui serait affligeant et désespérant, car il s'agirait d'un parti pris délibérément : To the wonder remue forcément les méandres de l'âme. Tous les avis que j'ai pu lire le montrent, mais comme j'ai essayé de l'expliquer plus haut, aucun homme sur Terre ne peut rester inerte devant cette œuvre. Ce genre de chef d’œuvre peut donc s'interpréter d'une multitude de manière, susciter une myriade d'émotions différentes, nous affecter avec une intensité indélébile. Que chacun y trouve sa voie. Amen Terrence Malick.