Le titre du film annonce de l'épique, de l'historique, des moments impressionnants mais aussi poignants. On s'attend à un véritable péplum, un récit marquant et incroyable. Préparez-vous donc à être déçu, car c'est Paul . Anderson qui s'y colle et sa vision est plus que perfectible. Quelques bons acteurs sont pourtant au casting, mais tous ne brillent pas vraiment. Soit ils paraissent bridés, éteints ou surjouent carrément, ou alors, ils n'ont pas assez de texte pour être intéressants. Ce qui est dommage car ils auraient pu être l'étincelle qui anime le film et lui donne un peu d'éclat. Le scénario est loin de la rigueur historique, en tout cas dans les grandes lignes de la catastrophe. Et dans le détail, il s'agit encore d'une histoire de vengeance teintée de romance avec de grands méchants romains et de courageux gladiateurs opprimés. On reste dans du classique déjà vu, et il y a même un air de repompe sur Gladiator. Les dialogues ne sont pas fous et donnent parfois des scènes presque ridicules, comme celle de la conversation dans les geôles de l'arène entre le héros et le gladiateur, qui ressemble plus à un concours de "qui a la plus grosse". Dommage car tout cela paraissait un peu plus élaboré que lors de ses précédentes réalisations. Ce n'est pas non plus du côté technique que l'on se consolera. Les scènes d'action ne laisseront pas un souvenir impérissable excepté peut-être celle de l'arène vers la fin qui est un peu mieux construite. Les combats sont mal filmés, bourrés de coupures grossières faites au montage, de changements d'angles de caméra et de perspectives qui les rendent hachés, brouillons et quasiment illisibles la plupart du temps. Il arrive aussi à y caler des ralentis qui n'ont pas toujours du sens, une de ses marques de fabrique. Sans parler que les combats ne paraissent pas vraiment très chorégraphiés, mais plutôt fait avec les moyens du bord. Ce qui aurait pu être des moments de bravoure gravés sur pellicule, ressemblent plus à des bagarres de banlieue. Les effets spéciaux, quant à eux, sont en dents de scie. La ville de Pompéi en 3D n'est pas aussi bien modélisée que ça et les décors font un peu toc dans certains passages. Il y a pourtant un soin apporté aux costumes, et surtout à l'arène, sans oublier que l'éruption du Vésuve est le moment le plus impressionnant, même si celui là aussi est victime des hauts et des bas des effets spéciaux. Le film souffre aussi d'un montage global incohérent et un peu à la ramasse. Chronologiquement par exemple, certaines scènes se déroulant dans des lieux différents passent sans aucunes transitions ni explications du jour, et ainsi de suite. Et puis l'impression domine que des pans entiers tournés ont été coupés au montage, il paraît manquer des évènements scénaristiques, des explications, des passages. Ce qui nuit au déroulement, car tout paraît aller trop vite, avec la hâte de raconter tant bien que mal toute l'histoire en moins de heures. Un regard et une relation naît, un échange de quelques mots et on est amis, une maquette et un projet convainc illico. Ce qui est dommage car ça aurait été plus profitable au film de développer plus les personnages, les relations et les situations pour beaucoup plus de profondeur, de crédibilité et d'intérêt. Et dans tout cela n'oublions pas la musique, c'est sûrement elle qui s'en sort le mieux. Elle est bien dans le ton de l'historique et du péplum, même si au début certaines notes nous paraissent connues. En définitive, pas le pire film du réalisateur, il s'exerce à un style différent où il change quelque peu ses habitudes pour un résultat au dessus de sa moyenne mais toujours décevant vis à vis du spectateur avide de sensations fortes et de spectacle prenant !