Costa-Gavras vieillit et fatigue, mais pourtant il ne rompt pas. Comprenez que si « Le Capital » est le film d'un cinéaste en légère perte de vitesse, il reste pour autant celui d'un homme engagé et réaliste, qui n'a rien perdu de sa lucidité avec les années. Après, comme je viens de l'écrire, le résultat n'est donc pas parfait, loin s'en faut : la démonstration est désormais connue, et la verve provocatrice du réalisateur de « Z » n'apparaît que partiellement, la subtilité n'étant pas toujours de mise, compensée toutefois pas un cynisme de tous les instants plutôt réjouissant. Il y a des passages totalement hors-sujet (l'omniprésence incompréhensible de la prostituée en tête), d'autres très pertinents, à l'image d'un personnage principal aussi séduisant par moments que révoltant à d'autres. Ce contre-emploi, Gad Elmaleh y est convaincant, à défaut d'atteindre celui, magistral, de José Garcia dans « Le Couperet ». Bref, une piqûre de rappel pour nous rappeler le monde merdique dans lequel nous vivons, surtout par un révolté tel que Costa-Gavras, n'est jamais mauvais pour la santé, mais elle vient quand même clairement après la tempête, n'offrant, malgré un scénario relativement correct, pas de vision vraiment nouvelle sur ce fléau qu'est la finance pour notre société. Dommage.
Mais pourquoi tant de critiques mitigées côté presse et spectateur pour ce thriller financier à la française qui est par définition assez rare sur grand écran pour ne pas bouder son plaisir. Je suis plutôt fan du genre et plus généralement de tous ces films dont l'action se situe dans les hautes sphères du pouvoir politique, financier et industrielle. Les affrontements sur le papier entre ces hauts responsables en cols blancs donnent souvent droit à des parties de poker (ou de billards) des plus intéressantes à l'image : faute de pouvoir montrer du sensationnel, le réalisateur doit tout miser sur le charisme de ses personnages et sur la richesse de son scénario pour nous concocter des retournements de situations euphorisant et créer une atmosphère des plus prenantes. J'avais bien aimé Margin Call, adoré Wall Street mais aussi Crime d'Amour du regretté Alain Corneau...Costa-Gavras nous propose ici un excellent film porté par un très très bon Gad Elmaleh que je préfère peut-être autant ici que dans ses rôles comiques. Ce milieu fascine autant qu'il dérange par certains moments mais à ce niveau de pouvoir, chaque parole et chaque tractation possède une amplitude dont il faut à tout moment appréhender l'ampleur...Gad joue parfaitement son personnage froid, cupide, ambitieux, calculateur, manipulateur, malin aussi, on suit pas à pas son ascension fulgurante qui se fragilise aussi vite qu'il est monté. Les seconds rôles assurent, de Gabriel Byrne à Céline Sallette en passant par Natacha Régnier, superbe, qui joue l'épouse prévenante et inquiète de Gad Elmaleh dans le film.
7 ans après "Le Couperet", Costa Gavras revient sur le monde du travail, mais côté patrons cette fois. Gad Elmaleh, ici dans un rôle à contre emploi, incarne un banquier prêt à tout pour atteindre les sommets de la finance.L'on découvre tout l'envers du décor d'un capitalisme souvent enjolivé. Un sujet prenant et d'actualité,rarement abordé au cinéma.
N'étant pas spécialiste dans ce domaine, je dirais que bien que l'on apprenne des choses, le film reste un peu caricatural et se traîne souvent en longueur. Si l'on peut souligner les belles performances de Gad Elmaleh et Gabriel Byrne, certains autres personnages sont obsolètes et pas très crédibles(la relation entre Gad et la mannequin sonne faux, Yves Lecoq et Mesguich surjouent...).
Je trouve néanmoins Costa Gavras courageux d'oser aborder un sujet aussi tabou en France, surtout avec la crise actuelle. Si le film a des défauts , l'on peut admettre qu'il fallait le faire! Il permet au spectateur lambda d'avoir plus d'informations sur un monde souvent caché au grand public. Mention spéciale pour ma part à la bande originale d'Armand Amar(Le Concert).
Ce film part donc d'une bonne idée , reste à prendre avec des pincettes et du recul, mais vaut le coup d’œil!
Si dans son précédent film "Eden à l'ouest" Costa-Gavras montrait la misère la plus noire des migrants et des sans-papiers, le voilà qui passe de l'autre côté du miroir, faisant une ici une plongée chez les heureux du monde. Avec, bien entendu, on s'en doute, la volonté de dénoncer la finance folle (trop) chère à François Hollande. Trop caricaturale, la démonstration ne convainc cependant pas vraiment. Ne serait-ce déjà par son titre qui évoque Marx et prète dèjà à sourire. J'ai toutefois suivi cette histoire avec un réel intérêt et l'aspect que j'en retiens avant tout est cette description vertigineuse de l'ivresse du pouvoir qui peut faire péter les plombs de n'importe qui. Mais pour le reste, le message que veut faire passer le réalisateur est quand même naïf, ce qui décridibilise nettement l'entreprise, voire même brouillon. "Le capital" a ainsi qu'on le veuille ou non de beaux jours devant lui..
Découvrant enfin le cinéma de Costa-Gravas (vaut mieux tard que jamais) je fus emballé.
Le contre-emploi de G.Elmaleh en génie de la finance froid, calculateur et avare. Il réussit l'exercice car il ne sourit pas. C'est con, mais c'est limpide. Le talent d'un vrai directeur d'acteur peut rendre un comique crédible dans un film politique et économique, qui en plus d'envoyer des notions économiques sans nous perdre, arrive à nous accrocher pas une mise en scène dynamique.
Costa-Gravas donne l'intensité et l'énergie d'un film américain avec le fond d'un film français. En voyant ce film, je me rends surtout compte de l'abysse entre les réalisateurs sans saveur français et les vrais metteurs en scène. Une leçon pour ceux qui disent qu'en France on a pas les moyens.
Un scénario solide, une direction aboutie, une réalisation choisie et le tour est joué. Au final, le final va aussi vite que le monde de la finance, et on est happé par l'histoire. Un coup de poing, mais tout en retenu. Le sujet me semblait être l'homme au milieu de ce monde et non une pure critique de cette sphère. Sinon, il n'est pas assez incisif.
Un ratage complet, terribles dialogues servis par une erreur de casting : Gad Elmaleh. C'est grotesque et peu crédible, on paierait pour sentir une pointe d'ironie, mais rien de cela. À croire que c'est une contre-campagne pour redorer l'image des grands patrons !
Bon film ! Une belle surprise de Gad Elmaleh. Cependant, un film qui traîne un peu et trop caricatural ce qui le rend par moments moins crédible. Mais dans l'ensemble un film intéressant.
Passionnant thriller financier qui se double d'une critique acide du monde des banques et de ceux qui les dirigent bénéficiant d'une interprétation solide (Gad Elmaleh convaincant dans ce rôle à contre emploi ou encore Bernard Le Coq qui joue bien les crapules, ainsi que Natacha Régnier et Céline Salette dans les rôles des 2 personnages les plus raisonnables du film) et d'une réalisation nerveuse, dommage que le réalisateur passe dans le hors-sujet avec une histoire de coucherie sans grand intérêt et peu pertinente.
Sans trop de surprise, Costa-Gavras s'efforce vainement à redresser les torts de notre société on-sait-combien crapuleuse, avec la poigne inflexible de son gauchisme doucereux. Rien de plus à déblatérer sur "Le Capital" en soi. Reste que voir Gad Elmaleh, surfant allègrement sur la vague de son propre succès, venter les mérites de la 4G Ready pour le compte du géant français de la téléphonie mobile, ça c'est franchement drôle. Il a tout compris au film...
Pas trop mal même si Costa-Gavras nous a habitué à largement mieux. Je me demande tout de même si Gad Elmaleh que j'ai souvent trouvé emprunté était vraiment le bon choix pour ce rôle. J'en doute.
Entre satire et morale à deux balles (l’argent ça pourrit tout, les riches veulent voler les pauvres…) Le Capital n’atteint pas du tout son but. Mais si vous n’avez pas encore vu de Costa-Gavras commencez par celui-là, vous ne serez pas déçus des autres.
Film intéressant mais les termes utilisés (monde de la finance) sont parfois difficiles à comprendre quand on n' a pas vraiment de connaissances dans ce domaine.