Même si "Challengers" avait enfin réussi à me faire apprécier un film de Luca Guadagnino, "Queer" m'a fait retrouver la normalité de mon avis. Et c'est même pire que cela en ce qui concerne ce projet, le long-métrage ayant été particulièrement désagréable à regarder. La raison est assez simple : je me suis rarement autant ennuyé. Sur les deux heures, toute la première moitié ne sert qu'à montrer une longue déambulation de notre héros à la recherche d'un partenaire. Nous allons donc voir une heure où Luca Guadagnino met en scène son fétiche absolu : le désir. Malheureusement, ce dernier l'a déjà bien mieux exprimé par le passé, cela en devient donc rapidement risible. Vagabondant au milieu de décors de studios vraiment visibles, Daniel Craig se perd dans une interprétation peu subtile. Son approche du désir est extrêmement clichée, et quand cela s'étend sur autant de temps, on peut dire que c'est très long à regarder. Durant cette période, le scénario peine à clairement clarifier ces enjeux. On ne sait pas ce que l'on doit redouter, attendre ou même voir, tant l'ensemble n'avance pas. Alors, face à la lenteur du rythme et au jeu très moyen du casting, on ne rentre jamais dans l'histoire ou dans les personnages. On parcourt ce récit sans accroche, et cela en devient rapidement insupportable. Pour le coup, la seconde partie réussit à enfin exprimer les enjeux du récit, mais c'est définitivement trop tard. On relève certes le niveau en matière d'intérêt et de productions de décors, mais l'ensemble reste creux. Nous ne sommes pas attachés à ces héros, alors quand on essaye de les explorer ou de partir dans un trip très particulier d'un point de vue visuel, la sauce ne prend pas. Tout cela jusqu'à un final assez peu osé, qui était juste extrêmement prévisible pour quiconque branche un minimum son cerveau. Par conséquent, ce film est un véritable échec. Je ne comprends pas ce qui a poussé l'intérêt de Luca Guadagnino envers cette histoire. On s'ennuie et, encore une fois, on ne réussit pas à aller au-delà du simple exercice de style. Pour conclure, un tout soporifique.