Un surprenant polar de la part d’Alain Corneau, très noir et au scénario assez machiavélique. On y retrouve un casting de grandes figures du cinéma français, tous au diapason, englués dans une intrigue que l’on prend plaisir à suivre. En revanche, que de scènes superflues, le rythme est saccadé au possible jusqu’au climax du métrage, cette fusillade qui sort absolument de nul part ! Elle est certes marquante, violente et efficace mais il y a dû avoir un souci au montage, ce n’est pas possible autrement. En somme, ce Police Python 357 s’apprécie à sa juste valeur, néanmoins il accuse vraiment le poids des âges et aurait pu être bien plus percutant.
L'introduction, avec sa musique onirique et la préparation méticuleuse du fameux revolver Colt Python 375, nous laisse croire qu'Alain Corneau signe là un décalque de "Magnum Force". Pas du tout ! En vérité "Police Python 357" est un polar inspiré d'un livre de Kenneth Fearing... qui sera adapté par ailleurs, entre autres en 1987 dans "No Way Out" avec Kevin Costner. D'où la trame similaire entre les deux oeuvres. A savoir, un flic solide, solitaire, et ténébreux, tombe sous le charme d'une mystérieuse photographe. Alors qu'ils sortent ensemble, il comprend qu'elle a un autre amant, très discret. Les choses vont mal tourner, et notre héros va devoir mener une enquête où tous les indices pointent... vers lui-même ! Il y a une certaine lenteur dans l'intrigue, qui pourra rebuter le spectateur moderne. Ainsi que certains rebondissements qui semblent sortir de nulle part. Dont la fusillade finale totalement gratuite, qui paradoxalement semble héritée des polars musclés américains et autres poliziotteschi italiens de l'époque. Mais elle s'avère très efficace à l'écran. A noter d'ailleurs que ce final m'a évoqué... l'introduction de "Predator 2". Alain Corneau aurait-il influencé Hollywood ? Toutefois, le concept du flic qui doit éviter de se traquer lui-même (!) marche bien. Et l'ambiance sombre fonctionne, tant dans les images précises et l'univers urbain tristounet, que dans la déchéance des personnages. Je comprends tout à fait les comparaisons qui ont été faites avec Jean-Pierre Melville. Au passage le film se déroule à Orléans (ville d'origine d'Alain Corneau), ce qui change agréablement des sempiternels polars parisiens. Pour porter l'ensemble, c'est un Yves Montand plutôt physique qui incarne le policier taciturne. Face à lui, François Périer dans un rôle trouble, et Simon Signoret malheureusement sous-employée.
Ce film de 1976 avec Yves Montant, François Perrier et Simone Signoret a été un succès cinématographique à son époque seulement il a bien mal vieilli. Il raconte une histoire policière très spéciale, bien imaginée sur le papier mais absolument pas crédible. C'est là que l'on se rend compte que les exigences du spectateur d'aujourd'hui ne sont pas celles du spectateur d'il y a cinquante ans. Si l'inventivité est une chose appréciable, il y a nécessité de conserver le sens de la réalité. Or ici, c'est vraiment ce que l'on appelle du « cinéma » dans le sens péjoratif, à savoir inventé de toutes pièces sans se préoccuper d'une quelconque ressemblance avec une possible réalité. Tout est extrême. La première demi-heure s'étire sans guère d'intérêt avec un personnage féminin irréel et mal joué. La suite est plus animée sauf qu'elle verse dans le n'importe quoi par moment. La fin est le bouquet, tellement invraisemblable que cela en devient presque comique. Il y a vingt ans, ce qui pouvait apparaître comme bien imaginé, aujourd'hui ne passe plus du tout. Impossible de donner plus de deux étoiles dans une notation comparative avec les films de notre époque.
Un bon film policier de Alain Corneau au scénario minutieux qui bénéficie du trio Yves Montand/Simone Signoret/François Périer. On peut cependant regretter la faiblesse des seconds rôles.
Trois ans après la mort de Melville, Corneau reprend le flambeau et poursuit la route. Sous le masque du polar, il filme une lente dissolution : celle d'un Ferrot dépourvu de psychologie, réduit à une succession de gestes, l'arme démontée, les balles coulées à la main, le verre de lait. Tout est déjà contenu dans ce plan où il croise, dans une vitrine, son propre portrait agrandi, colt tendu, figé en idole de la virilité. Il n'existe qu'à travers son arme, et l'irruption de Sylvia vient dérégler cette mécanique. Ferrot ne s'ouvre jamais ; il se fissure, jusqu'au vitriol, geste d'un homme qui détruit son propre visage pour cesser d'être reconnaissable.
L'idée de départ est brillante, Corneau l'emprunte à Kenneth Fearing. L'enquêteur lancé sur la piste est aussi le suspect idéal, tandis que son supérieur, véritable meurtrier, lui confie l'enquête. Deux hommes sabotent ainsi la même investigation pour des raisons opposées, et le hasard qui les réunit dans le lit de la même femme paraît un peu forcé. Corneau retourne fouiller les recoins sordides de l'Orléans de son enfance, dans un film gris qui refuse toute beauté par principe. Sa mise en scène, rigoureuse et presque immobile, fait de la lenteur une tension, tandis que l'hommage à Melville se révèle plus retors qu'il n'y paraît : c'est François Périer, le commissaire qui traquait Delon dans Le Samouraï, qui hérite ici du feutre rajusté devant le miroir. Cette grammaire austère accueille pourtant quelques éclats : un meurtre en contre-plongée, un vitriolage baigné d'une lumière gothique et les chœurs atonaux de Delerue, qui énoncent la thèse du film avant les images. L'ensemble demeure pourtant un peu mou et inabouti.
Yves Montand surprend en abandonnant tout ce qui faisait sa présence : ni charme, ni séduction, seulement un corps pesant et un regard éteint. Plus le film avance, moins il semble jouer. François Périer livre la prestation la plus glaçante, non celle d'un monstre, mais d'un lâche ordinaire. Un autre axe structure le film : d'un côté, deux solitudes, un policier sans attaches et une jeune Italienne entretenue comme un bel oiseau derrière ses barreaux ; de l'autre, un clan de notables dominé par une héritière qui possède jusqu'à son mari commissaire. Thérèse laisse Ferrot sombrer sans un frisson et, lorsqu'elle cède enfin, ce n'est pas pour parler, mais pour disparaître. La bourgeoisie ne rend jamais de comptes, elle laisse des cadavres répondre à sa place.
« Police Python 357 » est un excellent polar réalisé par Alain Corneau en 1976 avec Simone Signoret, François Périer et Yves Montand, qui crève l'écran, dans les rôles principaux. L'intrigue est captivante avec du suspens et des rebondissements. Le final est magistral. A voir, je recommande pour tous les amateurs de polar.
Je gardais un souvenir très lointain, mais j'étais vraiment curieux de revoir ce film, car, toujours dans mon souvenir, il faisait parti des films majeurs, comme un polar dur. A ma grande surprise, le film est tout sauf cela; et je ne peux pas cacher ma déception. Certes, l'intrigue est habillement construite, ce jeu de l'ambiguïté, de l'homme que tout accuse, et qui pourtant se bat pour trouver le véritable assassin. Il y a un petit je ne sais quoi, mais, il y a aussi, un gros souci...le jeu des acteurs, et là, je sais que je vais faire dresser les poils de plus d'un, mais l'actrice, Stefania Sandrelli, joue mal, elle minaude, elle récite son texte sans émotion, et dès qu'elle est à l'écran, elle nous perd. On dirait que Montand se met parfois à son niveau, ça gesticule, mais, pour pas grand chose de bon à retenir. Rien à redire réellement de François Perrier, le rôle de notable, petit bourgeois coincé, lui va comme un gant, si je puis dire. Encore une fois, Signoret par contre est excellente, peu de présence à l'écran, mais à chaque fois qu'elle apparait, elle excelle, elle est touchante et donne soudainement un regain d'intérêt pour cette histoire. On oscille donc entre le sans intérêt, et quelques scènes sympathique, mon avis général reste néanmoins un peu décevant. Je lui mets 3 étoiles car, cela reste un classique de cette époque...
Ah, ces femmes qui ne s'éprennent que d'hommes ayant vingt ans de plus qu'elles... Ceci posé, l'apparent triangle amoureux devient vite une chasse à l'homme symétrique, l'amant passant pour le coupable alors que le meurtrier se pense protégé. Ainsi, l'enquête se dédouble dans une ambiance nerveuse prenante : d'un côté, celle que suivent les inspecteurs ignorants, de l'autre celle que mène le héros pour découvrir le deuxième homme... Outre par la réalisation au cordeau aussi méticuleuse que les phases d'une investigation consciencieuse (à l'image de la dissection de l'appartement), ce polar se distingue par son trio de comédiens conférant paradoxes et humanité sinistre à leurs personnages (bouleversante Simone Signoret, formidable Yves Montand, impeccable François Périer). Juste étude de moeurs implacable (jusqu'où peut aller une femme par amour, et par orgueil), suspense efficace, drame intime se combinent habilement. Du cinéma solide, lucide, amer.
Un excellent polar signé Alain Corneau. Montand y est formidable comme toujours. L ambiance est assez glauque et sombre . Réalisation impeccable. Un exemple du genre .
Le scenario est trop capillotracté, l'histoire d'amour entre les deux héros est difficile à croire (Yves Montand parait trop vieux pour séduire l'héroïne) et la réalisation est un peu mou du genou pour captiver totalement. Reste le talent de ces immenses acteurs, tous impeccables ici, pour nous divertir convenablement.
Un très bon polar qui marque et jalonne les années 70 . On retrouve bien sûr le duo mythique Signoret- Montand ,formidable, et pour un film de grande qualité. Un scénario très solide, un très bon suspens , de belles scènes d'action, tournées à l' américaine. Corneau au sommet de son talent .
Un policier (Montand) et son supérieur hiérarchique (Périer) partagent, sans le savoir, la même maitresse, jeune femme énigmatique que, dans un accès de colère, le second va assassiner. Les deux rivaux, qui s'ignorent encore, conduisent l'enquête. Après une mise en place un peu longue, où l'on retrouve le style dépouillé et glacé de Corneau dont il ne se départira pas d'un bout à l'autre du film, l'intrigue prend des proportions aussi insolites que captivantes. Sans entrer dans le détail, le principe: spoiler: l'inspecteur Ferrot (Yves Montand) devient le suspect anonyme n° 1 de l'enquête qu'il mène . La réalisation de Corneau est très rigoureuse; la mécanique scénaristique brillamment mise en scène et détaillée de l'intrigue policière et le style même du réalisateur ne sont pas sans rappeler parfois Melville. Le récit est posé et, parce que les personnages sont sobres, va à l'essentiel. Ainsi, le suspens est-il très efficace. Certes, le dénouement pourrait paraitre un peu trop spectaculaire, au regard de la mesure dont Corneau fait preuve jusque là, mais il est somme toute l'aboutissement paroxysmique d'une action dramatique longtemps contenue.
Police Python 357. Yves Montant Inspecteur Divisionnaire, pris dans un cauchemar. La scène finale se passe au Carrefour de Villiers en Bière. Trois étoiles et demie.
« Je l’ai frappée, je ne sais pas ce qui m’a pris. »
Sylvia (pétillante Stefania Sandrelli), 30 ans, aime les vieux flics. Elle vit en partie avec Ganay (François Perrin), inspecteur divisionnaire, marié à Thérèse (Simone Signoret) riche héritière impotente, et tombe amoureuse de Ferrot (Yves Montand, inspecteur sous les ordres de Ganay) et de son gros calibre.
Il faudra un jour m’expliquer pourquoi, au cinéma, les relations entre des femmes jeunes et des hommes vieux étaient à ce point la norme, comme les gifles balancées quand celles-là ne se comportaient pas comme ceux-ci l’avaient décidé. Je déconne un peu ; il n’y a rien à expliquer et la virilité toxique transpire par tous les pores de ce film lent, indigeste, pas crédible pour un sou et pas toujours bien joué (certains dialogues sont inaudibles tellement les élocutions sont mâchées), un comble avec de tels acteur·trices ! Détail amusant, l’affiche promotionnelle pour la police, dans la salle d’attente de Ganay, titrée « un métier d’homme ». Au second degré, ça pourrait presque être drôle.
Il faut ainsi attendre une bonne demi-heure imbuvable avant que le film ne démarre vraiment, sur le principe d’une double enquête en chassé-croisé aux allures de descente aux enfers. Las, ça reste complètement improbable et froid de bout en bout malgré une idée de départ intéressante et une légère tension crescendo.
La fin est, elle, d’un ridicule absolu, détruisant définitivement le frêle échafaudage de l’ensemble.
Un vrai classique du polar à la française que ce "Police Python 357", dernière fois que Montand et Signoret tournaient ensemble (ils ont fait, évidemment, bien mieux que tourner ensemble, dans la vie), et dans lequel on trouve aussi l'excellent François Périer et Stefania Sandrelli. Un des atouts du film est de se passer à Orléans et dans sa région plutôt que de se passer, connement, à Paris comme bien souvent avec les polars français. spoiler: Un flic chargé d'enquêter sur la mort d'une jeune femme qu'il connaissait très bien, intimement, et qui va se retrouver dans la tourmente. Acteurs parfaits, scénario parfait, réalisation remarquable, très belle musique de Delerue, ce film est un petit chef d'oeuvre du genre, un des meilleurs polars de Corneau, qui deviendra, quelque part, le successeur de Melville (il ira d'ailleurs jusqu'à remaker "Le Deuxième Souffle") et signera par la suite l'inégalable "Série Noire" avec Dewaere, un des films français les plus sombres depuis Louis XIV. Ici, ce n'est pas aussi nihiliste, mais c'est remarquable.